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2014-01-24

2014-01-23: Doneda/Kocher, Peter Orins, Durio Zibethinus, Jaap Blonk x2

Journal d'écoute / Listening Diary 
2014-01-23

MICHEL DONEDA & JONAS KOCHER / Le Belvédère du rayon vert (Flexion)
Cinq duos saxo soprano et accordéon enregistrés sur deux jours. Improvisations bruitistes, dénudées, microsonores, faites de sons désincarnés parfois difficiles à relier à l’un ou l’autre des instruments. Doneda manipule aussi des radios – on entend parfois des bribes de voix. Interpellant au début, aliénant à la longue, mais cette musique suscite toutes sortes de questions (quoi, comment, pourquoi), et en cela, elle est très stimulante. Une écoute très exigeante.
Five soprano sax and accordion duets recorded over two days. Noise-based, stripped-down, microsonic improvisations made of discorporated sounds that are often difficult to relate to one of the two instruments in play. Doneda also uses radios – we hear snippets of voices from time to time. Challenging at first, alienating in the long run, but this music brings forth all sorts of questions (what, how, why), and  in that regard it is quite stimulating. But it’s a very demanding listen.

PETER ORINS / Empty Orchestra (Helix)
J’ai eu le plaisir de voir le batteur Peter Orins en action l’automne dernier (avec le groupe Kaze, à Montréal). Sa technique était impressionnante: un jeu étouffé, baguettes appuyées sur les peaux. Il utilise cette technique et plusieurs autres sur ce disque solo, mais surtout il utilise des électroniques pour transformer ce qu’il joue en temps réel. Déplacements stéréos, filtres, inversions, etc. rendent le décodage de son jeu plus difficile. Surtout, ces électroniques animent la batterie, transformant ces quatre solos en expériences inusitées. Ajoutons que le tout est bien maîtrisé.
I’ve had the pleasure of watching Peter Orins in action last fall (with the band Kaze, in Montreal). His technique was quite impressive: muted playing, sticks maintaing contact with drumheads. Orins is using this technique and many more on this solo record. Most of all he is also using electronics to transform his output in real time. Stereo movements, filtering, inversions, etc. make it harder to decode his playing. And these electronics breathe a different life into his drumming, transforming these four solos into highly unusual experiences. And Orins controls to this set-up very well.

DURIO ZIBETHINUS / Poissons frais (Be Coq)
Ce disque et l’album de Matière foetale chroniqué hier sont les deux premières parutions, toutes fraîches, de l’étiquette Be Coq. Durio Zibethinus est un duo de multi-instrumentistes: Quentin Biardeau (saxos, clarinette, flûte à bec, percus, petit synthé, magnétocassette) et Valentin Ceccaldi (violoncelle, percus, kalimba, dan-bau, tube PVC). Je connaissais Valentin pour sa participation dans le Théo Ceccaldi Trio, qui fait du bon jazz actuel plutôt feutré. Ici, par contre, la donne est très différente. Des pièces  largement improvisées (mais je n’excluerais pas la possibilité d’un certain travail de composition) qui proposent une approche plutôt bruitiste, éparpillée où les idées s’enchaînent rapidement, se chevauchant parfois. Un peu de confusion, mais beaucoup de créativité et de l’aplomb. Ça me fait beaucoup penser aux Granules sans le côté fanfaron. [Ci-dessous: Deux morceaux sont en écoute libre sur bandcamp.]
This record and the Matière foetale CD reviewed yesterday are the label Be Coq’s first two releases. Durio Zibethinus is a duo of multi-instrumentalists: Quentin Biardeau (saxes, clarinets, recorder, percussion, cheap synth, tape recorder) and Valentin Ceccaldi (cello, percussion, kalimba, dan-bau, PVC tube). I know Valentin through his membership in the Théo Ceccaldi Trio, an avant-jazz outfit, but this is a very different project. Mostly improvised pieces (I’m not ruling out the possibility of some composition work in play) offering a rather noisy, scattered music, where ideas segue quickly, overlapping at times. A bit of confusion, but a lot of creativity and balls. Makes me think of Les Granules without the zaniness.  [Below: Two tracks (out of five) can be streamed on bandcamp.]

JAAP BLONK / Lifespans (Kontrans)
Jaap Blonk a récemment publié deux projets inusités sur son étiquette Kontrans. Lifespans est une œuvre de musique électronique de 65 minutes. Un enchevêtrement de sons synthétisés, extrêmement dense pendant les 45 premières minutes, réellement étourdissant, puis de plus en plus relâché ensuite. L’aspect monolithique de la chose rappelle énormément l’art sonore énigmatique de Koji Asano. Une autre écoute très exigeante, et celle-ci ne fait pas de cadeaux.
Jaap Blonk recently published two unusual projects on his Kontrans label. Lifespans is a 65-minute work of electronic music. It’s a maelstrom of synthesized sounds, extremely dense and unyielding for the first 45 minutes, truly dizzying, and then it gradually grows calmer. The monolothical aspect of the piece is strongly reminiscent of Koji Asano’s enigmatic sound art. Another highly demanding listen, and this one has few rewards.

JAAP BLONK / Polyphtong (Kontrans)
Je préfère de loin cet autre projet, une œuvre de musique électroacoustique de 47 minutes constituée uniquement d’échantillons de la voix de Jaap. Certains sons sont facilement reconnaissables, d’autres sont transformés en profondeur. L’assemblage est très vivant et cinétique (l’œuvre a d’abord été conçue pour une présentation quadraphonique, avant d’être retravaillée en stéréo), avec beaucoup de variations, des moments pour respirer (littéralement: la respiration de Blonk vient calmer le jeu), etc. Bien développé, consistant, captivant: très réussi. [Ci-dessous: deux très courts extraits.]
I am much more fond of this other project, a 47-minute electroacoustic piece made solely of sounds based on Jaap’s vocals. Some sounds are readily identifiable, while others have been treated beyond recognition. They are assembled into something very lively and kinetic (the work was conceived for live quadraphonic presentation before it was reworked into this stereo version), with lots of variations, moments to breathe (litteraly: Jaap’s breathing appears to calm things down), etc. Well developed, consistent, and captivating – successful.  [Below: Two very short excerpts.]


2012-12-13

2012-12-11/12: Jonas Kocher, Koch/Badrutt, Dave Phillips & Freedance, Reinhold Schmölzer & Orchest•ra•conteur, Frempong/Ehinger, Andrew Bird


Journal d'écoute / Listening Diary 
2012-12-11/12

JONAS KOCHER / duos 2011 (Flexion)
L’accordéonniste expérimental Jonas Kocher (du trio 300 basses), dans une série de duos (en fait, il y a aussi un trio) enregistrés au cours de l’année 2011. La musique de Kocher est ultra-dépouillée – minimaliste, microsonique. Et ses compères font de même. Il faut l’entendre échanger des hautes fréquences avec l’électronicien Gaudenz Badrutt pour comprendre à quel point il a désincarné son instrument. Le duo avec Christian Müller à la clarinette contrebasse est tout aussi fascinant – les battements de tons de Kocher sont rejoints par de longues notes de clarinette qui semblent, elles aussi, battre. Musique méditative exigeant une écoute profonde.  [Ci-dessous: Kocher en duo avec Christoph Schiller à l’épinette.]
Experimental accordion player Jonas Kocher (of the 300 basses trio), in a series of duos (there’s actually one trio too) recorded in the course of 2011. Kocher’s music is extremely stripped-down – call it minimalistic, microsonic. And his partners adopt the same approach. You have to hear him trade high frequencies with electronician Gaudenz Badrutt to understand to what extent he has disembodied the soul of his instrument. His duo with Christian Müller on contrabass clarinet is just as fascinating: Kocher’s flapping tones are met by long clarinet tones that also seem to be beating (they don’t, it’s a tonguing technique). Meditative music that requires deep listening.  [Below: Kocher in a duo with Christoph Schiller on spinet.]

HANS KOCH & GAUDENZ BADRUTT / Social Insects (Flexion)
Jonas Kocher vient de publier sur sa micro-étiquette Flexion le premier album d’un duo composé de Hans Koch à la clarinette basse et Gaudenz Badrutt aux électroniques (tous deux figurent sur le disque duos 2011 ci-dessus). Social Insects est une longue improvisation divisée en indexs de longueur variable. Nous demeurons dans l’univers de la musique microsonique – dépouillement, techniques étendues, sensations d’entrer à l’intérieur du son, jeu collectif toujours à un poil de se briser tant le fil est ténu, le silence menançant constamment d’engloutir le non-silence.
Jonas Kocher just released on his microlabel Flexion the debut album by a duo consisting of Hans Koch (bass clarinet) and Gaudenz Badrutt (electronics) – they both play with Kocher on the above-mentioned duos 2011). Social Insects is one long improvisation segmented on the disc in indexes of varying lengths. We’re still in the microsound world – sparseness, extended techniques, the impression of stepping inside the sound, collective playing always on the verge of breaking up, silence threatening to swallow non-silence.

DAVE PHILLIPS & FREEDANCE / Confluence (Innova)
Hmm... un jazz étonamment conventionnel pour un disque publié chez Innova. Phillips est un contrebassiste de talent et son écriture est vive, mais sa musique est trop “straight” pour que j’y revienne.
Hmmm. surprisingly conventional jazz for an Innova release. Phillips is a talented doublebassist, and his writing is lively, but the music is just too straightforward to draw me back for a second listen.

REINHOLD SCHMÖLZER & ORCHEST•RA•CONTEUR / Miraculous Loss of Signal (Unit Records)
Encore du jazz, mais cette fois plus relevé, plus piquant, avec le big band du batteur Reinhold Schmölzer. À l’exception d’une ballade sirupeuse (“Wheeling Around That So.Fi”), le matériel est vif, déluré, avec des arrangements souvent riches. À preuve: une lecture étonnante et fort réussie de “Lotus Flower” de Radiohead. “A Forwaholic’s Passion” et “Narcotic Incotriac” sont également très réussies.
Jazz again, though spicier this time, with drummer Reinhold Schmölzer’s big band. Except for a schmaltzy ballad (“Wheeling Around That So.Fi”), the material is lively, freewheeling, with rich, deep-running arrangements. Evidence A: Schmölzer’s stunning take on Radiohead’s “Lotus Flower.” The originals “A Forwaholic’s Passion” and “Narcotic Incotriac” are also very strong.

JOY FREMPONG & PHILIPPE EHINGER / Les voisins ne parlent pas tous la même langue (Unit Records)
Le résultat d’une première rencontre d’improvisation libre entre la chanteuse-électronicienne Joy Frempong et le claviériste-clarinettiste Philippe Ehinger, devant public. Frempong narre, chante et vocalise tout en échantillonnant sa voix et en créant des boucles. Ehinger alterne entre la clarinette basse et le clavier. Les pièces sont courtes, les textes parfois surréalistes. Certains effets de Frempong sont simples, voire faciles, mais son approche très animée (dans le sens de dessin animé) apporte un côté ludique au projet. Intéressant.
The result of a first free improvisation meeting, in a live setting, between singer/electronician Joy Frempong and keyboardist-clarinetist Philippe Ehinger. Frempong tells, sings and vocalizes while sampling and looping her voice. Ehinger switches back and forth between bass clarinet and keyboard. Short pieces with lyrics bordering on surrealism at times. Some of Frempong’s electronic effets are simple, east even, but her cartoonish approach brings playfulness to the project. Interesting.

 ANDREW BIRD / Break It Yourself (Mom + Pop)
L’un des deux disques publiés par Andrew Bird cette année. Cet album pourrait bien réussir à éclipser Noble Beast à titre de mon favori dans sa discographie. Bel équilibre entre chansons, instrumentales, passages plus déglingués, mélodisme, mélancolie, espoir. “Danse Caribe”, “EyeonEye, “Give It Away,” “Lazy Projector” et “Lusitania” sont des “singalongs” instantanés.  [Ci-dessous: Vidéomusique officielle pour “Give It Away.”]
One of two records released by Andrew Bird this year. And this one could very well eclipse Noble Beast as my favorite of his. Fine balance between songs, instrumentals, experimental bits, melodies, melancholy, and hope. “Danse Caribe,” “EyeonEye,” “Give It Away,” “Lazy Projector,” and “Lusitania” are all instant singalongs.  [Below: Official music video for “Give It Away.”]

ANDREW BIRD / Hands of Glory (Mom + Pop)
L’autre disque publié par Bird cette année. Je trouve celui-ci beaucoup moins alléchant. Il est plus simple en termes d’arrangements, plus folk, avec une plus forte fibre country. Pas mauvais, et j’aime bien “Three White Horses” et “When That Helicopter Comes”, mais je décroche grave dans “Railroad Bill” et “If I Needed You.” La pièce qui conclut l’album pèche par excès de longueur.
The other album released by Bird this year. This one is weaker. Simpler arrangements, folkier, with a strong country vibe. Not bad, and I do like “Three White Horses” and “When That Helicopter Comes,” but I’m not into “Railroad Bill” and “If I Needed You.” The album closer is too long for its own good.

2011-10-18

Délire actuel, 2011-10-18


DÉLIRE ACTUEL

Réécoutez (streaming ou téléchargement) la dernière édition de Délire actuel ICI (cherchez Délire actuel dans la liste).
You can listen (stream or download) to the latest Délire Actuel broadcast HERE (look for Délire Actuel on the list of shows).

Édition du 18 octobre 2011
Broadcast of October 18, 2011

DESCRIPTION
DESCRIPTION
Musique contemporaine / Saxophonistes-improvisateurs français du 21e siècle: 1re heure: un parcours libre en musique contemporaine. 2e heure: Quelques saxophonistes français d’aujourd’hui.
Contemporary Music / 21st Century French Saxophonists-Improvisers: 1st hour: a journey through some new contemporary music releases. 2nd hour: A handful of astounding French experimental saxmen.

BENJAMIN BROENING / Nachtlied (Second Nocturne) - Recombinant Nocturnes 09:42 (Innova)
JEREMY BECK / In Flight Until Mysterious Night - IonSound Project 09:56 (Innova)

SFE / Movt. I (Positions 1-4) - Positions & Descriptions 16:51 (Clean Feed)

NEIL THORNOCK / No Stopping, Standing, or Parking - No Stopping, Standing, or Parking 09:01 (Navona)


DAUNIK LAZRO / Zong at Saint-Merry 3 - Some Other Zongs 08:39 (Ayler)
MICHEL DONEDA & JONAS KÖCHER / Action mécanique (extrait) - Action mécanique 13:00 (Flexion Records)

SEIJIRO MURAYAMA & STÉPHANE RIVES / Axiom for the Duration [III] - Axiom for the Duration 17:56 (Potlatch)

JEAN-LUC GUIONNET & SEIJIRO MURAYAMA / Processus - Window Dressing 07:40 (Potlatch)



COMPLÉMENTS
SUPPLEMENTS

MICHEL DONEDA & JONAS KOCHER
En trio avec Christian Wolfarth, en 2009.
In trio with Christian Wolfarth, 2009.


2011-09-02

2011-09-01: Doneda/Kocher, Rupp/Williamson/Buck, Collection of Colonies of Bees, Electric Bird Noise


Journal d'écoute / Listening Diary
2011-09-01

MICHEL DONEDA & JONAS KOCHER / Action mécanique (Flexion Records)
La musique: une improvisation de 45 minutes enregistrée en concert à Sofia (Bulgarie) en novembre 2009. Avec Michel Doneda aux saxos soprano et sopranino et Jonas Kocher à l’accordéon et aux objets. Une impro microsonique dans la recherche, mais bruitiste dans l’exécution, très stimulante - les techniques de Kocher sont parfois étonnantes, et le talent de Doneda ne pâlit pas avec le temps. L’objet: la pochette est imprimée sur une feuille de papier émeri 220!  [Ci-dessous: Un extrait.]
The music: a 45-minute free improvisation recorded live in Sofia (Bulgaria) in November 2009. With Michel Doneda on soprano and sopranino sax and Jonas Kocher on accordion and objects. Microsonic in spirit but pretty noisy in execution, very stimulating – Kocher’s techniques can be surprising, and Doneda’s talent never fails him. The object: the cover is printed on a sheet of P220 sandpaper!  [Below: An excerpt.]

OLAF RUPP, JOE WILLIAMSON & TONY BUCK / Weird Weapons 2 (Creative Sources)
Après un premier disque chez Emanem, le trio Weird Weapon vient de publier cette deuxième galette. Weird Weapons 2 propose deux excellentes improvisations libres, très vives. Avec sa semi-célébrité avec The Necks et des projets plus rock, on a tendance à oublier que Buck est un excellent batteur free. Ici il déploie des trésors d’invention, tout comme Rupp, dont l’approche de la guitare acoustique tient à la fois d’un Bailey et d’un Chadbourne. Et ce disque, meilleur que le premier, témoigne d’une certaine évolution de ce trio, à qui je souhaite longue vie.
After a first CD on Emanem, the Weird Weapons trio is back with a second outing. Weird Weapons 2 features two excellent and lively free improvisations. Semi-famous for The Necks and some rock-leaning projects, Buck remains a great free drummer. Here, he deploys treasures of invention, as does Rupp, whose approach to the acoustic guitar falls somewhere between Bailey and Chadbourne. And this record – better than their first one – shows a certain evolution in the band. Let’s hope they keep at it as a unit!

COLLECTION OF COLONIES OF BEES / Giving (Home Tapes)
L’ultime album de Collection of Colonies of Bees donne tellement envie de prier Chris Rosenau et Jon Mueller de poursuivre leur collaboration! Giving propose quatre titres, une courte demi-heure de rock instrumental brillant – s’il faut dire post-rock, que ce soit le post-rock tel que l’entend Tortoise. Un disque jouissif, peut-être la forme la plus accomplie d’une approche parfaitement américaine du Krautrock. Chapeau bas, messieurs.
Listening to Collection of Colonies of Bees’ final record, I’m prompted to get on my knees and plead Chris Rosenau and Jon Mueller to carry on with their partnership! Giving features four tracks, a short half-hour of brilliant instrumental rock – if you have to call it post-rock, at least say it while thinking of Tortoise. A thrilling record, perhaps the most accomplished all-American take on Krautrock. Hats off to you, sirs.

ELECTRIC BIRD NOISE / Fragile Hearts… Fragile Minds (No More Stars)
L’écoute du plus récent Electric Bird Noise (The Silber Sessions) m’a lancé sur la piste d’autres disques de ce groupe éclectique. Paru en 2007, Fragile Hearts… Fragile Minds propose quatre pièces courtes qui recoupent les tendances post-rock et l’humour perçus sur Silber Sessions, plus une pièce de 26 minutes, “Vestibule Transitoire”, lent travail d’accrétion de boucles de guitare, pièce dont une version plus accomplie figure sur l’album Le Vestibule/Vestibule Transitoire. Agréable.
Listening to Electric Bird Noise’s latest CD (The Silber Sessions) prompted me to look for more from this eclectic band. Released in 2007, Fragile Hearts… Fragile Minds features four short tracks that cover the post-rock grounds and humour explored on Silber Sessions, plus “Vestibule Transitoire,” a 26-minute piece of slow guitar loop accretion, a more fully realized version of which appears on Le Vestibule/Vestibule Transitoire. Nice though.

2011-06-16

2011-06-15: Dadavistic Orchestra, Jonas Kocher, O Bando, Trúbrot, Comus


Journal d'écoute / Listening Diary 
2011-06-15

DADAVISTIC ORCHESTRA / Dokument .02 (Dust Science - merci à/thanks to Forced Exposure)
Deuxième album du Dadavistic Orchestra, une collaboration entre The Black Dog et trois ex-membres des Psychick Warriors Ov Gaia. Six pièces d’une dizaine de minutes, toutes de l’électronique ultra-ambiante, à saveur minimaliste et texturale - à rapprocher de l’univers des étiquettes 12k et Room40. Sauf que Dokument .02 passe assez inaperçu, peu de signes distinctifs.
A second album for Dadavistic Orchestra, a collaboration between The Black Dog and three ex-Psychick Warriors Ov Gaia. Six 10-minute tracks, all ultra-ambient electronica of the minimal/textural persuasion. Similar to the soundworlds of labels like 12k and Room40. Except that Dokument .02 goes by unnoticed. It lacks character.

Sous une pochette noir et blanc en carton format portefeuille se cache un solo d’accordéon de 35 minutes qui rappelle beaucoup le travail d’Alfredo Costa Monteiro, soit une déconstruction totale du jeu et du rôle de l’accordéon - l’instrument ramené à un souffle et des cliquetis (j’exagère à peine). Et beaucoup de silence et de concentration muette. Écoute aride mais étonnamment prenante. Audacieux et convaincant.
Under a wallet-sized black and white cardboard sleeve hides a 35-minute accordion solo strongly reminiscent of Alfredo Costa Monteiro’s work, i.e. a total deconstruction of the playing and role of the accordion. The instrument is torn down to a breath and clicks (I’m barely exaggerating). And lots of silence and mute concentration. A demanding but surprisingly taking listen. Bold and convincing.

O BANDO / O Bando (Shadoks Music - merci à/thanks to Forced Exposure)
O Bando de Sao Paulo, au Brésil, n’a commis qu’un seul disque, O Bando, en 1969. Shadoks Music vient d’en offrir une première réédition officielle et sanctionnée. C’est de la très bonne pop psychédélique tropicale. Moins psychédélique que Os Mutantes, mais mieux produit que plusieurs de leurs semblables. En fait, ce qui rend O Bando si intéressant avec le recul, c’est la force des arrangements de cuivres et la joie de vivre de ce disque somme toute contestataire. Parfait pour l’été qui approche.
O Bando from Sao Paulo, Brazil, made only one LP, O Bando, released in 1969. Shadoks Music has just released the first official and authorized reissue of this nugget. Very good tropical psychedelic pop. Less psychedelic than Os Mutantes, but better produced than most of its contemporaries. What makes O Bando so interesting in hindsight is the strong brass arrangements and the cheerfulness of what is basically an expression of dissent.

TRÚBROT / Undir Áhrifum (Shadoks Music - merci à/thanks to Forced Exposure)
Paru un an après Trúbrot, Undir Áhrifum poursuit l’inusité mariage chez ce groupe islandais entre le country rock de Crosby, Stills, Nash & Young et le rock progressif de The Nice. La chanteuse Shady Owens n’est plus de la partie, mais on ne perd rien au change. Les compositions gagnent en ambition, les performances en solidité.”Going”, “Sunbath” et “Feel Me” (10 minutes) sont les moments forts d’un disque marquant une évolution importante dans le son de ce groupe. J’ai hâte d’entendre les deux autres albums de Trúbrot, que Shadoks doit rééditer bientôt.
Released the year after Trúbrot, Undir Áhrifum continues with this Icelandic band’s unique blending of Crosby, Stills, Nash & Young’s country rock and The Nice’s progressive rock. Female singer Shady Owens is now out, but nothing’s lost. The compositions have grown more ambitious and the performances are stronger. “Going”, “Sunbath” and “Feel Me” (10 minutes) are the highlights on a record signaling a substantial evolution in the band’s sound. I’m eagerly awaiting the last two Trúbrot albums soon to be reissued by Shadoks.

COMUS / East of Sweden: Live at the Melloboat Festival 2008 (Gnostic Dirt - merci à/thanks to Forced Exposure)
Quand même, tout un événement: c’est en Suéde, en mars 2008, que le groupe de folk-progressif britannique Comus est remonté sur scène pour la première en 34 ans. Avec la formation “classique” du disque First Utterance moins Rob Young qui a décliné l’offre. Ce disque propose un “set” de 45 minutes, plus un rappel où le groupe rejoue “Song to Comus” qui avait ouvert le concert. Autre événement: il s’agit de ma première exposition au répertoire de Comus. Et je suis conquis. Car, malgré les défaillances vocales (mineures) de Roger Wootton et un jeu d’ensemble imparfait, je perçois facilement la finesse des compositions. C’est clair: j’ai besoin des enregistrements d’époque! Petite déception quant à la brièveté du disque, joie quant à l’inclusion d’une reprise de “Venus in Furs”, jubilation d’entendre pour la première fois (dans mon cas) “Diana”, “Drip Drip” et “Song to Comus”. Si quelqu’un tient le compte, inscrivez un converti de plus.
Still, quite an event: in Sweden, March 2008, British progressive folk band Comus walked on stage for the first time in 34 years. With the “classical” line-up of the First Utterance LP minus Rob Young who declined the invitation. This CD features a 45-minute set plus an encore reprising the opener “Song to Comus.” Here’s another event: this is my first exposure to Comus’ repertoire. And I am won over. Because, beyond Roger Wootton’s (occasionally) off-key vocals and less-than-perfect ensemble playing, I can easily hear the finesse in the songwriting. It’s clear: I need the original recordings! A small disappointment: the shortness of the concert. A joy: the inclusion of a cover of “Venus in Furs.” A jubilation: hearing for the first time (in my personal case) the songs “Diana”, “Drip Drip” and “Song to Comus.” If anybody out there is keeping count, please add 1 to the number of converts.

2010-04-05

2010-04-05: Jonas Kocher, Miniatur Orchester, Incredible String Band, Phantom Band

Journal d'écoute / Listening Diary

2010-04-05


JONAS KOCHER / Materials (Creative Sources)

Un disque court (35 minutes) et minutieux, enregistré au STEIM, lieu de prédliection pour développer des instruments et interfaces étranges, ou encore des techniques d’enregistrement microscopique. Jonas Kocher propose un programme de sept pièces courtes, en solo, dont les titres énumèrent les matériaux utilisés pour les créer. Par exemple, “Bellow, bow” annonce le soufflet d’un accordéon et un archet (joué sur quoi, on ne sait trop). Au fil du disque, on trouve aussi des boutons (de vêtements), une cymbale, de laine d’acier et des électroniques (très discrètes). Il faut monter le son, faire fi des bruits extérieurs et accorder ses oreilles à l’univers lilliputien de Kocher. Cet univers n’est pas riche en rebondissement mais propose des textures qui, si elles ne sont plus inusitées, ont tout de même de quoi intriguer. Le parti-pris minimaliste n’est pas trop aliénant, et son utilisation du soufflet d’accordéon, bien que limitée par nature, est intéressante.

A short (35 minutes), meticulous CD recorded at STEIM, the perfect place to develop strange instruments and interfaces or microscopic recording techniques. Jonas Kocher presents seven short solo pieces with titles that list the materials used to make them. For instance, “Bellow, bow” announces the bellow of an accordion and a bow (played on what, I’m not sure). In the course of the album, we also encounter buttons, a cymbal, steel wool, and very quiet electronics. You have to turn up the volume, ignore extraneous sounds, and attune your ears to Kocher’s lilliputian soundworld. His universe is not feature-rich, but it includes intriguing textures, even though they are not all as unheard-of as they would have been ten or fifteen years ago. His minimalist stance is not too alienating, and his use of the accordion’s bellow, though limited by design, is quite interesting.


MINIATUR ORCHESTER / Pro Specie Rara (Unit Records)

Premier album de cet ensemble qui se décrit comme étant “dixiebalkanimproworldbeat”. Mouais. Bon. Disons qu’il s’agit d’un septette à deux batteurs et vents qui s’amuse à mélanger les influences. C’est généralement sympathique, pas nécessairement léger. Ça s’approche parfois de l’Orkestre des pas perdus, en moins fou. Les rythmes sont créatifs, mais les lignes mélodiques manquent parfois d’originalité. 17 courtes pièces (rien au-dessus de quatre minutes).

The debut album by this ensemble self-described as “dixiebalkanimproworldbeat.” Well. It is a septet consisting of two drum kits and horns, and they clearly enjoy mix-and-matching styles and influences. It’s mostly fun, enjoyable, not necessarily light. I was often reminided of a slightly less over-the-top Orkestre des pas perdus. The beats are quite creative, but the melodies occasionally lack originality. 17 short pieces (nothing over four minutes).


2e écoute/2nd Listen: THE INCREDIBLE STRING BAND / The Hangman’s Beautiful Daughter (Fledg’ling - merci à/thanks to Forced Exposure)

Comme je m’y attendais (voir ma chronique du 2010-04-01), plus j’écoute celui-ci, plus il me plaît. “A Very Cellular Song” (13 minutes) et “Three Is A Green Crowd” (presque huit) sont rigolotes, riches et joyeusement disjonctées. “The Minotaur’s Song” aussi, malgré son côté Monty Python (“I’m a lumberjack and I’m okay...”) qui a mal vieilli. Je comprends mieux le statut quasi-mythique de ce disque. Mais ma préférence va encore à The 5000 Spirits, réécouté pendant la fin de semaine de Pâques.

As I expected (see my review on 2010-04-01), the more I listen to this one, the more I like it. “A Very Cellular Song” (13 minutes) and “Three is A Green Crowd” (almost eight) are funny, rich, and marvelously disjointed. “The Minotaur’s Song” is something too, despite its Monty Python feel (“I’m a lumberjack and I’m okay...”), which hasn’t aged well. I better understand the near-mythical status of this record. Still, my preference goes to The 5000 Spirits, which I also revisted during the Easter weekend.


PHANTOM BAND / Phantom Band (Bureau B - merci à/thanks to Forced Exposure)

L’étiquette Bureau B poursuit sa réédition du catalogue Sky, cette glorieuse étiquette électronique/krautrock allemande du tournant des années 80. Voici les deux premiers albums (sur trois) du Phantom Band réuni en 1980 par le batteur de Can, Jaki Liebezeit. Le premier disque, l’éponyme Phantom Band poursuit sur une lancée similaire aux derniers Can - oui, ceux sur lesquels on lève le nez, généralement. Le simple fait de changer le nom du groupe permet de regarder ce disque avec un regard différent. Et, ma foi, malgré qu’il trahisse facilement son âge, il se laisse écouter. Liebezeit est entouré du percussioniste Olek Gelba (aux tendances antillaises/jamaïcaines), du claviériste Helmut Zerlett, du guitariste Dominik von Senger et du bassiste-chanteur Rosko Gee. Ce dernier possède une voix androgyne qui confère à la musique un son disco-soul un peu déstabilisant, sans que ce soit mal fait. “I’m the One,” par exemple, est bien réussie. Cela dit, je préfère les instrumentales comme “For M.” ou “Absolutely Straight.” Un disque sympathique mais froid de la froideur typique des productions de 1980 (Conny Plank suivait la tendance à ce moment-là). Un krautrock influencé par le courant reggae qui balaie alors l’Europe.

The Bureau B label carries on with its reissue program of the Sky catalog, that glorious German electronic/krautrock label from the turn of the ‘90s. Here come the first two (out of three) albums by Phantom Band, brought together in 1980 by Can drummer Jaki Liebezeit. The first album, eponymous, picks up where Can had left - yes, those Can albums we usually disdain. But the fact that the band’s name on the cover is different allows us to approach the material differently. And, well, despite its age, which shows a lot, this album is a fun listen. Liebezeit is surrounded by percussionist Olek Gelba (with strong Carribbean/Jamaican leanings), keyboardist Helmut Zerlett, guitarist Dominik von Senger, and drummer/singer Rosko Gee. The latter’s androgynous voice gives the music a disco/soul feel that’s a bit destabilizing, although it ain’t bad. “I’m the One,” for instance, is well done. However, I prefer the instrumental tracks, like “For M.” or “Absolutely Straight.” A fun record but the production is cold, as was often the case in 1980 (here, Conny Plank is definitely going along with the current trend). This is krautrock influenced by the reggae wave that was sweeping Europe at the time.


PHANTOM BAND / Freedom of Speech (Bureau B - merci à/thanks to Forced Exposure)

Ce second disque est nettement supérieur au premier, et la raison en est bien simple: Rosko Gee a quitté le groupe. Sa voix à la Donna Summers est remplacée par celle beaucoup plus terre-à-terre du poète (aujourd’hui on dirait slammeur) Sheldon Ancel. Exit le côté plus disco, bonjour une dimension plus expérimentale. La musique demeure très krautrock, très Can: répétitive, lancinante, exploiratoire à l’intérieur du rythme dicté par Jaki Liebezeit et complété par Olek Gelba. L’influence dub est encore plus prononcée (“E.F. 1”). Les textes d’Ancel sont intéressants, ses performances conviennent parfaitement au style développé par le groupe. Une belle surprise, presque une révélation. Fans de Can qui ne connaissez pas Phantom Band, précipitez-vous sur cet album. [CI-dessous: Un extrait de “Brain Police”. D’autres extraits de l’album (et du premier, ci-dessus), sur le site de Bureau B.]

This second album is much stronger than the first one, and there’s one main reason for that: Rosko Gee is gone. His Donna Summers-like voice has been replaced by a spoken word artist with a down-to-earth attitude, Sheldon Ancel. The disco feel is gone, replaced by a more experimental aspect. The music remains very much in the krautrock realm - it’s very Can-like: repetitive, exploratory inside the beat dictated by Liebezeit and complemented by Olek Gelba. The dub influence is stronger here (“E.F. 1”). Ancel’s lyrics are interesting and his performances are a perfect fit with the style developed by the band. A nice surprise, almost a revelation. Can fans who weren’t aware of Phantom Band should run to this particular record. [Below: An excerpt of “Brain Police.” More audio samples from the album (and the first one too, see above) on Bureau B’s website.]

http://www.bureau-b.com/Snippets/PhantomBand/BrainPoliceSn.mp3