2012-02-24
2012-02-23: Dominic Egli's Plurism, Sibylla Giger, Je suis!, John Zorn, The Late Call
2011-08-02
2011-08-01: Emo Albino, Hobocombo, Aidan Baker, Next Stop: Horizon, Rotfront
NEXT STOP: HORIZON / We Know Exactly Where We Are Going (Tapete Records - merci à/thanks to Forced Exposure)
ROTFRONT / VisaFree (Essay Recordings - merci à/thanks to Forced Exposure)2011-04-22
2011-04-20/21: Ballbreaker Ensemble, Jazzwerkstatt Bern, Jack Beauregard, The Horror The Horror
2011-03-03
2011-03-02: Jason Kahn, Anthony Braxton, Bambi Kino, El Waxo and Indiano Cojones, Pan Parag
2010-01-20
2010-01-20: Éric La Casa, Mike Cooper, Hession/Wilkinson/Fell/Morris, Fehlfarben, Yellow Swans, King Crimson
Journal d'écoute/Listening Diary
2010-01-20
ÉRIC LA CASA / Zone sensible 2/Dundee 2 (Room40)
J’aime beaucoup le travail d’Éric La Casa, un artiste de field recording sensible et créatif. Ce disque propose deux œuvres mises côte à côte, deux projets in situ pour espaces publics. “Zone sensible 2” tourne autour des ruches d’un certain Olivier Darné, en banlieue de Paris, une œuvre étourdissante, fascinante dans ses agencements et traitements de bourdonnements. Beaucoup de vie dans cette pièce. “Dundee 2” s’intéresse à la ville de Dundee (Écosse), à travers l’agencement de regards scrutateurs sur ses éléments constituants (lieux, objets, machines, habitants). La Casa ne tombe jamais dans le narratif, laissant les sons parler d’eux-mêmes plutôt que leur imposer une structure linéaire et unidirectionnelle. Superbe travail.
I am very fond of Éric La Casa’s work. He is a sensity and creative field recordist. This CD features two works put side by side, two site-specific projects for public spaces. “Zone sensible 2” revolves around the bee hives of one Olivier Darné, near Paris. It’s a dizzying piece with fascinating layerings of sounds and buzz treatments. Lots of life in this one. “Dundee 2” focuses on the two of Dundee (Scotland), through arrangements of scrutinizing looks at its constituents (places, objects, machines, and people). La Casa never falls for the narrative, letting the sounds speak for themselves instead of imposing a linear, unidirectional structure to them. Splendid work.
MIKE COOPER / Rayon Hula (Room40)
Room40 publie des disques physiques (celui de La Casa, par exemple), mais aussi des albums offerts uniquement en téléchargement, comme cette réédition remasterisée de Rayon Hula, L’œuvre avant-exotica qui a valu à Mike Cooper un prix Ars Electronica en 2005. À partir des disques de jazzman exotica hawaïen Arthur Lyman et en s’inspirant des motifs de sa collection des chemises hawaïennes (je n’invente rien!), Cooper a composé un disque hybride qui intègre parfaitement électronique ambiante et exotica. Disons, pour donner une idée, qu’il s’agit d’une version hawaïenne d’Endless Summer, l’ode rétro-surf de Fennesz. Mais il n’y a pas d’imitation ici (et Fennesz ne travaillait pas à partir d’échantillonnages). Très heureux de découvrir ce disque, même cinq ans en retard.
Room40 releases physical CDs (like the La Casa title above), but also download-only albums, like this remastered reissue of Rayon Hula, the avant-exotica opus that brought a Prix Ars Electronica to Mike Cooper’s lap back in 2005. From records by Hawaiian exotica jazzman Arthur Lyman and drawing inspiration from the patterns on his Hawaiian shirts (I am not kidding), Cooper has composed a hybrid work of perfectly integrated ambient eletronica and exotica. To give you an idea, imagine an Hawaiian version of Fennesz’ retro-surf anthem Endless Summer. But Rayon Hula is no imitation (and Fennesz wasn’t proceeding from sampling). I’m very happy to discover this record, even five years after the fact.
HESSION/WILKINSON/FELL + MORRIS / Registered Firm (Incus)
C’est un vieil enregistrement (1996) qui manquait à ma collection, ramassé au vol lors d’une vente de feu. Une très belle session qui paire un trio britannique bien établi (Alan Wilkinson au saxo, Simon H. Fell à la contrebasse et Paul Hession à la batterie) et le guitariste américain Joe Morris. De l’improvisation libre attentive mais énergique, cérébrale mais sexy – oui, sexy! C’est aussi le point de départ de la collaboration entre Fell et Morris qui a mené, 12 ans plus tard, au trio Morris/Ward/Fell présenté au 25e FIMAV.
It’s an old release (1996) that was missing from my collection. I grabbed on the fly in a sale. A very fine session that brings together a long-standing British trio (Alan Wilkinson on sax, Simon H. Fell on bass, Paul Hession on drums) and US guitarist Joe Morris. Acute-listening yet energetic free improv, cerebral yet sexy - yes, sexy! This was also the starting point of the collaboration between Fell and Morris, which has led, 12 years later, to the Morris/Ward/Fell trio performance at the 25th FIMAV.
FEHLFARBEN / Glücksmaschinen (Tapete - merci à/thanks to Forced Exposure)
Un gros bof. Fehlfarben, selon le communiqué de presse, est un vieux supergroupe allemand de new-wave/punk. Ce que j’entend sur Glücksmanschinen, c’est un groupe de rock indie au son vintage, le genre qui pourrait placer une chanson dans une pub d’iPod. Pas mauvais, mais cliché, prévisible et facile à oublier. À ignorer aussi.
Blah. Fehlfarben, says the press release, is an old German new-wave/punk supergroup. What I’m hearing on this new album, Glücksmanschinen, is a vintage-sounding indie rock band, the kind that could land a song in an iPod advert. Not bad but cliché, predictable, and forgottable. Easy to ignore.
YELLOW SWANS / Going Places (Type - merci à/thanks to Forced Exposure)
Le duo Yellow Swans n’est plus, mais Peter Swanson et Gabriel Mindel ont pris le temps de peaufiner un dernier disque avant de tirer leur révérence. La différence est frappante. On entend tout de suite qu’ils ont consacré plus de temps à Going Places. Il est moins garroché et nettement plus élégant. Élégant? Pour du noise? Oui, tout à fait. En fait, c’est de loin le meilleur Yellow Swans que j’aie entendu et un des très bons disques de noise qui ont croisé mes oreilles. Du noise ambiant immersif, sensuel, un tantinet triste, puissant d’une révolte assumée et non d’une rage destructrice. Très solide et hautement recommandable aux amateurs du genre.
Yellow Swans have called it quits, but Peter Swanson and Gabriel Mindel have taken the time to spit-shine one final CD before taking a last bow. The difference is striking. You can hear right frm the start how much more time they spent on Going Places. It doesn’t sound hastily thrown together like most of their other records. It sounds a lot more elegant too. Elegant? Noise music, elegant? Yes, absolutely. In fact, this is by far the best Yellow Swans I’ve heard, and one of the very good noise CDs to have crossed my path. Immersive ambient noise, sensual, a tad bit sad, empowered by a feeling of assumed revolt, not destructive rage. Very strong and highly recommended to fans of the genre.
KING CRIMSON / Lizard [40th Anniversary Edition] (DGM)
Enfin. Dès l’annonce que Robert Fripp avait mandaté Steven Wilson de Porcupine Tree pour remixer le catalogue de King Crimson en 5.1, j’attendais impatiemment d’attendre ce qui adviendrait de Lizard. C’est que, dans l’univers crimsonien, on aime ou on n’aime pas Lizard, disque ovni, résultat de l’intérêt de plus en plus poussé que portait Fripp à la scène free jazz britannique, et tout particulièrement au travail du pianiste Keith Tippett. Ce disque incroyablement touffu (arrangements free, force instruments d’orchestre classique et de jazz, nombreux traitements vocaux) a toujours sonné tronqué, réduit, contraint, sur vinyle ou sur CD. Et voilà que Wilson exauce toutes mes prières: chaque instrument séparé, des arrangements qui dansent littéralement, et le jeu de Keith Tippett, éblouissant d’un bout à l’autre, ancré bien au centre, vedette d’un disque qu’on dirait conçu pour le mettre en valeur. C’est officiel, Lizard est maintenant mon disque préféré du King Crimson pré-1972, et peut-être même…
Finally. From the moment it was announced that Robert Fripp had mandated Porcupine Tree’s Steven Wilson to remix King Crimson’s catalog in 5.1 sound, I was eagerly waiting to hear what would become of Lizard. In KC’s universe, you either love or hate Lizard, a UFO of a record, the result of Fripp’s growing interest in the British free jazz scene in general and the work of pianist Keith Tippett in particular. This incredibly dense record (free arrangements, tons of orchestral and jazz instruments, a plethora of vocal treatments) has always sounded truncated, reduced, constricted, on LP and on CD. And here comes Wilson, answering all my prayers: each instrument carefully separated, arrangements that literally dance around the room, and Keith Tippett’s playing set squarely in the middle, under the spotlight, as if the whole album had been designed to highlight him. It’s official, Lizard is my favorite pre-1972 KC album, and it might even…
2009-09-11
2009-09-10: Klaus Schulze, Bruce Gilbert, Amado/Kessler/Nilssen-Love, Downpilot
Journal d'écoute/Listening Diary
2009-09-10
KLAUS SCHULZE / La Vie électronique 4 (Revisited)
Le quatrième album triple de cette série rééditant le contenu du méga-coffret Ultimate Edition de Klaus Schulze se concentre sur les années 1975-1976 et contient exclusivement du matériel en concert. Il s’agit d’une période clé dans la carrière de Schulze, presque un coup sûr, considérant qu’elle encadre la réalisation des albums Picture Music, Timewind et Moondawn. Et c’est du bon matériel. Pourtant, je trouve ce volume 4 moins captivant que les volumes 2 et 3. Un cas de goût personnel peut-être, mais le set de 73 minutes sur le premier disque m’a semblé flasque. Par contre, “I Sing the Body Electric” (49 mnutes) est du grand Schulze (et prend “Mindphaser” comme point de départ).
The fourth triple set in this series reissuing the contents of Klaus Schulze’s Ultimate Edition mega-boxset focuses on the years 1975-1976. All the material comes from live concerts with very good sound. It’s a major period in Schulze’s career, a sure-fire couple of years, considering that they encompass classic albums like Picture Music, Timewind, and Moondawn. And it’s good stuff. However, I find this Volume 4 less captivating than Vols 2 and 3. Might be simply a case of personal tastes, but the 73-minute set on disc 1 sounded weak to me. On the other hand, “I Sing the Body Electric” (49 minutes) is A-grade Schulze (and uses the beginning of “Mindphaser” as a springboard).

BRUCE GILBERT / Oblivio Agitatum (Editions Mego - merci à/thanks to: Forced Exposure)
Bruce GIlbert a cofondé le groupe Wire et il fait de la musique expérimentale de type bruitiste depuis la fin des années 60. Pourtant, on le connait peu. Ce nouveau disque est une superbe leçon dans l’art d’étirer les sons et des les agencer pour emprisonner l’oreille et ensorceler l’esprit. Quelque part entre le monolithisme du “drone” et l’objectivisation de la musique concrète. Un contrôle superbe des textures, beaucoup de richesse dans les couches sonores. Impeccable.
Bruce Gilbert co-founded the band Wire and has been doing noise-type experimental music since the late ‘60s. Yet, few know his work. This new CD is a superb lesson in the art of stretching out sounds and arranging them to trap ears and bewitch minds. Somewhere between the monolithic quality of drone music and the objectivization of musique concrete. Stellar control on textures, rich sound layers. Impeccable work.
RODRIGO AMADO, KENT KESSLER & PAAL NILSSEN-LOVE / The Abstract Truth (European Echoes - merci à/thanks to: Forced Exposure)
Très belle session, la deuxième publiée par ce trio, cette fois sur l’étiquette personnelle du saxophoniste portugais Rodrigo Amado. Le son bien rond d’Amado allie techniques étendues et “soul,” ce qui donne une musique très vivante, à fleur de peau. Que dire de la section rythmique, outre quelle compte parmi les meilleures dans le domaine du free jazz. Un beau disque de huit pièces relativement courtes (rien au-delà de 10 minutes), aux atmosphères variées. À réécouter avec plaisir.
Very nice session, the second release by this trio, this time on Portuguese saxman Rogrigo Amado’s very own label. Amado’s well-rounded sound pairs extended techniques with soulfulness to produce lively, emotional music. And what can I say about the rhythm section, one of the best in free jazz! A fine record featuring eight rather short pieces (nothing over 10 minutes) in a variety of moods. I’ll be coming back to this one with great pleasure.
DOWNPILOT / They Kind of Shine (Tapete Records - merci à/thanks to: Forced Exposure)
Troisième opus de Downpilot (projet de Paul Hiraga), mais mon premier contact avec cet auteur-compositeur-interprète. Très bien. La voix et l’écriture font beaucoup penser à Chris Cacavas: voix claire mais mélancolique, douce mais assurée, textes bien tournés et un peu downer, mélodies accrocheuses sans être mièvres. [Écoutez trois chansons de l’album sur la page MySpace de Downpilot.]
A third opus for Downpilot (a project by one Paul Hiraga), but this is my first contact with this singer-songwriter. Very nice. His voice and songwriting are strongly reminiscent of Chris Cacavas: clear voice yet melancholy-laden, sweet though assured, sophisticated downer lyrics, catchy non-sirupy melodies. [Listen to three tracks from the album on Downpilot’s MySpace.]
2009-08-23
2009-08-21: Rameses III, VioSac, One Dub, The Elephants, Peter Broderick, Acid Mothers Temple
Journal d'écoute / Listening Diary
2009-08-21
RAMESES III / I Could Not Love You More (Type Records - merci à/thanks to Forced Exposure)
Un SUPERBE disque d’ambiant expérimental. Rameses III est un trio qui approche l’art du “drone” différemment, par le biais des grands synthétistes minimalistes. Malgré la présence de deux guitares (l’autre membre joue des claviers), nous ne sommes pas ici dans un drone bruyant post-industriel, mais dans quelque chose de beaucoup plus éthéré. Une musique introspective, méditative, plus près, disons, de Lawrence English que de Troum. [Malheureusement, pas d’extrait, puisque cet album ne sortira qu’à l’automne.]
A FABULOUS experimental ambient record. This trio’s approach to drone music is different, as it seems to proceed from the influence of the great masters of minimal synthesizer music. This is something much more aerial than the usual post-Industrial noise-based drone music. Introspective, meditative, closer to, say, Lawrence English than Troum. [No excerpt yet, sadly, since this album will be out only later this fall.]

VIOLENCE AND THE SACRED PERFORMING AS VIOSAC / Rusty Pile (Viosac)
À la suite de mon commentaire sur le dernier disque de Viosac (You are enjoying the Apocalypse), Graham Stewart m’a envoyé un exemplaire de son disque précédent, Rusty Pile (2008), qui a sonné la fin d’un hiatus de 14 ans. Ces deux disques sont très semblables et font tous deux appels à une conception tordue et très originale de la musique électronique, où les sons vacillent de manière microtonale, les ambiances sont tendues et instables et le déroulement des pièces est captivant, même si une sensation de nausée est toujours possible. Encore une fois, je pense à Frank Rothkamm. Bon et déstabilisant. Viosac développe une vision originale. [Ci-dessous: Un extrait de la pièce-titre, trouvé sur le site de VioSac.]
Following my comment on Viosac’s latest album (You Are Enjoying the Apocalypse), Graham Stewart mailed me a copy of his previous album Rusty Pile (2008), which marked the end of a 14-year hiatus for his project. The two records are similar, and both illustrate a twisted and highly original conception of electronic music, where tones oscillate in microtonal ranges, moods are tense and unstable, and pieces unfold in captivating ways, though you might feel a bit of nausea. Once again, I’m reminded of Frank Rothkamm’s work. Very good and destabilizing. Viosac is developing a unique vision. [Below: An excerpt from the title track, found on VioSac’s website.]
http://www.viosac.net/mp3/viosac-rustypile.mp3
ARTISTES VARIÉS-VARIOUS ARTISTS / One Dub (Interchill - merci à/thanks to John Bourke P.R.)
J’aime le dub et particulièrement le dub de l’étiquette Interchill, qui joue souvent entre dub, ambiant et space. Cette compilation offre une belle sélection, pas toujours judicieuse mais souvent bien sentie. À signaler, les contributions de Sugar Minott, Gaudi, Liquid Stranger et Luciano. À fuir: la pièce de Pushmipulyu, une grosse déception.
I like dub, and particularly the Interchill label’s take on dub, which has also something to do with ambiant and space music. This comp presents a nice selection – not all A-grade material, but a good listen. Worth mentioning: the contributions by Sugar Minott, Gaudi, Liquid Stranger, and Luciano. Worth avoiding: the track by Pushmipulyu, a shame since I just loved their CD on Interchill.
THE ELEPHANTS / Take It (Tapete - merci à/thanks to Forced Exposure)
Un disque sympathique d’indie pop par un groupe danois. Grosse ressemblance à Andrew Bird période Armchair Apocrypha, avec un côté un peu plus Yo La Tengo. Agréable, mais pas marquant.
A fun indie pop record from a Danish group. Big similarity with Armchair Apocrypha-era Andrew Bird, with a little bit more Yo La Tengo. Nice, but not striking.
PETER BRODERICK / Home (HUSH)
Paru en 2008, Home appartient à la production « folk » de Peter Broderick, aussi connu pour ses musiques ambiantes, post-classiques et expérimentales. C’est un beau disque, simple dans l’écriture mais riche dans les arrangements, qui peut faire penser à Andrew Bird ou oRso. Je préfère ses travaux plus audacieux, mais c’est tout de même agréable.
Released in 2008, Home belongs to Broderick’s “folk” production – the man is also known as fine maker of ambient, post-classical, and experimental music. This is a fine record, with simple songwriting and rich arrangements, in the same vein as Andrew Bird or oRso. I personally prefer his bolder projects, but this is still a nice listen.
ACID MOTHERS TEMPLE & THE MELTING PARAISO U.F.O. / In C (Squealer Music)
[Suite de mes aventures templesques, qui se poursuivent depuis le 27 juillet]. Un album un peu particulier dans la discographie d’AMT, puisque le groupe s’attaque ici à la pièce d’un compositeur externe, rien de moins que « In C », le classique minimaliste de Terry Riley.Si vous souhaitez vous familiariser avec cette œuvre, cherchez ailleurs, car il en reste bien peu dans cette version de 20 minutes, suivie de deux improvisations. Le groupe s’inspire de l’atmosphère de « In C » bien plus que de sa partition et le résultat n’est ni « In C », ni du AMT standard... bien que...
[The continuation of my Temple-esques adventures that started on July 27.] This is a peculiar album in AMT’s discography, as the group tackles a piece by an outside composer, and nothing less than Terry Riley’s minimallist classic “In C.” If you wish to get acquainted with “In C,” look for another recording, for little of the actual work remains in this 20-minute version, which is followed by two improvisations. The group draws inspiration from the atmosphere of “In C,” much more than its score. It’s not “In C,” but it’s not quite standard AMT either…although…
2009-07-31
2009-07-30: Jason Kahn, Dial M for Murder, Apogee, Acid Mothers Temple
Journal d'écoute / Listening Diary
2009-07-30

JASON KAHN / Vanishing Point (23five - merci à/thanks to Dense Promotion)
Une œuvre de 47 minutes, faite de statique, de surfaces vibrantes (métal? cymbales?) et de hautes fréquences, dont les interactions sont savamment agencées pour dérouter l’oreille, confondre le cerveau rationnel et prendre le contrôle de l’âme. Elle commence par la superposition choquante d’un bourdonnement délicat (objets vibrants sur une surface - un tambour? - mise à vibrer par des sous-graves) et d’un bruit blanc très cru (attention, c’est tout de même pas Merzbow!). À mesure que la pièce avance, cette tension s’amenuise, les éléments s’intègrent et quelque chose d’organique émerge. À comparer avec le disque de Goh Lee Kwang écouté hier: Vanishing Point est tout aussi abstrait, froid et exigeant, mais il réussit à émouvoir et il n’esquive pas la volonté de l’auditeur. Du grand art. [Ci-dessous: Vous trouverez un extrait du disque sur cette page de 23five.]
A 47-minute work consisting of static noise, vibrating surfaces (metal?, cymbals?), and high frequencies whose interactions are carefully arranged in order to disconcert the ear, confuse the rationa brain, and take over the soul. The piece opens with the shocking superimposition of a delicate drone (objects vibrating on a surface – a drum? – set off by sub-bass frequencies) and a raw slab of white noise (don’t worry, it’s still not Merzbow territory!). As the piece develops, this tension subsides, elements fusing to let something organic emerge. Let’s compare this CD to the Goh Lee Kwang CD reviewed yesterday: Vanishing Point is just as abstract, cold, and demanding, but it engages you and moves you, and it doesn’t try to eschew your attention. This is true art. [Below: There is an audio sample of the album on this 23five.org page.]
http://www.23five.org/recordings.html

DIAL M FOR MURDER! / Fiction of Her Dreams (Tapete Records - merci à/thanks to Forced Exposure)
Un groupe suédois dont c’est le premier album. Pop électronique gothique, quelque part entre l’assurance crasse de Poni Hoax et le côté lugubre de Peter Murphy période Deep. Plus sympathique que je ne l’aurais crû. En fait, je me laisse accrocher facilement. Je ne dis pas que ce disque demeurera longtemps dans mon champ de vision, mais il aura certainement droit à quelques autres écoutes, pour le simple plaisir de réentendre cette voix lasse et désabusée et ces textes presque nihilistes. [Ci-dessous: Vidéo officielle de la chanson “Oh No”.]
A Swedish group, and this is their full-length debut. Gothic electro-pop, somewhere between the poising assurance of Poni Hoax and the lugubre side of Deep-era Peter Murphy. More enjoyable than I expected. Actually, I’m easily hooked. I’m not saying this is something I’ll be coming back to for years, but it will definitely get a few more listens, if only for the pleasure of listening again to this dispirited voice and those near-nihilistic lyrics. [Below: Official video for the song “Oh No.”]
APOGEE / Mystery Remains (Musea)
Apogee est le projet solo d’Arne Schäfer, leader du groupe allemand de rock progressif Versus X. Difficile parfois de tracer une ligne entre la musique de l’un et de l’autre, outre le fait que les albums de Versus X sonnent plus organiques (il y a un groupe derrière), ceux d’Apogee restant quelque peu prisonniers de leur statut de créature de studio (Schäfer fait tout sauf la batterie, confiée au batteur de Versus X). L’un comme l’autre font un rock progressif symphonique aux chansons longues et tortueuses. Sur Mystery Remains, les textes tombent souvent dans la philosophie et la critique sociale de premier niveau. L’homme écrit relativement bien, mais ça a tendance à traîner en longueur, et sa voix, sans être agressante ou désagréable, ne charme pas. Sur ces points, il y a beaucoup de similitudes entre Apogee et The Tangent.
Apogee is the solo project of Arne Schäfer, leader of the German progressive rock group Versus X. It’s hard to trace the line between solo and group efforts, except for the fact that Versus X’s albums have a more organic (as in “group”) sound, while Apogee’s remain chained to their studio-bound status (Schäfer plays everything except the drums parts). Both favor symphonic prog rock with long, complicated songs. On Mystery Remains, the lyrics are often philosophical or socially critical to the first degree. Schäfer writes relatively well, but it tends to go on for too long, and his voice, without being aggravating, is not charming. On these accounts, Apogee shares several similarities with The Tangent.
ACID MOTHERS TEMPLE & THE MELTING PARAISO U.F.O. / Myth of the Love Electrique (Riot Season)
[Suite de mes aventures templesques, qui se poursuivent depuis le 27 juillet]. Myth of the Love Electrique est paru un an avant Acid Motherly Love (chroniqué hier), sur la même étiquette. Quatre pièces, toutes dans les 10 à 20 minutes (75 minutes au total), dont deux sont des suites dans le plus pur esprit AMT: une succession de thèmes effrennés (signés Kawabata Makoto) et bucoliques (signés Tsuyama Atsushi). Une différence, la présence d’Hitagawa Hao à la voix (le reste est l’équipe stable de AMT-Melting Paraiso à l’époque, soit Kawabata, Tsuyama, Higashi et Shimura). J’aime particulièrement la suite “Five Dimensional Nightmare,” une solide représentation de la musique du groupe dans son incarnation plus complexe et développée. À l’inverse, “Pink Lady Lemonade (May I Drink You Once Again?)” est une déception, un simple jam sur les deux accords de “Pink Lady Lemonade”, auquel s’ajoutent les vocalisations de Hitagawa -- à des kilomètres de la charge émotive que peut porter ce classique du groupe.
[The continuation of my Temple-esques adventures that started on July 27.] Myth of the Love Electrique came out one year before Acid Motherly Love (reviewed yesterday), on the same label. Four pieces between 10-20 minutes (for a total duration of 75 minutes), two of which are typical AMT suites, i.e. a sequence of frantic themes (by Kawabata Makoto) and psych-pastoral drones (penned by Tsuyama Atsushi). One difference between the two albums is the presence of Hitagawa Hao on vocals (the rest of the line-up is typical for AMT-Melting Paraiso around 2006: Kawabata, Tsuyama, Higashi, and Shimura). I’m particularly fond of “Five Dimensional Nightmare,” an excellent illustration of AMT in their more complex and developed guise. On the other hand, “Pink Lady Lemonade (May I Drink You Once Again?)” is disappointing, a simplistic two-chord jam on the “Pink Lady Lemonade” vamp, with Hitagawa’s vocalizations added – miles behind the emotional charge this classic song of the group can carry.
2009-05-22
2009-05-22: Narrow Pass, The Late Call, Jack Beauregard, Lussier/Tétreault/Otomo, Acid Mothers Temple
2009-05-22
NARROW PASS / In This World and Beyond (Musea)
Duo italien homme-femme de rock progressif, Genesis étant une influence évidente. La production souffre un peu du syndrome du multi-instrumentiste, chose amoindrie par la présence de nombreux invités. Des chansons aux airs aériens, genre Genesis période A Trick of the Tale. C’est parfois ordinaire, parfois très réussi.
Italian progressive rock male/female duo, Genesis being the one obvious influence. The production suffers a bit from the multi-instrumentalist’s syndrome, something lessen by the participation of a lot of guest musicians and vocalists. Songs with aerial melodies, reminiscent of A Trick of the Tale-era Genesis. At times ordinary, at times successful.
THE LATE CALL / Leaving Notes (Tapete - Forced Exposure)
Ouhlà... Ce disque est tout ce que celui de Salim Nourallah n’est pas (voir l’entrée d’hier): mémorable et émouvant. The Late Call est le projet de l’auteur-compositeur-interprète Johannes Mayer (The Cedar), développé en attendant les appels de sa petite amie en fin de soirée (une relation longue-distance). Résultat: onze chansons d’amour et de doute, d’intimité et de solitude. Arrangements simples, guitare acoustique, quelques cordes, une voix juste et honnête, de très belles mélodies. Chris Cacavas vient en tête encore une fois, mais aussi Brazzaville, Barzin et même Nick Drake. Des mélodies qui s’accrochent au cerveau à la première écoute, des chansons qui seront faciles à repiquer à la guitare, au coin du feu. [Ci-dessous: vidéo officielle du premier extrait, “Cards on the Table”.]
Oh my... This record is everything Salim Nourallah’s wasn’t (see yesterday’s entry): memorable and moving. The late Call is the project of singer-songwriter Johannes Mayer (The Cedar), which he developed while waiting for his long-distance girlfriend to call at night. The results: 11 songs about love and doubt, intimacy and solitude. Simple arrangements, acoustic guitars, some strings, a fair and honest voice, and some beautiful melodies. Chris Cacavas comes to mind once more, but also Brazzaville, Barzin, and even Nick Drake. These melodies hook up to your brain on first listen. These are songs that will be easy to pick out on the guitar by the camp fire. [Below: official video for the first single “Cards on the Table.”]
JACK BEAUREGARD / Everyone Is Having Fun (Tapete - Forced Exposure)
Un duo de chansionniers électro-folk allemands qui adoptent le nom d’un personnage de western spaghetti pour chanter des chansons douce-amère. C’est très “folk-indietronics” de facture, mais l’écriture est bonne, la voix de Daniel Schaub est douce et agréable, et il y a un je-ne-sais-quoi d’insaisissable dans la livraison. Et sur “Any Snow”, détectai-je une forte influence de Steven Wilson (de Porcupine Tree)? Même type de mélodie, même traînasserie dans la voix, même utilisation des électroniques. Un premier disque solide.
A duo of German electro-folk singers-songwriters who chose the name of a western spaghetti character to sing sweet-and-sour songs. The format is very much folk indietronics, but they have good songwriting skills, Daniel Schaub’s voice is soft and pleasant, and there is an undescribable je-ne-sais-quoi about the delivery. And am I crazy or is there a strong Steven Wilson (of Porcupine Tree) influence on “Any Snow”? Same kind of melody, same languid voice, same use of electronics. A strong debut album.
RENÉ LUSSIER, MARTIN TÉTREAULT & OTOMO YOSHIHIDE / Élektrik Tobogan (Les Disques Victo)
Le platiniste Martin Tétreault maintenait actif de longue date deux duos, l’un avec le guitariste René Lussier, l’autre avec le guitariste-platiniste Otomo Yoshihide. Aucun des deux groupes n’était passé à Victoriaville. Au lieu de faire l’un, l’autre ou les deux, on l’a plutôt invité à combiner les deux pour un trio inédit. Ça a brassé, mais tant que ça. Ce ne fut pas le “noise fest” que certains craignaient, mais un concert agréable, bruitiste soit, mais nuancé, avec sa part de moments rigolos, le tout bien rendu sur ce disque. Rien de remarquable dans la carrière de l’un ou l’autre de ces grands musiciens-expérimentateurs, mais une collaboration pertinente néanmoins.
Turntablist Martin Tétreault has two long-running duos, one with guitarist René Lussier and the other with guitarist-turntablist Otomo Yoshihide. Neither project had played at FIMAV yet. Instead of presenting one or the other, the festival invited Tétreault to combine the projects and premiere a trio project. It was a noisy affair, but not that noisy. In fact, it wasn’t the noise fest some expected (or feared), but an enjoyable concert with nuances and a healthy dose of humour and fun, something this CD captured well. This is not a remarkable entry in the discography of any of these three great experimental musicians, but it chronicles a relevant collaboration.
ACID MOTHERS TEMPLE & THE MELTING PARAISO U.F.O. / Lord of the Underground: Vishnu and the Magic Elixir (alien8 recordings)
Un autre disque de mes psychédéleux japonais préférés. Celui-ci est étonnamment propre (en termes de production et de distortion dans les guitares) et très planant, avec un côté Popol Vuh (période rock) et même un petit quelque chose de Pink Floyd période A Saucerful of Secrets. Tout de même quelques passages à hocher de la tête! Pas trop menaçant pour les nouveaux venus à AMT.
Another platter from my favorite Japanese psychelitricksters. This one is surprisingly clean (both in terms of production and guitar distortion) and very trippy, with a certain Popol Vuh side and even a touch of A Saucerful of Secrets-era Pink Floyd. Still, there are a few passages to bob your head to! Not to threatening for newcomers to AMT.

