Portail du journalisme et de l'activisme musical de François Couture.

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2014-03-31

2014-03-26: Mike Cooper, Friedl/Vigroux, Azeotrop/Profos

Journal d'écoute / Listening Diary 
2014-03-26

MIKE COOPER / New Globe Notes (No-Fi)
No-Fi a publié un nouvea disque de Mike Cooper, constitué de matériel publié par l’artiste au début des années 2000. L’album vient de paraître sur vinyle accompagné d’un livret de 32 pages, mais je n’ai vu ni l’un ni l’autre, n’ayant reçu qu’un téléchargement sans même le livret. L’album est très intéressant, comme tout ce que j’ai entendu de Cooper à ce jour, et propose un mélange d’exotica hawaïenne et d’électronique expérimentale ambiante – on vogue à la dérive sur des vagues de lapsteel, accompagné de chants d’oiseaux, entre autres choses. Cooper a beaucoup de musique dans ses coffres, des trucs du passé qui ont très peu circulé avant sa “redécouverte”. Souhaitons donc d’autres rééditions (ou recompilations) de ce genre.
No-Fi just released a new album by Mike Cooper. It consists of material previously self-released by the artist in the early 2000s. New Globe Notes is out on LP with a 32-page booklet, but I haven’t seen or read the real thing since all I received was a download link. Very interesting album, like everything I have heard by Cooper to this day, featuring a blend of Hawaiian exotica and ambient experimental electronica – you drift off on waves of lapsteel guitar accompanied by birdsongs, among other things. Cooper has a lot of little-circulated music in his drawers. Let’s hope for more reissues (or repackaging like this) in the future.

REINHOLD FRIELD & FRANCK VIGROUX / Tobel (La Muse en circuit – merci à/thanks to Dense Promotion)
Une solide composition de 36 minutes signée Reinhold Friedl (intérieur de piano) et Franck Vigroux (électroniques, synthés, bandes magnétiques), intersections de deux univers: l’acoustique et l’électronique analogique. Bruitiste de cœur mais silencieuse de forme, froide par moments, mais bien organisée, logique dirais-je, et très immersive. À écouter à haut volume .
A strong 36-minute composition by Reinhold Friedl (inside piano) and Franck Vigroux (electronics, synths, tapes), the intersection of two soundworlds: acoustic sounds, and analog electronics. Noise-based at heart, the music adopts a quiet form. Cold-sounding at times but well organized, logical I’d say, and deeply immersive. Listen at high volume.

AZEOTROP & FELIX PROFOS / Bock (Deszpot – merci à/thanks to Dense Promotion)
Azeotrop est un duo formé par le batteur Peter Conradin Zumthor et l’organiste Dominik Blum. Ce duo semble fonctionner de la même manière que Steamboat Switzerland, un autre group de Dominik Blum. En effet, Bock est une collaboration entre le duo et le compositeur Felix Profos, qui lui a écrit “Bock”, une suite aux influences rock-in-opposition et métal, aux rythmiques virtuoses. Intercalé aux mouvements de cette suite, on trouve des morceaux du duo nettement plus ambiants. Il y a vraiment une adéquation presque parfaite entre ce disque et ceux de Stemboat Switzerland (moins la basse de Marino Pliakas, ce qui n’est pas rien). L’orgue Hammond si caractéristique de Blum trône au centre de la palette sonore du groupe, sale et menaçante à souhait.  [CI-dessous: Quelques courts extraits à écouter sur cette page en allemand.]
Azoetrop is a duo consisting of drummer Peter Conradin Zumthor and organ player Dominik Blum. Their modus operandum is very similar to Steamboat Switzerland, Blum’s better known band. Bock is a collaboration betwee the duo and composer Felix Profos, who wrote “Bock,” a suite influenced by rock-in-opposition and heavy metal, featuring high-octane rhythms. Wedged between the suite’s movements are much more ambient numbers written (or improvised) by the duo. There is near-perfect identity between this album and Steamboat Switzerland’s own (minus Marino Pliakas’s bass, which actually makes quite a difference). Blum’s unique Hammond organ work takes the entire center stage, with its growling, threatening sound.  [Below: This German-only page has a few audio snippets to offer.]


2013-08-06

2013-08-05: Heberer/Kaufmann, Deer, Feichtmair/Winter/Pröll, Klimperei


Journal d'écoute / Listening Diary 
2013-08-05

THOMAS HEBERER & ACHIM KAUFMANN / Knoten (Red Toucan)
Session studio entre le trompettiste Thomas Heberer et le pianiste Achim Kaufmann qui, s’avèrent-ils, ont partagé leurs années formatrices en jazz créatif, à l’adolescence. Voici leur premier enreigstrement ensemble, trente ans plus tard. Compositions racées, qui n’ont pas peur de dire peu (à certains moments, le dépouillement de l’écriture rappelle Natsuki Tamura). Cela dit, Knoten n’est pas une œuvre minimaliste, mais on y prend le temps d’articuler les idées et de laisser la place à l’autre. Le chimie opère.
Studio session between trumpeter Thomas Heberer and pianist Achim Kaufmann who, so it happens, shared their formative years in creative jazz as young adults. This is their first recording together, thirty years later. Sophisticated compositions that aren’t afraid to say little – at times, their stripped-down nature reminds me of Natsuki Tamura’s writing). That being said, Knoten is not a minimalist work, but the music takes its time to fully articulate ideas, and the players leave ample room for the other. Magic at work.

DEER / One (Dezpot)
Hmm... Deer est un trio de clarinettes basses: Silber Ingold, Hans Koch et Christian Müller. One consiste en une seule pièce de 40 minutes qui, elle même, consiste en une seule note, soufflée par les trois clarinettes basses, et passée à travers de multiples effets afin de créer un bourdon évolutif. Un exercice de style, en quelque sorte, plutôt réussi. Facile de monter le son et de plonger dans cet univers vrombissant, d’y demeurer lové et d’écouter attentivement pour percevoir les modulations.
Hmm... Deer is a trio of bass clarinettists: Silber Ingold, Hans Koch, and Christian Müller. One consists of a single 40-minute piece itself consisting of a single note, blown by all three bass clarinets, and sent through various electronic effects to produce a slowly changing drone. A call it an exercise in style, and a rather successful one at that. It’s easy to turn up the volume and get sucked into this soundworld, to stay comfortably tucked into it and to listen attentively to the subtle changes.

TANJA FEICHTMAIR, ULI WINTER & FREDI PRÖLL / Trio Now! (Leo Records)
Trio d’improvisation libre, avec des musiciens avec lesquels je suis peu familier : la saxophoniste Tanja Feichtmair, le batteur Fredi Pröll et le violoncelliste Uli Winter. Trio Now! est une session studio de qualité, mais elle manque de caractères distinctifs. Les impros sont plutôt vives, colorées, pas toujours parfaitement cohérentes. La finale “Over the Rainbow”, où les trois musiciens massacrent, à la voix et aux instruments, la classique chanson du Magicien d’Oz, amène un sourire, mais elle ne résistera pas à plusieurs écoutes.
Free improvisation trio featuring musicians with whom I am unfamiliar: sax player Tanja Feichtmair, cellist Uli Winter, and drummer Fredi Pröll. Trio Now! is a quality studio session, but it lacks distinctive traits. The music is mostly lively, colourful, not always perfectly coherent. The finale “Over the Rainbow”, where all butcher the classic Wizard of Oz song with their voices and instruments, brings a smile, but it won’t resist to repeated listens.

KLIMPEREI / IWM (1): Improvisation with Myself (In Poly Sons)
Klimperei a publié cinq volumes dans cette série, entre 2008 et 2010, puis ils ont été colligés en un coffret aussi élégant qu’il est simple. Je viens de recevoir ce coffret, mais, puisque les disques sont parus séparément, je vais les chroniquer individuellement. Et ça commence sur les chapeaux de roue avec ce splendide disque. Mon Klimperei préféré à ce jour, je crois. Christophe y est en grande forme, seul avec lui-même, à accumuler couche sur couche d’instruments jouets et de sources sonores déglinguées pour former des chansons, des instrumentales et des textures qui coulent de source tout en demeurant toujours un tantinet étrange. L’album comporte 40 pistes, mais souvent on a l’impression qu’il s’agit d’une longue suite musicale – les enchaînements sont paufinés au quart de tour, et l’ensemble est porté par une cohérence qui suscite l’admiration. Bravo.  [Ci-dessous: “Le pochon de M. Chabert”.]
Klimperei released five volumes in this series, between 2008 and 2010, then collected them in a simple yet elegant box set. I just received said box set, but I will review the CDs separately, since they were released that way. And things are to a fantastic start with volume 1. My favourite Klimperei album yet. Christophe is in great shape, accumulating layer upon layer of toy and misfit instruments to make songs, instrumentals, and textures that always sound natural yet a bit off-kilter. The album features 40 tracks, but they often feel like parts of a long suite – segues are tight, and the whole endeavour sports a level of cohesion that inspires respect. Congrats!  [Below: “Le pochon de M. Chabert.”]

2013-02-12

2013-02-11: Mary Ellen Childs, David Fenech, Brokeback, Dürig/Müller/Heierli/Weber, Marc Lardon


Journal d'écoute / Listening Diary 
2013-02-11

Une œuvre en 18 parties, pour clarinette, violon, deux violoncelles et percussions, commandée à la compositrice américaine Mary Ellen Childs par Black Label Movement, une compagnie de danse. L’œuvre rappelle les tensions qui habitaient Dream House: mélodies torturées par leur contexte (un huis clos dans le dernier compartiment étanche d’un navire qui a coulé), jeux rythmiques s’approchant parfois de la musique populaire ou électronique, travail en profondeur sur des situations émotivement extrêmes. Le côté fragmentaire de cette suite (18 mouvements en 54 minutes) me laisse un peu sur ma faim, certaines idées ayant mérité un plus long développement (“Chant”, “Touching”), mais pour le reste, c’est une œuvre poignante et inventive.  [Ci-dessous: La pièce d’ouverture, “Anat”.]
An 18-part work for clarinet, violin, two cellos and percussion, commissioned from US composer Mary Ellen Childs by the dance company Black Label Movement. The work recalls the tensions that inhabited Childs’ Dream House: melodies tortured by their environment (here: the last watertight compartment of a sunk boat), rhythmic plays getting at times close to pop music or electronica, in-depth work on emotionally extreme situations. The fragmented nature of the suite (18 movements in 54 minutes) leaves me a bit wanting, for some ideas deserved a longer development (“Chant,” “Touching”). Otherwise, Wreck is a poignant piece of creative chamber music.  [Below: The opening track “Anat.”]

DAVID FENECH / Grand Huit (Gagarin Records - merci à/thanks to Dense Promotion)
Gagarin Records publie une version remasterisée et légèrement et revue d’un album de l’auteur-compositeur-interprète David Fenech, paru à l’origine en 2000. L’univers de Fenech rappelle celui de Ghédalia Tazartes: collages de fragments de chansons (souvent dans une langue inventée), de dialogues fantaisistes, d’enregistrements de terrain, avec maints revirements de situation. Grand Huit adopte une forte tangeante psychédélique, tout en demeurant profondément inclassable et éminemment français dans son humour et sa fantaisie.
Gagarin Records is releasing a remastered and slightly revised version of a 2000 album by singer-songwriter-composer David Fenech. Fenech’s universe recalls Ghédalia Tazartes’s: collages of fragments of songs (often sung in a made-up language), strange dialogues, field recordings, with lots of unexpected twists and non sequiturs. Grand Huit has a strong psychedelic flavour, but it remains deeply unclassifiable yet eminently French through its humour and fancy.

BROKEBACK / Brokeback and the Black Rock (Thrill Jockey - merci à/thanks to Dense Promotion)
Douglas McCoombs, le bassiste de Tortoise, est de retour avec un nouvel album de son projet Brokeback, le premier en plus de dix ans. Rock instrumental cinématique, pièces parfois longues, à développement lent et aérien, sans les guitares texturales du post-rock. Il y a même parfois un petit côté twang à cette musique (“Who is Bozo Texino?”). Agréable, mais ça manque de substance.
Tortoise bassist Douglas McCoombs is back at the helm of his side project Brokeback, with a new album, the first in over a decade. Cinematic instrumental rock, occasionally long tracks, slow developing, aerial music, minus post-rock’s textural guitars. This album sounds clean-shaven, with an occasional twist of twang (“Who is Bozo Texino?”). Enjoyable, but a little in substance.

REGINA DÜRIG, CHRISTIAN MÜLLER, FRANK HEIERLI & BENI WEBER / Inventuren (Deszpot)
Une nouvelle étiquette suisse, Deszpot, a publié ses deux premières parutions. Celle-ci est un projet poético-musical: la poétesse Regina Dürig récite ses textes (en allemand), accompagnée d’improvisations signées Christian Müller (clarinette contrebasse, électronics), Frank Heierli (violoncelle) et Beni Weber (percussions et électroniques). 24 poèmes courts, suivant tous une même forme: “[x] existe”. Les images sont riches, la réflexion profonde, mais la forme est hautement répétitive (je comprends peu de choses de l’allemand, mais on m’a fourni une traduction anglaise de quelques textes). La musique subit un processus de déconstruction au fil des 24 courtes pièces, allant d’une improvisation acoustique, presque mélodique, à un travail de plus en plus fragmenté, hachuré, pollué par les électroniques. La barrière linguistique est importante, mais le projet se tient.
A new Swiss label, Deszpot, just released their first two albums. This one is a poem/music hybrid. Poet Regina Dürig reads her poems (in German), backed by improvisations by Christian Müller (contrabass clarinet, electronics), Frank Heierli (cello) and Beni Weber (percussion, electronics). 24 poems, all cast in the same mold: “[x] exists.” Rich imagery, interesting ideas, but the form and the delivery are repetitive (I understand very little German, but I was provided with English translations of a few poems). The music goes through a deconstruction process in the course of these 24 short tracks, from acoustic and near melodic improvisation to increasinly fragmented, chopped works polluted by electronics. The language barrier is high, but the project is sound.
  
MARC LARDON / Mörder in der Pulvermühle (Deszpot)
Et voici l’autre de ces deux premières parutions pour Deszpot. Marc Lardon à la clarinette basse, clarinette contrebasse et aux électroniques. Pièces solos avec électroniques en temps réel et un peu de mise en boucle. Lardon a trouvé des environnements sonores simples mais originaux. De même, ses pièces demeurent souvent simples mais exploitent intelligemment ces environnements. À comparer avec le récent disque d’Alexandre St-Onge, qui soumet son signal de basse électrique au même genre de manipulations, avec un résultat nettement plus maniéré.  [Ci-dessous: La pièce “Traum” en concert.]
And here’s the other inaugural release for Deszpot. Marc Lardon on bass clarinet, contrabass clarinet, and electronics. Solo pieces with live electronics and some looping. Lardon has found simple yet original sonic environments. And his pieces are often simple yet they brilliantly draw the most out of these environments. Worth comparing to Alexandre St-Onge’s recent solo album of bass guitar and signal processing – same kind of approach, with much more affected and unnatural-sounding results.  [Below: A live performance of “Traum.”]