Portail du journalisme et de l'activisme musical de François Couture.
INTRODUCTION | JOURNAL D'ÉCOUTE | DÉLIRE MUSICAL | DÉLIRE ACTUEL | FIMAV | MA PROPRE MUSIQUE

Home of François Couture's music journalism and activism.
INTRODUCTION | LISTENING DIARY | DÉLIRE MUSICAL | DÉLIRE ACTUEL | FIMAV | MY OWN MUSIC

2014-07-25

2014-07-25: Anthony Braxton, Jethro Tull

Journal d'écoute / Listening Diary 
2014-07-25

ANTHONY BRAXTON w/ KYOKO KITAMURA, ERICA DICKER, AND KATHERINE YOUNG / 12 Duets (DCWN) 2012 (New Braxton House)
J’ai traversé ce coffret de 12 disques pas à pas, espaçant beaucoup mes écoutes, parce que le matériel qu’il propose varie peu, somme toute. Braxton en duo douze fois, quatre fois par partenaire, explorant des pages de ses compositions 363 à 367. Et il s’agit de “Diamond Curtain Wall Music”, ce qui signifie que le logiciel SuperCollider est constamment présent. C’est surtout le côté électronique des choses qui me lasse ici: plus souvent qu’autrement, ces programmations électroniques font obstacle à mon écoute: répétitives, trop fortes, omniprésentes – dans “Composition No. 367c (+341, 363f), la partie électronique consiste en un bruit de fond constant de conversations de “munchkins”, lancé et stoppé arbitrairement). Cette fois, je suis convaincu que New Braxton House aurait pu faire plus court – six disques certainement – sans léser l’auditeur. Outre ces récriminations, il y a beaucoup de beau dans ce coffret, dont la tendance est résolument féminine. La vocaliste Kyoko Kitamura, qu’on a découvert dans l’opéra Trillium E, déploie des écarts octaviques dignes de Braxton; Erica Dicker et son violon dansent merveilleusement bien avec le saxophoniste; enfin, Katherine Young apporte des sonorités nouvelles avec son basson et une lecture différente, aussi, du modèle braxtonien. Le coffret physique allie simplicité et élégance, sous la forme d’un boîte rigide abritant les 12 disques compacts, chacun dans sa propre pochette cartonnée (pas de livret). [Ci-dessous: Cette page propose un extrait avec Erica Dicker.]
I went through this 12-CD box set very slow, disc by disc, spacing my sessions more and more as I progressed, because the material varies little overall. Braxton in duet, twelve times, four with each partner, exploring pages from his compositions 363 through 367. And this music belongs to the “Diamond Curtain Wall” series, i.e. the SuperCollider software is present throughout. What got me tired here is the electronic side of things: more often than not, the computer programming got in the way of my enjoyment, as it is often repetitive, too loud, and inescapable – in “Composition No. 367c (+341, 363f), the electronic part consists of a background of conversations between “munchkin”-like voices, started and stopped seemingly at random. This time, I am convinced that New Braxton Jouse could have cut down this set – to six CDs for sure – without taking something valuable from the fan. Recriminations aside, there’s a lot of beauty in this female-strong set. Vocalist Kyoko Kitamura, who Braxton fans discovered in the opera Trillium E, makes octave jumps worthy of Braxton; Erica Dicker and her violin dance with the saxophone in wonderful ways; and Katherine Young brings new sounds with her bassoon and a slightly different reading of Braxton’s writing mechanisms. The physical boxset pairs simpleness and elegance in the guise of a sturdy small box housing 12 CDs, each in his own cardboard sleeve (no booklet). [Below: There is an excerpt featuring Erica Dicker on this page.]

JETHRO TULL / A Passion Play: An Extended Performance (Chrysalis)
A Passion Play, l’album, divise les fans de Jethro Tull depuis sa parution en 1973: génial ou coincé dans ses propres ambitions? Peu importe, car le nouveau mix (5.1 et stéréo) de Steven Wilson, lui, ralliera tout le monde. Quelle clarté, quelle profondeur, quel plaisir de redécouvrir ce disque! Or, outre remixer l’album (en y ajoutant 50 secondes mystérieusement coupées au montage original), Wilson a aussi donné beaucoup d’amour au “Château d’Hérouville Sessions” (précédemment publié dans la compilation double Nightcap), un projet de disque double abandonné aux trois quarts du chemin, écarté complètement, avant que le groupe n’enregistre A Passion Play. Pour Nightcap, Ian Anderson s’était accordé de grandes libertées avec les bandes, ajoutant des lignes de flûte et de chant, ainsi que du reverb, des effets, en plus de réorganiser l’ordre des pièces, en omettant quelques bouts. Wilson, lui, nous livre les bandes dans l’état où elles ont été abandonnées en 1973: trois faces de vinyle dont la facture sonore rappelle Aqualung (un son BEAUCOUP plus sec que sur Nightcap). La première face devient tout simplement géniale, avec une intro inédite fascinante (“The Big Top”), suivie immédiatement de “Scenario” et de “Audition”, “Skating Away”, une chanson inédite (“Sailor”) et “No Rehearsal”. Tout ça est très achevé et de loin supérieur dans cette version-ci. Le côté inachevé de l’œuvre commence à se sentir sur la face B, particulièrement dans “Critique Oblique” (anciennement “Critique Oblique/Post Last”), à laquelle il manque beaucoup de parties chantées. La face C, elle, est carrément embryonnaire à certains endroits (surtout les deux parties de “Law of the Bungle”). Si vous ne connaissez pas Nightcap, vous ressentirez des longueurs. Si vous le connaissez, vous vivrez des manques. Mais pour le premier tiers d’Hérouville, pour le nouveau mix de Passion Play, ainsi que pour le splendide coffret qui accompagne le tout (on a même interviewé la ballerine!), ne manquez pas cette édition.
A Passion Play, the album, has divided Jethro Tull’s fan base since its release in 1973: genius or overblown? Well, Steven Wilson’s new 5.1 & stereo mixes will please everyone. What clarity and depth! What thrill to discover this gem anew! And Wilson did more than remix the album (and add a 50-second snippet that had been mysteriously cut off the reel); he also put a lot of work on the “Château d’Hérouville Sessions” (previously known as the Château d’Isaster Tapes published as part of the compilation album Nightcap), a 2-LP project that the band abandoned three quarters finished to start working from scratch on A Passion Play. For the Nightcap edition, Ian Anderson had taken several liberties with the tapes, overdubbing flute and vocal lines, adding reverb and effects, and reshuffling the track order (and omitting a couple of pieces altogether). Wilson now delivers the tapes as they were abandoned in 1973: three LP sides that are close in sound to Aqualung –therefore MUCH dryer-sounding than the Nightcap version. Side one is downright phenomenal, with a fascinating previously-unreleased intro called “The Big Top”, followed immediately by “Scenario” and “Audition,” “Skating Away...,” another previously unheard song (“Sailor”), and “No Rehearsal.” All of these were pretty near finished at the time and sound far superior to the Nightcap version. Things start feeling unfinished on side two, especially “Critique Oblique”, to which many sung parts are missing. Side three is downright embryonic in places (especially the two parts of “Law of the Bungle”). If you don’t know the Nightcap version, you’ll feel that some passages are overlong and lack action; if you do know Nightcap, you will “hear” everything that’s missing (or rather was added in the ‘90s). However, for the first third of the Hérouville tapes, the new mix of Passion Play, and the gorgeous box/book (there’s even an interview with the ballerina!), don’t miss this edition.


2014-07-24: Hildur Guðnadóttir, Sarah Peebles, Pjusk, Sun Ra

Journal d'écoute / Listening Diary 
2014-07-24

HILDUR GUÐNADÓTTIR / Saman (Touch – merci à/thanks to Dense Promotion)
Avec Hildur Guðnadóttir, on s’attend à un disque doux et délicat, et c’est qu’elle nous livre avec Saman. Douze morceaux courts faits surtout de cordes, des ambiances post-classiques rêveuses ici, introspectives là. Skúli Sverrisson sur une pièce, un peu de voix sur une autre, et le tout coule de source, les pistes se succédant selon un rythme naturel. Pas de grandes révélations, mais j’aime – comment ne pas aimer? [Ci-dessous: Touch a mis tout l’album en écoute libre sur YouTube. Voici le premier morceau, “Strokur”.]
From Hildur Guðnadóttir, you expect something quiet and delicate, and that’s exactly what Saman is. Twelve short pieces consisting mostly of string lines set in dreamy, introspective post-classical ambiences. Skúli Sverrisson appears on one track, Hildur sings on another, and the track list unfolds naturally. There’s no great revelations on this album, but I like it – how could someone dislike this? [Below: Touch has uploaded the whole album on YouTube. Here’s track one, “Strokur.”]

SARAH PEEBLES / Delicate Paths – music for Shô (Unsounds – merci à/thanks to Dense Promotion)
L’artiste sonore canadienne Sarah Peebles vient de publier un disque chez la néerlandaise Unsounds. À l’honneur d’un bout à l’autre (ou presque): le shô, instrument à vent traditionnel japonais, à anche libre – un “orgue de bouche”. L’album propose quatre solos mi-composés/mi-improvisés, deux trios improvisés avec Nilan Perera (guitare électrique) et le grand Evan Parker, un duo avec la chanteuse Suba Sankaran, et une pièce électroacoustique à base d’enregistrements d’oiseaux et d’abeilles. On s’excite pas avec le shô; les pièces sont donc méditatives, mais très belles, même les solos (le shô est un instrument très aigu, il faut s’y faire). Les trios avec Parker sont réussis. Très belle qualité d’enregistrement.
Canadian sound artist Sarah Peebles just released a CD on the Dutch label Unsounds. Featured almost throughout is the shô: a traditional free-reed instrument from Japan + a “mouth organ”. The album includes four half-composed/half-improvised shô solos, two trios with guitarist Nilan Perera and the great Evan parker, a duet with singer Suba Sankaran, and an electroacoustic piece based on recordings of birds and bees. The shô is not an upbeat instrument, so all pieces are of the meditative persuasion, but gorgeous, even the solos – the sho has a very high tessiture, it needs some getting used to. The trios with Parker are successful. Very good sound.

PJUSK / Solstøv (12k - merci à/thanks to Dense Promotion)
Le duo Pjusk, dont j’aime beaucoup l’orfèvrerie musicale, est de retour avec un troisième album pour l’étiquette 12k. Une heure de musique expérimentale ambiante d’une grande beauté. Et pour éviter de se répéter, on a droit à un peu de trompette à travers les élégants bourdons du duo, en plus de collaborations avec Sleep orchestra, Saffronkeira et Yui Onodera. Planant, gracieux, recherché.
Pjusk, whose musical sophistication I enjoy a lot, are back with a third album for 12k. One hour of gorgeous experimental ambient music. And the duo have changed things a bit this time: we get some trumpet amidst their elegant drones, and there are collaborations with Sleep Orchestra, Saffronkeira, and Yui Onodera. Trippy, graceful, deep.

 MARSHALL ALLEN PRESENTS SUN RA AND HIS ARKESTRA / In the Orbit of Ra (Strut Records – merci à/thanks to HIM Media)
Sun Ra aurait eu 100 ans et tout le monde participe aux célébrations. L’étiquette Strut, qui se spéciale dans le rock africain, le disco underground et les grooves hors des sentiers battus, publie un album double qui se veut une introduction à Sun Ra. Il s’agit d’une collaboration avec l’étiquette Art Yard, qui possède surtout des bandes des années 1970, et Marshall Allen de l’Arkestra a concocté la sélection. Une sélection qui s’intéresse surtout aux chansons spatiales (“Somewhere in Space”, “Have You Heard The Latest News from Neptune”, “We Travel the Spaceways”), tout en faisant place à des morceaux plus longs et audacieux (“Dance of the Cosmo Aliens”, “Island in the Sun”). On dit que le livret de la version physique contient une entrevue avec Allen – je n’ai eu que des fichiers sonores. In the Orbit of Ra offre un éventail bien choisi du Sun Ra des années 70, et on y trouve deux inédits (“Island in the Sun” en version allongée et “Reflects Motion (Part 1)”). [Ci-dessous: “Plutonian Nights.”]
Sun Ra would have turned 100 years old in 2014, and everyone pitches in to celebrate. The Strut label, specialized in African rock, underground disco, and out-of-bound grooves, is releasing a 2-CD compilation presented as an introductory set. It is a coproduction with the Art Yard label, who mostly owns tapes from the 1970s, and the Arkestra’s Marshall Allen took care of selecting the tracks. His selection focuses mostly on the space songs (“Somewhere in Space,” “Have You Heard the Latest News from Neptune,” “We Travel the Spaceways”), but it also leaves room to longer, bolder material like “Dance of the Cosmo Aliens” and “Island in the Sun.” The label says the booklet of the physical release contains an interview with Allen (what I got was sound files). In the Orbit of Sun Ra delivers a well-picked panorama of ‘70s Ra, and it contains two previously unreleased tracks (an extended version of “Island in the Sun” and “Reflections Motion Part 1”). ∫Below: “Plutonian Nights.”]


2014-07-24

2014-07-23: Peter Van Zandt Lane, Dvorak/Dunmall/Sanders/Mapp, Hey Mother Death, Irmler/Liebezeit, Bob Drake

Journal d'écoute / Listening Diary 
2014-07-23

PETER VAN ZANDT LANE / HackPolitik (Innova)
HackPolitik est un ballet en deux actes, une heure en tout, qui explore les notions de piraterie informatique, de militantisme, d’anarchie, d’anonymat et d’égo. Évidemment, tout cela demeure très vague sans l’aspect visuel de la production, mais la partie musicale, mélange de partitions pour instrumentistes (flûte, clarinette, violon, alto, violoncelle, piano, percussions) et d’électroniques en temps réel, tient très bien la route seule. L’œuvre est clairement issue de la musique de chambre contemporaine, mais elle possède une immédiateté qu’on trouve rarement dans la musique de chambre. Les scènes (il y en a dix) sont bien définies, l’écoute est riche en rebondissements, et on a droit à un splendide duo violoncelle-piano.
HackPolitik is a ballet in two acts, one hour in all, exploring concepts of computer hacking, activism, anarchy, anonymity, and ego. Of course, this dimension remains vague without the visual aspects of the production, but the music score holds well on its own. The music consists of parts for instrumentalists (flute, clarinet, violin, viola, cello, piano, percussion), and live electronics. The work has deep roots in contemporary chamber music, but it has an immediacy rarely experienced in that repertoire. Scenes (there are ten of them) are well-defined, and the listening experience is rich in surprises, including a gorgeous slow-paced cello/piano duet.

JIM DVORAK, PAUL DUNMALL, MARK SANDERS & CHRIS MAPP / Cherry Pickin’ (SLAM Productions)
Un quatuor de jazz actuel dont le trompettiste Jim Dvorak signe toutes les compositions, du moins sur ce disque. Belle dualité entre Dvorak et le saxo Paul Dunmall: leurs lignes sont vives et alternent entre complémentarité et opposition. L’écriture est agréable, mais, tout admirateur de Frank Zappa que je suis, je n’aime pas, mais pas du tout, la décision de citer deux phrases de “It Can’t Happen Here” dans “Zapped” – ça ne marche pas. “E.D.’s Muse” (Eric Dolphy, j’imagine?), par contre, est délectable.
A creative jazz quartet whose compositions are all penned by trumpet player Jim Dvorak (at least on this CD). Fine duality between Dvorak and sax player Paul Dunmall: their lively lines alternate between complementarity and opposition. The writing is enjoyable, but, though I’m a fan of Frank Zappa, I dislike, very much, Dvorak quoting from “It Can’t Happen Here” in the track “Zapped” – it just doesn’t work. “E.D.’s Muse” (Eric Dolphy, I presume?) on the other hand is a thrilling ride.

HEY MOTHER DEATH / Highway (Snake Power Records)
Le duo néo-écossais Hey Mother Death est de retour avec un très court vinyle (aussi disponible en téléchargement en mode payez ce que vous voulez) qui reprend là où le mini-album sur cassette éponyme nous avait laissé. Électro-pop gothique et minimaliste. “Highway” fait plus d’un clin d’œil à “Autobahn” de Kraftwerk et c’est réussi. “The Hills”, en français, est sombre et trouble à souhait. “Bad Sex” pousse les ambiances plus loin et expérimente avec la longueur (10 minutes). Étrangement, “Snake Power”, plus courte, me paraît plus longue à l’écoute, ses répétitions devenant vite lassantes.
Nova Scotia duo Hey Mother Death is back with a very short LP (also available as a pay-what-you-want download), and it picks up where their eponymous cassette EP had left us. Gothic/minimalist electro-pop. “Highway” winks more than once at Kraftwerk’s “Autobahn,” and it’s done in very good taste. “The Hills” is nicely dark and troubled. “Bad Sex” goes further on ambience work while experimenting with longer durations (10 minutes). Strangely, the shorter “Snake Power” seems longer to me – it quickly becomes repetitive.

IRMLER & LIEBEZEIT / Flut (Klangbad – merci à/thanks to Dense Promotion)
Oui, allez-y, emballez-vous; nous sommes bien en présence d’une collaboration entre le Jaki Liebezeit, batteur de Can, et Hans Joachim irmler, claviériste de Faust. Et Irmler passe tout l’album à l’orgue, cet orgue dont il tire des sons si menaçants. Rythmes inarrêtables, riffs puissants, explorations de fond et de forme. “Sempiternity” s’approche d’une version sans guitare de Heldon. Krautrock, vous dites? Définitivement, mais jamais de manière caricaturale. Un peu monotone au final, mais ne boudez pas votre plaisir pour si peu. [Ci-dessous: Un extrait de l’album.]
Yes, go ahead, get excited, for we are indeed in the presence of a collaboration between Can’s drummer Jaki Liebezeit and Faust’s keyboardist Hans Joachim Irmler. And Irmler spends all of the album on organ, that organ from which he draws the scariest sounds. Unstoppable beats, powerful riffs, deep explorations through form and content. “Sempiternity” gets close to a guitar-less take on Heldon. Krautrock, you say? Definitely, though never close to self-caricature. A tad bit monotonous overall, but don’t pass on it just for that. [Below: A sample of the album.]

BOB DRAKE / Lawn Ornaments (ReR Megacorp)

Huitième album de Bob Drake (5uu’s, Thinking Plague, Nimby, Science Group, Vril, etc.), tout frais paru. Stylistiquement, nous sommes de retour du côté obscur, tout en gardant quelque chose de l’aspect léger du disque précédent, Bob’s Drive-In. Bref, le bestiaire de Bob s’enrichit et les arrangements se recomplexifient. Chansons de deux-trois minutes, atmosphères lovecraftiennes, mixage avec beaucoup de profondeur, typique de Drake. Après deux écoutes, l’ensemble me semble plus forcé que le phénoménal The Shunned Country, trop lourd en fait. Il faut dire que Drake m’a épaté à maintes reprises par le passé; il me faudra plusieurs autres écoutes avant de juger réellement de la qualité de Lawn Ornaments par rapport à ces disques précédents. N.B. Si vous envisagez vous procurer ce disque, optez pour le CD physique: le livret est plus que splendide. [Ci-dessous: Cette page propose deux pièces en écoute.]
Bob Drake’s eighth solo album just came out. Stylistically, we’re back on the dark side of things, though the music retains something of the lightness found on his previous record Bob’s Drive-In. Bob’s bestiairy gets expanded (meerkats, hyenas, even a sphinx or two), and the arrangements have regained their density. Songs are two-to-three minutes long, full of Lovecraftian atmospheres, and the mix is very deep, as usual with Drake. After two listens, the album as a whole sounds more forced to my ears than his wonderful The Shunned Country, overloaded in fact. But I have to admit that Drake has wowed me many times in the past; I will need a few more listens before I can see where this opus sits quality-wise with his other CDs. Note: If you intend to get this album, go for the physical CD, the booklet is beyond gorgeous. [Below: Stream two songs on this page.]
  

2014-07-23

2014-07-22: Jean-Luc Petit, Burr/Unruh, Brian Groder Trio

Journal d'écoute / Listening Diary 
2014-07-22

JEAN-LUC PETIT / Matière des souffles (Improvising Beings)
Deux solos de saxo baryton, trois solos de clarinette contrebasse. Belles techniques étendues – harmoniques, jeux de bouche – belle exploitation des capacités bourdonnantes de ces deux instruments. Mais... les cinq pièces se complaisent dans une lenteur qui devient monotone et, malgré la maîtrise des techniques, il manque à ce disque un je ne sais quoi qui le ferait se démarquer.
Two baritone sax solos, three contrabass clarinet solos. Fine extended techniques – harmonics, mouth tricks – and fine use of these instruments’ droning abilities. But... all five tracks adopt a slow pace that becomes monotonous and, despite Petit’s obvious technical mastery, this record is missing something that would make it stand out.

ELLEN BURR & MICHAEL UNRUH / Where Am I From, Where Am I Going (pfMENTUM)
Ellen Burr aux flûtes, Michael Unruh à la clarinette basse, dans 15 duos improvisés qui totalisent 74 minutes de musique. J’ai rarement entendu Burr aussi vive. Les échanges sont rapides et assurés. Les pièces couvrent une belle gamme d’intensités et d’émotions, mais l’ensemble pèche par excès: l’album aurait eu plus de mordant si on avait éliminé quelques morceaux. Oui, essentiellement, je me plains que ce disque livre trop de bonnes choses.
Ellen Burr on flutes, Michael Unruh on bass clarinet, in 15 freely improvised duos, for a total of 74 minutes of music. I have rarely heard Burr this lively. Exchanges are fast-past and sure-footed. Tracks cover a fine range of intensity levels and emotions, but the whole thing simply goes on for too long. The album would have had more bite with a shorter duration. Yeah, I’m basically complaining that this one is too much of a good thing.

BRIAN GRODER TRIO / Reflexology (Latham Records)
Très beau disque du trompettiste Brian Groder, un programme de compositions originales interprétées avec son trio, soit Michael Bisio à la contrebasse et le fantastique batteur Jay Rosen. Groder est ici au sommet de son art, particulièrement au chapitre de l’écriture, ancrée dans le jazz mais prospective, riche en thèmes mémorables. Le jeu des musiciens, l’équilibre des morceaux, la stature des solos, même la pochette me ravit. Recommandé.
A beautiful CD by trumpet player Brian Groder, a program of his original compositions performed with his trio, i.e. Michael Bisio on bass and fantastic drummer Jay Rosen. Groder is in top shape here, especially in regards to his writing, rooted in jazz yet prospective, and rich in memorable tunes. The musicians’ playing, the balance of the tracklist, the strength of the solos – even the cover – are appealing to me. Recommended.


Weird Al's Mandatory Fun enters Billboard chart at No. 1

I'm a Weird Al fan. The man has been going on since 1979 - he's outlived most of the artists he has parodied. Now, I don't give a damn about charts and hits and pop music in general – my readers know that I'm much more interested in what DOESN'T chart – but the news that Mandatory Fun is entering the Billboard chart at No. 1 makes me all warm and fuzzy.

Why? 'cause this is a first in Weird Al’s career. And ‘cause Weird Al delivered a strong opus in Mandatory Fun, and he delivered it using a clever no-frills marketing campaign that should teach a few lessons to the music industry. But most of all ‘cause right before the album was released, Weird Al went on record saying that Mandatory Fun will probably be his last album – he said he would continue to make music, but release it as singles and EPs, feeling that the album format doesn’t suit him anymore.


Al being the nicest person in showbusiness, I’m sure he will be capable of admitting his mistake here. Al, please keep making ALBUMS. Mandatory Fun’s success proves that if there’s one individual in commercial pop who can still make the album format work out, it’s you.