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2014-07-18

2014-07-17: The P-Project, Rich Halley 4, The National Jazz Trio of Scotland, Vera Kappeler, Carrier/Lambert/Lapin, Merzbow

Journal d'écoute / Listening Diary 
2014-07-17

THE P – PROJECT / Gravities (Creative Sources)
Groupe d’improvisation libre composé de Peter Alexius (guitare, boucles), Joe Hertenstein (batterie), Joker Nies (électroniques) et Sebastian Gramss (contrebasse). Gravities ne se conforme pas à l’approche microsonique de l’improvisation habituellement adoptée chez Creative Sources. On est ici dans un univers plus rock. Les couches sonores s’accumulent, se bousculent. Il ya du rythme, du bruit, on est plus proche du “jam” expérimental que de l’improvisation libre à l’européenne. En plus, les pièces sont courtes. Alignement intéressant, son d’ensemble bien maîtrisé. Ils me font penser aux italiens Scoolptures.
Free improvisation group consisting of Peter Alexius (guitar, loops), Joe Hertenstein (drums), Joker Nies (electronics), and Sebastian Gramss (doublebass). Gravities does not fit the usual approach to free improvisation championed by Creative Sources. This is more rock-oriented. Sound layers accumulate and fight for dominance. There’s rhythm, noise, we’re closer to an experimental jam session than European free improvisation. And tracks are short. Interesting line-up, well-developed group sound. They remind me of the Italian band Scoolptures.

RICH HALLEY 4 / The Wisdom of Rocks (Pine Eagle)
Prolifique, le saxo ténor Rich Halley. Même quartet de jazz (Michael Vlatkovitch, Clyde Reed, Carson Halley), nouveau répertoire. Halley maintient le cap avec son jazz plutôt hard-bop aux élans free jazz. La pièce titre et “Of Fives and Sixes” se détachent du lot en raison de l’écriture et du jeu d’ensemble. Pour le reste, c’est bon mais sans surprises.
Tenor sax player Rich Halley is a prolific guy. Same jazz quartet (w/ Michael Vlatkovitch, Clyde Reed, Carson Halley), new material. Halley stays on the same course with his rather hard-bop jazz crossed with free jazz. The title track and “Of Fives and Sixes” stand out, thanks to tighter writing and rounder group playing. The rest is good but a bit more of the same.

THE NATIONAL JAZZ TRIO OF SCOTLAND / Standards Vol. III (Karaoke Kalk)

À ce stade, vous devriez déjà savoir que ce projet de Bill Wells n’est ni un trio, ni jazz, qu’il n’est écossais qu’en partie et qu’il n’a pas reçu de distinction “nationale”. D’ailleurs, il ne joue pas de “standards”, quoi que sur ce nouvel opus (son troisième, voilà au moins quelque chose de vrai), les chansons adoptent une forme standard. Leur exécution l’est moins, par contre: Wells joue des échantillons. Et cette fois il est accompagné de trois chanteuses, point à la ligne. L’album consiste en une dizaine de chansons qui allient la fragilité de Robert Wyatt au détachement de Donna Regina. C’est joli, précieux et limité à sa plus simple expression. C’est aussi diantrement efficace. [Ci-dessous: La si bonne et wyattienne “Surprising Word”.]
At this point, you should already know that this project led by Bill Wells is neither a trio nor a jazz outfit, that it’s only partially Scottish, and that it hasn’t received a national endorsement. Also, it doesn’t play standards, although the songs on this new opus (its third, that at least is true) are written in a standard format. Their execution isn’t standard though: Wells plays only samples, and he is only backed by three female lead singers. The album consists of ten songs that blend Robert Wyatt’s fragility with Donna Regina’s detachment. Pretty, precious, stripped down, and surprisingly effective. [Below: “Surprising Word,” so pretty and Wyatt-like.]

VERA KAPPELER / O Hett I Flügel (Veto Records)
La pianiste Vera Kappeler dans un programme d’airs de Paul Burkhard (compositeur d’opérettes suisse) revus et corrigés. Certains morceaux sont réarrangés en profondeur, modernisés, mais il reste suffisamment de leur essence pour se sentir en pleine période de l’après-guerre. Un seul morceau s’éloigne nettement de sa source, et c’est l’air le plus connu de Burkhard, “O Mein Papa”, interprété au piano préparé. Quelque chose de vétuste et de kitsch émane de ce projet; je ne suis pas sûr d’aimer. En fait, Kappeler ne réussit pas à me convaincre que ce répertoire mérite une telle attention.
Pianist Vera Kappeler in a program of tunes by Swiss operetta composer Paul Burkhard. Some pieces have been extensively rearranged and modernized, but there is enough of their essence remaining to feel back in the post-WW2 era. Only one track strays far away from its source, and it’s Burkhard’s best-known tune “O Mein Papa,” performed on a prepared piano. There is something antiquated and kitsch emanating from this project, and I’m not sure I like it. Actually, Kappeler did not manage to convince me that this repertoire deserves such attention.

FRANÇOIS CARRIER, MICHEL LAMBERT & ALEXEY LAPIN / The Russian Concerts Volume 1 (FMR Records)
On m’a remis ce disque au FIMAV 2014. Admettons d’emblée qu’il est nettement supérieur à la prestation de Carrier et Lambert au dit festival. Enregistré devant public en avril 2013, ce disque saisit en haut vol ce trio maintenant bien établi. Belle écoute, lyrisme, angles d’approche variés, concentration dans le jeu mais fluidité dans les interactions. Un très bon crû, meilleur qu’une partie du matériel de ce trio disponible sur Leo Records.
I was given this CD at FIMAV 2014, and it is much better than Carrier and Lambert’s performance at FIMAV. Recorded live in April 2013, it captures this now well-established trio in full flight. Nice listening, lyricism, varied musical angles, focused playing, fluid interacting. A very good one, better than some of the material this trio released on Leo.

MERZBOW / Ikebukuro Dada (Circumvent Recordings)
Je suis revenu du FIMAV avec cet achat, un Merzbow de 2002 tout à fait génial. J’aime Merzbow, depuis longtemps, et il est extrêmement prolifique, tout le monde le sait. Pourtant, de temps en temps, il réussit encore à me surprendre, comme avec Ikebukuro Dada, un disque où il fait grand usage d’échantillons de musique classique (ou contemporaine?), et de manière déstabilisante – des insertions brutales, des boucles mal emboîtées, bref des moments de bonheur saisissants. Après une écoute, ce disque s’est catapulté dans mon top 5 des meilleurs Merzbow. [Ci-dessous: “Big Foot (Mix 2)”.]
I came back from FIMAV with this Merzbow CD from 2002 in my bags. It’s wonderful. I love Merzbow. I’ve loved for a long time. And you know how prolific he is. And yet, from time to time, he still manages to surprise me, like with this Ikebukuro Dada, a record where he often uses classical/contemporary music samples in destabilizing ways – brutal insertions, claudicating loops, striking moments of joy. After a single listen, this one has already found a place in my Merzbow all-time top 5. [Below: “Big Foot (Mix 2).”]


2014-01-23

2014-01-22: VocColours/Lapin, Blazing Flame, Matthias Schubert, Matière foetale, Dva

Journal d'écoute / Listening Diary 
2014-01-22

VOCCOLOURS & ALEXEY LAPIN / ZvuKlang (Leo Records)
“Zvuk” signifie son dans plusieurs langues slaves. Et “Klang” signifie aussi son en allemand. ZvuKlang, donc, puisque le pianiste Alexey Lapin est russe et que le quatuor de vocalistes VocColours est allemand. Très beau disque enregistré en concert à St-Pétersbourg. VocColours, c’est deux hommes et deux femmes qui pourraient bien avoir étudié avec Phil Minton (ou Lauren Newton). La magie opère parfaitement avec Lapin, au style si ample, si volubile parfois, qu’il réussit constamment à maintenir une présence équilibrée devant ces quatre voix. La pièce titre est un petit bijou d’improvisation alliant techniques non idiomatiques, rythme et pur délir. Par contre, “Angst vor Gespenstern” va trop loin dans la répétition d’une cellule rythmique et devient lassante. Les trois autres pièces se situent entre ces deux extrêmes, faisant de ZvuKlang un disque fort apprécié. Une autre réussite au catalogue de Lapin, et VocColours est une belle découverte – je ne connaissais pas ce groupe.  [Ci-dessous: un extrait de l’album.]
“Zvuk” means sound in several Slavic languages. And “Klang” also means sound in German. So we have ZvuKlang, a collaboration between Russian pianist Alexey Lapin and German vocal quartet VocColours. A beautiful CD recorded live in St. Petersburg. VocColours consists of two male and two female singers, and they could have all studied under Phil Minton (or Lauren Newton). It’s a perfect match between them and Lapin, whose ample and often talkative style allows him to maintain a strong presence throughout in front of these four voices. The title track is a wonderful improvisation that draws on non-idiomatic techniques, rhythm, and pure delirium. On the other hand, “Angst vor Gespenstern” goes repeats the same rhythmic cell too often and grows tiresome. The other three pieces fall in-between these extremes, which makes ZvuKlang quite an engaging listen. Another success in Lapin’s discography, and VocColours makes a fine discovery – I hadn’t heard of them before.  [Below: A short sample of the album.]

BLAZING FLAME / Play High Mountain Top (Leo Records)
Blazing Flame est un projet du poète Steve Day, dont les albums solos chez Leo m’ont peu intéressé. Or, cette fois son groupe gagne quelques pointures, notamment Keith Tippett et Julie Tippetts, ce qui m’a motivé à porter une oreille attentive. Play High Mountain Top est meilleur que ses disques précédents, mais j’ai toujours de la difficulté avec sa livraison. C’est simple, je n’aime pas son ton de voix. Ce qui n’enlève rien aux textes, fort bien tournés, ni à l’accompagnement musical, très solide. Julie vocalise autour des lignes de Day, ce qui les enrichit. Mais, tant qu’à ça, je préfère ses disques (à Julie Tippetts) avec Martin Archer.
Blazing Flame is a project led by poet Steve Day, whose solo albums on Leo didn’t win me over. This time, though, his backing back is augmented with top names like Keith Tippett and Julie Tippetts. And that’s what decided me to pay attention. Play High Mountain Top is indeed better than Day’s previous releases, but I still have trouble with his vocal delivery. Put simply, I don’t like his voice. However, the poems are quite interesting, and the music is strong. Julie vocalizes around Day’s lines, enriching them. But I prefer her albums with Martin Archer by a large margin.

MATTHIAS SCHUBERT / 9 Compositions for the Multiple Joy[ce] Ensemble (Red Toucan)
Hier, je chroniquais un duo entre Matthias Schubert et Simon Nabatov. Cette autre nouveauté, chez la montréalaise Red Toucan cette fois, est une toute autre histoire. Une histoire foutument réussie, d’ailleurs. Ici, Schubert ne joue pas, mais il dirige un ensemble de onze musiciens à travers neuf de ses compositions. L’ensemble, entièrement acoustique (sauf pour une guitare électrique), est très relevé et compte parmi ses rangs, entre autres, Scott Fields, Frank Gratkowski et Philip Zoubek. Chaque morceau rend hommage à un compositeur ou un musicien et met en vedette un soliste. Ces hommages vont plutôt loin dans l’évocation de l’esprit de l’hommagé, ce qui donne une belle diversité stylistique au projet… et des jumelages étonnants. Comme Fields dans un solo spasmodique à la Fred Frith; Gratkowski dans des incantations braxtoniennes; le clarinettiste Holger Werner qui parle le langage de Boulez et de Stravinski. Travail poussé au niveau de l’écriture, interprétation riche, solide chevauchement entre composition et improvisation. Un grand crû.
Yesterday I reviewed a duo between Matthias Schubert and Simon Nabatov. Today’s CD is a new release from Montreal-based label Red Toucan, and it’s a very different beast. This time, Schubert left his saxophone at home; he is conducting an eleven-piece ensemble through nine of his compositions. The ensemble, entirely acoustic (except for an electric guitar) is staffed with top-shelf improvisers like Scott Fields, Frank Gratkowski, and Philip Zoubek. Each piece pays tribute to a composer or musician and has a featured solist. These homages go deep into evocating the homaged’s spirit, which gives us a stylistically varied record… and surprising pairings. Like Fields in a spasmodic solo a la Fred Frith; Gratkowski conjuring Anthony Braxton; or clarinettist Holger Werner channeling the soul of Boulez and Stravinsky. Deep and thoughtful composition work, rich interpretation, and a strong balance between written material and improvisation. Don’t miss this one, it’s a keeper.

MATIÈRE FOETALE / Matière foetale (Be Coq)
Un quatuor français, de Lille, saxo-guitare-basse-batterie, qui s’inspire du jazz actuel punché et d’un rock progressif sale, un peu RIO sur les bords. Écriture intéressante, à la fois jazz et rock sans jamais sonner jazz-rock, puissante mais bien élevée, complexe sans se perdre dans l’hermétisme. Très prometteur en fait. Moments forts: “Le sang qui bout” et “7 minutes 38 au sein d’un élevage industriel de porcs”.  [Ci-dessous: Deux extraits de l’album en écoute libre, dont “7 minutes 38…”]
A French quartet, from Lille, sax/guitar/bass/drums. They draw from punchy avant-jazz and dirty prog rock, with a touch of RIO. Interesting writing, both jazz and rock but never getting close to jazz-rock stylings, powerful yet well-educated, complex without getting lost in its own hermeticism. Quite promising debut, in fact. Highlights: “Le sang qui bout” and “7 minutes 38 au sein d’un élevage industriel de porcs.”  [Below: Two tracks available for streaming, one of them being “7 minutes 38…”]

DVA / Nipomo (Label Home Table)
Le duo tchèque Dva s’offre pour son quatrième album, une première distribution nord-américaine. Une occasion qui arrive à point nommé: Nipomo marque un sommet dans leur carrière. Chansons naïves aux constructions savamment bancales, dans une langue inventée qui évoque simultanément Sigur Rós et la pop naïve japonaise. L’album est court, les chansons sont courtes, le tout passe tout seul et vous accroche un sourire au visage. Les albums précédents de Dva (chez Indies) étaient agréables mais sans plus. Je sais déjà que celui-là restera longtemps dans la voiture pour contrer la conduite hivernale.
Czech duo Dva has found north-american distribution for their fourth CD – awesome opportunity, for Nipomo is significantly better than their previous opuses. Naïve songs carefully put together in haphazard ways, sung in a made-up language that brings to mind both Sigur Rós and naive Japanese pop. Short album, short songs, and the whole thing goes down easily and puts a smile on your face on the way. Dva’s previous albums (released by Indies) were nice but didn’t have lasting power. However, I already know that Nipomo will spend a long time in the car to counter the vagaries of winter driving.


2013-08-02

2013-08-01: Bystrov/Bledsoe/Lapin, Kruglov/Lapin/Sooäär/Yudanov


Journal d'écoute / Listening Diary
2013-08-01

VLADY BYSTROV, HELEN BLEDSOE & ALEXEY LAPIN / Triologue (Leo Records)
Un trio d’improvisation libre très éloquent, très convaincant aussi. Le saxophoniste Vlady Bystrov et le pianiste Alexey Lapin ont beaucoup travaillé ensemble (pensons à leur disque en duo Rimsky-Korsakov: Crosswise). Helen Bledsoe a aussi croisé le fer de sa flûte avec Lapin, dans des contextes moins concluants. Mais ici, dans ce concert capté en début d’année à Saint-Pétersbourg, ces trois musiciens coalescent en une splendide force créative. Huit improvisations courtes (dont il faut retenir “Credo” et “Monologues”), deux de plus qui dépassent à pein les dix minutes (“The Inner Spaces” est un must), une qualité d’interaction et un partage de l’espace musical irréprochables.  [Ci-dessous: Un court extrait de l’album.]
A very eloquent and convincing free improvisation trio. Sax player Vlady Bystrov and pianist Alexey Lapin have worked a lot together (they even have a duo CD, Rimsky-Korsakov: Crosswise). Flutist Helen Bledsoe has also worked with Lapin before, although in less conclusive settings. But here, in this St. Petersburg concert from January 4th, 2013, these three musicians coalesce with splendid creative strength. Eight short improvisations (“Credo” and “Monologues” are the best ones) and two more barely above the ten-minute mark (“The Inner Spaces” is a must), with irreproachable interaction and sharing of the musical space.  [Below: This is a short sample of the album.]

ALEXEY KRUGLOV, ALEXEY LAPIN, JAAK SOOÄÄR & OLEG YUDANOV / Military Space (Leo Records)
Les deux Alexey sont les étoiles russes de la constellation Leo Records et ils font des étincelles lorsqu’ils sont ensemble. Enregistré en concert en novembre 2011, Military Space est tout le contraire de Triologue: ici, l’improvisation est sale, bruyante, poussée par la testostérone. On s’écoute moins et on en remet. Du coup, l’album est moins réussi, mais on y trouve son compte, à cause de la puissance du jeu de Kruglov (la réponse russe à Mats Gustafsson), de la créativité du guitariste Jaak Sooäär, et de cette finale spontanée, “Triumph”, qu’on jurerait écrite.
The Alexeys are the Russian stars in the Leo Records constellation, and when they play together, sparks fly. Recorded live in November 2011, Military Space is the complete opposite of Triologue: here, the free improvising is dirty, noisy, and testosterone-driven. The musicians listen less to each other and play more. The album is less successful artistically-speaking, but there’s plenty to like in it, thanks to Kruglov’s powerful sax playing (he is Russia’s answer to Mats Gustafsson), guitarist Jaak Sooäär’s creativity, and the spontaneous finale “Triumph” which sounds just like it was through-composed.

2012-04-24

2012-04-23: Kruglov/Lapin/Yudanov, Copernicus, Centrozoon


Journal d'écoute / Listening Diary 
2012-04-23

ALEXEY KRUGLOV, ALEXEY LAPIN & OLEG YUDANOV / Impulse (Leo Records)
Les deux grandes vedettes actuelles de l’étiquette Leo Records se rencontrent. Un pairage inévitable, espéré, attendu... et réussi. Impulse est un enregistrement récent devant public (septembre 2011). La qualité sonore est correcte (le son manque de punch dans les basses) et la performance solide. On a droit à des compositions du pianiste (Alexey Lapin) et du saxophoniste (Alexey Kruglov, dont son inévitable “The Ascent”), ainsi qu’à des improvisations libres. Oleg Yudanov (batteur de Jazz Group Arkhangelsk) s’amuse visiblement, utilisant ici des percussions de main pour créer des textures, se déchaînant là en pure mode free jazz.
Leo Records’ two biggest current stars meet – an expected and successful match-up. Impulse is a live recording from September 2011. Sound quality is okay, but lacks weight in the low end. The set list includes compositions by pianist Alexey Lapin and sax player Alexey Kruglov (including the unavoidable “The Ascent”), plus free improvisations. Oleg Yudanov (Jazz Group Arkhangelsk’s drummer) is clearly having fun, here using hand percussion to create textural moods, there going nuts in pure free jazz style.

COPERNICUS / Victim of the Sky (Nevermore - merci à/thanks to Moonjune Records)
Copernicus se produira bientôt sur la scène du FIMAV et j’ai bien hâte de voir cette créature en chair et en os. Entretemps, l’étiquette Nevermore poursuit son programme de réédition du catalogue du poète-performeur. Victim of the Sky (1987) est le deuxième album de Copernicus. Moins cru que Nothing Exists, mais encore très punk dans l’attitude. Je préfère largement les derniers disques de Copernicus à ses premiers, pour deux raisons principales: la force des textes et l’absence de chansons comme “Desperate” sur ce disque. Alors oui, l’écriture est ici plus faible, en général, mais on trouve “The Lament of Joe Apples” qui mérite une place sur un best-of de ce fabuleux nihiliste hurleur. Sur une moins bonne note, j’ai détecté un blanc dans « In Terms of Money ». Il manque peut-être même une partie de la chanson.
Copernicus will be on stage at FIMAV pretty soon and I can’t wait to watch the beast in action. Until then, Nevermore carries on with its reissue schedule, and out comes (again) Victim of the Sky, the performer-poet’s second album (1987). Less raw than Nothing Exists, but still quite punk in attitude. I much prefer Copernicus’s latest efforts to his early albums, for two main reasons: lyrical depth and the absence of songs like “Desperate” found on this record. So yes, the writing is weaker in general on this platter, though Victim of the Sky includes “The Lament of Joe Apples”, which deserves a place on a Copernicus best-of. On a less good note, my copy has an audio blackout in “In Terms of Money”; there might even be part of the track missing.

CENTROZOON / Boner (Unsung Records - merci à/thanks to Dense Promotion)
Centrozoon: un trio d’électronique expérimentale aux reins très solides, une équipe du tonnerre: Bernhard Wöstheinrich, Markus Reuter et Tobias Reber. Ce nouvel opus, Boner, est profonde galette d’une heure, aux ramifications complexes, aux références obliques et multiples. Dense et peu dansnt, riche sans être particulièrement ornementé. Beaucoup de chair, peu de gras et un os à la moëlle substantifique.
Centrozoon: a heavy-weight experimental electronica trio, a true dream team: Bernhard Wöstheinrich, Markus Reuter, and Tobias Reber. This new opus called Boner is a deep one-hour platter with complex ramifications, oblique and multiple references. Dense, not dance-like, rich though no bling about it. Lots of meat, little fat, and a substantial bone in the middle.

2012-02-17

2012-02-16: Esmerine, Carrier/Lambert/Lapin, Dan Stearns, Émile Goué

Journal d'écoute / Listening Diary 
2012-02-16

ESMERINE / If Only a Sweet Surrender to the Nights to Come Be True (Resonant/Madrona)
Le premier album d’Esmerine, paru en 2003. Avant celui-ci, je n’avais entendu que le plus récent, La Lechuza. Disons que If Only a Sweet Surrender to the Nights to Come Be True est une parfaite mise en bouche. Le duo de Becky Foon (violoncelle) et Bruce Cawdron (percussions) se crée un univers évoquant la musique de chambre, le post-rock et la musique de film. L’omniprésence du violoncelle et du vibraphone évoque l’univers de Jorane, croisé avec celui de Godspeed You Black Emperor/Set Fire to Flames. Quelques invités viennent varier le menu. Une belle réussite pour un premier album, avec déjà la grâce et l’intelligence en place, sans encore la charge émotive de La Lechuza.
Esmerine’s debut album, released in 2003. I had only heard their latest, La Lechuza, before this one. If Only a Sweet Surrender to the Nights to Come Be True makes a great hors-d’œuvre. The duo of Becky Foon (cello) and Bruce Cawdron (percussion) build a soundworld reminiscent of chamber music, post-rock, and film music. The omnipresence of cello and vibes bring to mind Jorane’s universe crossed with Godspeed You Black Emperor/Set Fire to Flames. A handful of guests bring variety to the plate. A fine debut that already has the grace and intelligence of La Lechuza, but not yet its emotional charge.

FRANÇOIS CARRIER - MICHEL LAMBERT - ALEXEY LAPIN / In Motion (Leo Records)
Troisième disque chroniquant le voyage russe du saxophoniste François Carrier et du batteur Michel Lambert, deux Québécois, en décembre 2010. In Motion a été enregistré en concert, le lendemain du concert immortalisé sur All Out (frais sorti chez FMR), lui même donné le lendemain d’une session studio parue chez Leo sous le titre Inner Spire. In Motion est évidemment très comparable aux deux disques précédents. Du jazz improvisé vif, parfois extatique, souvent lyrique. Je crois que je recommanderais celui-ci avant les deux autres, mais, honnêtement, pour tirer la chose au clair, il faudrait que je réécoute les trois d’un trait.  [Ci-dessous: Un extrait de l’album.]
A third CD chronicling the Russian journey of Quebecois sax player François Carrier and drummer Michel Lambert in December 2010. In Motion was recorded live the day after the concert preserved on All Out (just out on FMR), itself performed the day after a studio session released on Leo as Inner Spire. In Motion is obviously very similar to the previous two albums. Improvised jazz, quite lively, even ecstatic at times, often lyrical. I think I would recommended this one over the other two, although I would have to listen again to all three in a row to sort them out.  [Below: A snippet from the album.]

DAN STEARNS / Golden Town (Spectropol Records)
Avec Golden Town, Dan Stearns propose 14 pièces électroacoustiques où s’entrechoquent mélodies instrumentales et textures abstraites, en un cinéma pour l’oreille confus. Quelques belles idées de transformations sonores, certains agencements intéressants, mais le tout devient monotone à force d’empiler les idées. Certains passages rappellent les dérives électroambiantes de Hollydrift et Stylus, alors qu’ailleurs on pense au maximalisme déconstruit-reconstruit de Berger Rond. Au final, c’est un disque très moyen qui risque de fermer plus d’oreilles aux musiques expérimentales qu’il n’en ouvrira.
With Golden Town, Dan Stearns delivers 14 electroacoustic pieces where instrumental melodies and abstract textures collide in a confused form of cinema for the ear. There are some nice sound transformation ideas, and some interesting pairings, but as a whole the accumulation of unrelated ideas grows tiresome fast. Some passages are reminiscent of Hollydrift and Stylus’s ambient electronica drifts, while elsewhere I am reminded of Berger Rond’s deconstructed/reconstructed maximalism. In the end, this is a mediocre record that will probably close more ears to experimental music than it will open.

ÉMILE GOUÉ / L’Œuvre pour piano, volume 2 (Azur Classical)
C’est la première fois que j’entends ou même dont j’entends parler d’Émile Goué, compositeur français, 1904-1946. À l’écoute de ce second volume d’œuvres pour piano, il mérite qu’on s’attarde à lui. Les pièces réunies ici évoquent un mariage entre Satie et les sérialistes. Le “Thème et variations” est puissant, ombrageux. La “Sonate pour piano” présente des harmonies osées pour l’époque et encore efficaces. Partout, on sent des idées claires développées avec soin. Seul reproche: Goué prend trop plaisir à souligner les dissonnances à gros trait, comme si chacune était marquée d’un fortissimo – à moins que ce ne soit un choix de la pianiste Diane Andersen.
This is my first encounter with French composer Émile Goué (1904-1946). Listening to this second volume of solo piano works, I feel the man deserves some attention. The works culled here bring to mind a crossroads between Satie and the Serialists. “Thème et variations” is a powerful, cloudy piece of music. The “Sonate pour piano” features harmonies that were bold back then and are still gripping today. Everywhere, I can sense clear ideas being carefully developed. My only criticism: Goué emphasizes dissonances too much, as if tagged each one with a fortissimo – unless that comes from pianist Diane Andersen’s interpretation.

2012-02-03

2012-02-02: Sabrina Siegel, Brent Fariss, Carrier/Lambert/Lapin, Sonolumina

Journal d'écoute / Listening Diary 
2012-02-02

Une heure d’improvisations expérimentales sur basse électrique et bouchons de bouteille. Enregistré avec les moyens du bord - qualité sonore correcte mais sans plus, montage raide. Cela dit, l’approche de Siegel est différente et pas dénuée d’intérêt. La basse est utilisée comme source sonore, comme objet préparé. Et les deux pièces jouées sur bouchons de bouteille sont réussies - la dame sait faire beaucoup avec peu.
One hour of experimental improvisations on electric bass and bottlecaps. Recorded with limited means - the sound quality is okay, and the editing job is hasty. That being said, Siegel’s approach is different and not without interest. She uses the bass as a sound source, a prepared object. And the two tracks played using only bottlecaps are successful – the lady knows who to achieve a lot with very little.

BRENT FARISS / Four Environments…Collapsing (Kendra Steiner Editions)
Brent Fariss joue de la contrebasse, mais il est surtout un compositeur de musique électroacoustique mixte - à défaut d’un autre terme. Les quatre pièces d’une quinzaine de minutes chacune sont des montages de sources sonores diverses. Par exemple, la pièce titre fait appel à 4 contrebasses enregistrées dans des environnements variés, des enregistrements de terrain et des ondes sinusoïdales. On n’y entend aucune note réelle de contrebasse. Tout le matériel est bruit sur bruit, textural, des compositions sonores fascinantes mais exigeantes - souvent l’environnement sonore de l’enregistrement prend le pas sur l’instrument enregistré. J’ai été décontenancé. Quelque chose sonne vrai sur ce disque. Et j’aime son travail minutieux du larsen.
Brent Fariss plays the contrabass, but he is mostly a mixed electroacoustic music composer – for lack of a better term. The four 15-minute pieces featured here are montages of various sound sources. For instance, the title piece is for 4 contrabasses recorded in multiple environments, field recordings and sine waves. There’s not a single “proper” bass note. All the material is noise-based, textural. Fascinating and demanding compositions – often the recording environment is louder than the instrument itself. I’m puzzled. Something on this record sounds very true. And I like the delicate work with feedback.

FRANÇOIS CARRIER - MICHEL LAMBERT - ALEXEY LAPIN / All Out (FMR Records)
All Out a été enregistré en concert, en Russie, le lendemain (20 décembre 2010) de la session studio entre les trois mêmes musiciens parue chez Leo Records sous le titre Inner Spire. Évidemment, la musique est dans la même continuité: un free jazz plutôt lyrique, très allumé. Le partage entre Carrier (saxo alto) et Lapin (piano) est parfois déséquilibré, mais lorsqu’ils s’entendent, ils sont parfaitement charmants, particulièrement dans “Of Breath” où Carrier cède gracieusement la place quelques instants au pianiste qui, graduellement en arrière-fond, a filé une toile harmonique splendide.
All Out was recorded live in St-Petersburg the day after (20 December 2010) the studio session featuring the same line-up and released by Leo Records as the CD Inner Spire. Obviously, the music here is in tune with the music there: a rather lyrical and uplifting form of free jazz. The balance between Carrier (alto sax) and Lapin (piano) is not always perfect, but where they get along, they get perfectly charming, especially in “Of Breath” where Carrier steps back for a moment to leave the spotlight on Lapin who has been gradually building up to a splendid harmonic frenzy.

SONOLUMINA / Solar Logos (Symbolic Insight)
Premier album pour Sonolumina, un duo mari et femme composé de Jewl Petteway (aka Bahiya) et Wesley Davis (aka biostatic). Musique d’ambiance trip-hop orientale, avec une forte influence Dead Can Dance (voix en moins). Musique sensuelle, forte en percussions et mélodies du Moyen-Orient. Quelques longueurs, mais essentiellement réussi.  [Ci-dessous: Quelques extraits à écouter via ReverbNation.]
A debut album for Sonolumina, a husband-and-wife duo consisting of Jewl Petteway (aka Bahiya) and Wesley Davis (aka biostatic). Ambient Eastern-sounding trip-hop music with a strong influence coming from Dead Can Dance (minus the vocals). Sensual music, with lots of Middle-Eastern melodies and percussion. A few overlong passages, but successful overall.  [Below: Listen to edits via ReverbNation.]

ComScore

2011-09-19

2011-09-16: Buckner/Fil/Belorukov/Lapin/Laitinen, Monty Adkins, Kusioloek/Sjarov/Wojcinski/Kugel, Primus

Journal d'écoute / Listening Diary 
2011-09-16

THOMAS BUCKNER, EDYTA FIL, ILIA BELORUKOV, ALEXEY LAPIN & JUHO LAITINEN / Bewitched Concert (Intonema)
Un court disque documentant une collaboration spontanée et imprévue entre trois Russes (Edyta Fil à la flûte, Ilia Belorukov au saxo alto et Alexey Lapin au piano droit), un Finlandais (le violoncelliste Juho Laitinen) et un Américain (le chanteur Thomas Buckner). Étrange, je viens d’écouter ce disque deux fois et il n’arrive pas à saisir mon attention autrement que brièvement. Côté sonore, il ne s’impose pas. Est-ce que tout se passe ni naturellement que rien n’accroche?  Ou que rien de remarquable s’y passe?
A short record documentation a spontaneous and unplanned collaboration between three musicians from Russia (Edyta Fil on flute, Ilia Belorukov on alto sax, Alexey Lapin on upright piano), one from Finland (cellist Juho Laitinen) and one from the USA (singer Thomas Buckner). Strangely, I’ve listened to the CD twice in a row and it just won’t grasp my attention. Soundwise, it doesn’t impose. What’s going on? Is it that the music flows so naturally that it flows by unnoticed? Or that nothing remarkable actually happens?

MONTY ADKINS / fragile.flicker.fragment (Audiobulb Records - merci à/thanks to Dense Promotion)
L’électroacousticien Monty Adkins propose avec fragile.flicker.fragment une œuvre beaucoup plus ambiante que ce qu’il a déjà publié chez empreintes DIGITALes. Un disque délicat et minimaliste sans être froid, très agréable. Recommandé. (Ci-dessous: Un extrait de l’album; il y en a d’autres sur le site d’Audiobulb.]
With fragile.flicker.fragment, lectroacoustician Monty Adkins delivers a work much more into experimental ambient electronica territory than what he previously released on empreintes DIGITALes. A delicate, minimal record that avoids sounding cold. Quite enjoyable. Recommended.  [Below: An excerpt from the album. Find a few more on Audiobulb’s website.]

ROBERT KUSIOLEK, ANTON SJAROV, KSAWERY WOJCINSKI & KLAUS KUGEL / Nuntium (Multikulti Project)
Un quatuor polonais d’improvisation libre. Belles affinités entre l’accordéon de Robert Kusiolek (qui utilise aussi des électroniques) et le violon d’Anton Sjarov. Une improvisation continue de 50 minutes, divisée en sept parties aux ambiances changeantes mais généralement tristounettes ou pensives.
A Polish free improvisation quartet. Nice affinities between Robert Kusolek’s accordion (he also uses electronics) and Anton Sjarov’s violin. A continuous 50-minute improvisation indexed in seven parts with varying moods, although mostly rather sad or pensive.

PRIMUS / Green Naugahyde (ATO Records/Prawn Song)
Premier album de Primus depuis 1999! Retour du batteur original! Le côté cabotin de Sailing the Seas of Cheese est de retour. Le côté groovy/direct de Frizzle Fry aussi. Dès la première écoute, je préfère ce disque à Antipop et The Brown Album. Longue vie au Primus nouveau-ancien-nouveau!
Primus’ first album since 1999! The original drummer is back! The zany side of Sailing the Seas of Cheese is back. So is the groovy/direct side of Frizzle Fry. On first listen, I prefer this record to Antipop and The Brown Album. Long live the new/old/new Primus!