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2012-11-06

2012-11-05: Bee Mask, PinkCourtesyPhone, Lean Left, Ahleuchatistas


Journal d'écoute / Listening Diary 
2012-11-05

BEE MASK / Vaporware/Scanops (Room40 - merci à/thanks to Dense Promotion)
Mon premier contact avec le travail de Bee Mask (Chris Madak de Cleveland, Ohio). Un court vinyle: deux pièces d’environ 15 minutes chacune. Or, la qualité compense largement la brièveté: une musique électronique avec un fond d’électroacoustique, des structures kaléidoscopiques, une grande élégance doublée d’une immédiateté dans la livraison qui fait oublier la complexité des procédés mis en œuvre. Très beau.
My first contact with the work of Bee Mask (Chris Madak from Cleveland, Ohio. A short LP: two 15-minute tracks. But quality compensates for shortness: electronic music with an electroacoustic foundation, kaleidoscopic structures, great elegance coupled with immediate appeal – which gives an impression of simplicity, despite the complex processes at play. Beautiful.

PINKCOURTESYPHONE / Elegant and Detached (Room40 - merci à/thanks to Dense Promotion)
Pinkcourtesyphone est un projet du grand artiste microsonore Richard Chartier. Elegant and Detached est le second album à paraître (je n’ai pas entendu le premier). Ici, Chartier prend une tangeante, par rapport avec son art électronique minimaliste. Les cinq pièces de ce disque font appel à l’onirisme, à l’évocation, à des transformations sonores plus poétiques, moins formalistes. Ça donne une musique nettement plus accessible, frôlant parfois le raccolage, même si on demeure en territoire expérimental. Une écoute très agréable – honnêtement, les 71 minutes d’Elegant and Detached ont passé très vite. [Ci-dessous: “Millimeters Off / Non Us (Tiny)”.]
Pinkcourtesyphone is a project by the great microsound artist Richard Chartier. Elegant and Detached is his second full-length album under that moniker (I haven’t heard the first one). Here, Chartier takes a tangential trajectory to his usual electronic minimalism. The music is dreamy, evocative, with sonic transformations more poetic than formalistic. Significantly more accessible, almost facile at times, though we never leave the experimental music territory. A very enjoyable listen – honestly, Elegant and Detached’s 71 minutes went by very quickly.  [Below: The track “Millimeters Off / Non Us (Tiny).”]

LEAN LEFT / Live at Café Oto (Unsounds - merci à/thanks to Dense Promotion)
Les guitares du groupe The Ex (Terrie Ex et Andy Moor) rencontre le duo free jazz de Paal Nilssen-Love (batterie) et Ken Vandermark (saxo ténor, clarinette). C’est ça, Lean Left. Et ce Live at Café Oto est leur second disque – plus généreux que le premier d’ailleurs, avec trois improvisations: 30, 27 et 10 minutes (mais les deux dernières sont présentées sur la même piste). C’est “Drevel” qui remporte la palme: puissante, soutenue, avec des moments de chaos bien senti et d’autres de mélodisme déjanté. Ce quatuor était frappant sur son premier disque, il est fort convaincant sur ce deuxième.
The Ex’s guitars (Terrie Ex and Andy Moor) meet the free jazz duo of Paal Nilssen-Love (drums) and Ken Vandermark (tenor sax, clarinet). That’s what Lean Left is. And this Live at Café oto is their second release – and more generous than their debut, with three free improvisations: 30 , 27, and 10 minutes (though the final two are lumped together on a single track). “Drevel” is the best one: powerful, sustained, with moments of earth-shaking chaos and bits of wild melodies. This quartet’s debut album was striking; this follow-up is convincing.

AHLEUCHATISTAS / Heads Full of Poison (Cuneiform)
Depuis leur dernier disque pour Cuneiform (ils en ont publié d’autres ailleurs dans l’intervalle), Ahleuchatistas ont perdu leur bassiste et changé de batteur, ce qui laisse Shane Perlowin seul membre restant et fait du groupe un duo guitare-batterie. Cette formule entraîne un certain recul de la complexité au profit d’un plan grand travail textural – question de remplir le spectre sonore. Avant-rock instrumental dans une veine qui, à une certaine époque, dominait le catalogue de Cuneiform et qui rappelle des groupes comme Rattlemouth et Forever Einstein (comme ce dernier groupe me manque!), avec parfois une touche frippienne. “Requiem for the Sea”, “Starved March” et “Future Trauma” sont de solides compositions mettant en évidence les possibilités du jeu de Perlowin.
Since their last Cuneiform CD (they did release other records elsewhere in the meantime), Ahleuchatistas have lost their bassist and changed their drummer, which makes Shane Perlowin the only member to carry on and leaves the band as a guitar/drums duo. This format has pushed complexity back in favour of more textures – in order to fill in the soundspace. Instrumental avant-rock in a vein that used to dominate Cuneiform’s catalog 15 years ago. Reminiscent of Rattlemouth and Forever Einstein, (man, do I miss the latter), with at times a Fripp-like feel. “Requiem for the Sea,” “Starved March” and “Future Trauma” are strong compositions that showcase Perlowin’s versatile playing.

2010-05-31

2010-05-30/31: Richard Chartier, Michael Ellison, Zeitgeist, Lepage/Lussier, Cumbia Beat 1, THe Ingoes, Jóhann Jóhannsson

Journal d'écoute / Listening Diary

2010-05-30


2e écoute/2nd listen: RICHARD CHARTIER / A Field for Mixing (Room40)

(D’abord chroniqué dans l’entrée du 2010-05-27.) Un très beau travail, à écouter fenêtres fermées, sans bruits extérieurs, mais pas nécessairement en lui consacrant toute son attention. “Fields for Recording 1-8”, très délicate, offre une série de longues ambiances spatiales, statiques ou non (on entend même de la musique dans l’une d’elles). “A Desk for Mixing” tient du génie: un assemblage si ténu mais si solide, de doux moments de son ambiant, qui s’effacent lentement, avec de longues pauses qui chaque fois semblent indiquer une fin toujours plus loin repoussée. La meilleure pièce de Chartier depuis quelque temps.

[First reviewed in journal entry 2010-05-27.] Some very fine work, worth listening with all windows closed, no outside noise, but you don’t have to devote all your attention to it. “Fields for Recording 1-8”, very delicate, features a series of long spatial ambiances, some static some not (you can even hear some music in one of them). “A Desk for Mixing is pure genius: an extremely frail assemblage of quiet moments of ambient sound, yet so strong, with pregnant pauses that each time lure you to think it’s over. Chartier’s best composition in a while.


2010-05 31


MICHAEL ELLISON / Invocation (Innova)

Compositeur américain, Michael Ellison réside à Istanboul. Invocation propose trois œuvres très différentes. D’abord un quatuor à cordes vif , presque “new complexity” dans sa facture, interprété par le Borromeo String Quartet. Puis un très beau triptyque pour flûte solo (Helen Bledsoe, tout à fait convaincante). Enfin, “Elif” pour hafiz et ensemble de chambre, mettant en vedette le hafiz Kâni Karaca, dont c’est le dernier enregistrement (il est décédé quatre mois plus tard). Il s’agit d’une complainte atmosphérique et monotone, intéressante sur papier, mais qui tombe plutôt à plat. Le reste est bien, le solo de Bledsoe étant particulièrement réussi.

American composer Michael Ellison now resides in Istanbul. Invocation features three very different works. First up is a lively string quartet, almost “New Complexity”-styled, performed by the Morromeo String Quartet. Then, a beautiful triptych for solo flute (Helen Bledsoe, totally convincing). Finally, “Elif” for hafiz and chamber ensemble, featuring hafiz singer Kâni Karaca in his last recording (he died four months later). This one is a monotonous dirge, interesting on paper but rather flat-sounding. The rest of the album is fine, with Bledsoe’s solo performance being the highlight.


ZEITGEIST / In Bone-Colored Light (Innova)

Un solide disque de musique contemporaine, j’aime beaucoup. Faut dire que Zeitgeist est un quatuor pas comme les autres: piano, vents et deux percussionnistes. L’accent est donc placé sur la rythmique. Œuvres d’Anthony Gatto, Ivo Medek, Jerome Kitzke, Kathy Kackanich et Ethan Wickman. Le Gatto, “Lucky Dreams” développe une complexité rythmique zappesque qui m’a parlé immédiatement. Le triptyque “Angles of Repose” de Wickman offre une musique étoffée et éminemment complexe, qui frôle Rock-in-Opposition.

A strong contemporary music record, I like it a lot. Then again, Zeitgeist is not your usual quartet: piano, woodwinds, and two percussionists. So the focus is on rhythm. Works by Anthony Gatto, Ivo Medek, Kerome Kitzke, Kathy Kackanich and Ethan Wickman. The Gatto piece, “Lucky Dreams”, unfolds in a Zappa-esque rhythmical complexity that immediately talked to me. Wickman’s triptych “Angles of Repose” offers sophisticated and highly complex music that verges on rock-in-opposition.


ROBERT MARCEL LEPAGE & RENÉ LUSSIER / Chants et danses du monde inanimé (Ambiances Magnétiques)

J’avais le vinyle depuis des lustres, mais pas la réédition CD de 1996. J’ai profité du passage de René Lussier au FIMAV pour me la procurer. Ce disque de 1984, le tout premier oficiellement paru chez Ambiances Magnétiques, est un excellent exemple de ce qu’on appellera “musique actuelle” québécoise. Lepage aux clarinettes multiples, souvent multipistes; Lussier à la guitare et la podorythmie, un peu de daxophone aussi je crois. Une séquence de courtes pièces semi-improvisées aux textures rêches comme le béton, dissonantes comme le trafic en ville, mais pleines de vie, une vie résolument urbaine. La réédition rajoutait une nouvelle séance enregistrée en 1996 (au prix d’éliminer une pièce de l’album original, “Beyrouth, à défaut d’être mort” - pourquoi diantre je ne sais pas), tout aussi folle et créative. Du grand art, du grand Lussier et possiblement le disque le plus exigeant de Lepage, au style habituellement plus léger.

I have had the LP for ages, but not the 1996 CD reissue. So I grabbed at FIMAV, where René Lussier performed. From 1984, the very first official Ambiances Magnétiques release is an excellent example of what would be called Quebec “musique actuelle”. Lepage on multiple, often multitracked clarinets; Lussier on guitar, foot-tapping, and I think some daxophone. A sequence of rather short semi-improvised pieces with rough textures like concrete, dissonances like a trafic jam, and very lively, like a bustling city. The reissue added a new session recorded in 1996 (9 tracks, at the cost of eliminating “Beyrouth, à défaut d’être mort” from the original LP, don’t know why). These are just as creazy and creative as the original pieces. Great music, a great Lussier record, and Lepage’s most demanding album - his music is usually somewhat lighter and more accessible.


ARTISTES VARIÉS-VARIOUS ARTISTS / Cumbia Beat, Vol. 1 (Vampisoul - merci à/thanks to Forced Exposure)

Woo-hoo! 80 minutes (sur deux disques) de “sons tropicaux du Pérou dominés par la guitare expérimentale, 1966-1976”! En clair, 25 chansons et pièces instrumentales qui mélangent cumbia et guitare fuzz, un joyeux mélange de rythmes latinos et d’énergie rock. Oui, on pense à Santana, évidemment, mais il y a plus ici: de la musique des Andes, du kitsch, du go-go, de la guitare surf et même de la grosse distortion. Beaucoup de plaisir, peu de prétention, et des airs que vos amis n’ont jamais entendu auparavant, c’est garanti!

Woo-hoo! 80 minutes (over two CDs) of “experimental guitar-driven tropical sounds from Perú 196-1976”! In other words, 25 songs and instrumentals blending cumbia and fuzz guitar, a festive blend of Latin rythms and rock drive. Yes, Santana comes to mind, but there’s more: music from the Andes, kitsch, go-go, surf guitar, and even some thick distortion guitar. Lots of fon, very little pretension, and tunes your friends have never heard before, it’s guaranteed!


THE INGOES / Before We Were Blossom Toes (Sunbeam - merci à/thanks to Forced Exposure)

L’étiquette Sunbeam continue de gratter tous les fonds de tiroirs des Blossom Toes. The Ingoes était le groupe antérieur aux Blossom Toes, 1964-1966, produit à l’époque par le grand Giorgio Gomelsky. Ils ont connu le sort de nombreux autres groupes pop britanniques de l’époque: inconnus chez eux, populaires à l’étranger, au point de passer plusieurs mois à Paris. Le succès (relatif) de Blossom Toes a éclipsé les réalisations de ce groupe, qui a produit quelques 45 tours, colligés ici à côté de démos et d’une chanson en concert. Sympathique, très dérivatif des Beatles première époque - même une version française et une autre italienne de “Help”! Mais peu d’intérêt somme toute, autre qu’historique, et même là.

Sunbeam Records keep on ploughing the bottom drawers of The Blossom Toes. The Ingoes were the band that preceded the Toes, 1964-1966. They were managed by the great Giorgio Gomelsky. Like many other British acts, they were unknown at home, popular abroad, enough to land a residency in Paris for a while. The (relative) success of Blossom Toes has eclipses their achievements, but they did record a few 45s, culled here alongside demos and one live song. Enjoyable, highly derivative of early Beatles - there’s even a French and an Italian version of “Help!” But little interest over all, beside a historical one.


JÓHANN JÓHANNSSON / And in the Endless Pause There Came the Sound of Bees (NTOV / Cobraside)

D’abord paru l’an dernier sous forme de vinyle en édition limitée, maintenant disponible au grand public. Superbe album, une trame sonore, typiquement Jóhannssonesque: des tonnes de cordes langoureuses, des mélodies minimalistes mais évocatrices. Pas super-marquant, mais rien à redire sur le fond ou la forme. Un disque de fin de soirée.

First released last year as a limited-edition vinyl, now available to the masses. Splendid album, a soundtrack, typically Jóhannssonian: tons of languid strings, minimalistic but highly evocative melodies. Not stunning, but I got nothing to criticize about the form or content of this album. A late evening record.

2010-05-27

2010-05-27: Richard Chartier, Marshall/Guazzaloca/Mimmo/Adu, Coxhill/Rocco, Pago Libre Sextett, Endresen/Wallumrød/Sten

Journal d'écoute / Listening Diary

2010-05-27


RICHARD CHARTIER / A Field for Mixing (Room40)

Comme d’habitude avec Richard Chartier, ce disque se déroule à la limite du seuil de perception. Deux longues pièces faites d’enregistrements de terrain dans des espaces petits et grands, ouverts ou fermés, mais tous vides, semble-t-il. J’avoue ne pas avoir accordé toute l’attention nécesaire à ce disque, et je promets de lui consacrer une écoute plus juste bientôt. Néanmoins, les ambiances creuses et les extrêmes subtilités de cet art sonore se marie étrangement bien avec les chants d’oiseaux et l’occasionnel bruit de moteur qui remplissent ma pièce de travail ce matin.

As usual with Richard Chartier, this album unfolds at the threshold of perception. Two long tracks made of field recordings in spaces large and small, open and closed, all empty it seems. I admit to not giving my undivided attention to this record, and I promise to give it a more thorough listen soon. Still, the hollow ambiances and extreme subtleties of this sound art blend it surprisingly well with the bird songs and occasional automotive sounds drifting through the open windows this morning.


HANNAH MARSHALL - NICOLA GUAZZALOCA - GIANNI MIMMO - LEILA ADU / The Shoreditch Concert (Amirani Records)

Une séance d’improvisation entre quatre musiciens qui me sont inconnus. Enregistrée dans une église. Belle synergie entre la violoncelliste Hannah Marshall et le pianiste Nicola Guazzaloca - l’un et l’autre sont habiles, sérieux et engageants. Le saxo soprano de Gianni Mimmo se mèle bien au tout. Quant à la chanteuse Leila Adu, je l’ai à peine remarquée... peut-être à tort. À réécouter.

A free improvisation session featuring four musicians I’m hearing for the first time. Recorded in a church. Nice synergy between cellist Hannah Marshall and pianist Nicola Guazzaloca - both are skillful, serious and engaging. Gianni Mimmo’s soprano sax blends in well. As for singer Leila Adu, I barely noticed her… Should relisten to make sure.


LOL COXHILL & ENZO ROCCO / Fine Tuning: The Gradisca Concert (Amirani Records)

Dans le panthéon des grands de la musique improvisée européenne, le saxo Lol Coxhill tient une place de choix. Et, malgré un âge plutôt vénérable, il continue de donner des concerts top niveau. En témoigne ce disque, un duo avec le guitariste italien Enzo Rocco enregistré en novembre 2008 devant public. Belles envolées, écoute solide, et Rocco est un guitariste fin avec une tendance à peine rock/fusion Très réussi. [Ci-dessous: Vidéo professionnelle du même concert. Quatre autres extraits à visionner sur le site d’Enzo Rocco (ci-dessus).]

In the Pnatheon of European free improvisation, saxman Lol Coxhill sitts high. And, despite his rather venerable age, he still turns in top performances, as testified by this record, a duet with Italian guitarist Enzo Rocco recorded live in November 2008. Nice soaring lines, strong listening skills, and Rocco is a careful guitarist with a very slightly rock/fusion tendency. Well done. [Below: Professional video from the same concert. Four more excerpts to watch on Enzo Rocco’s website (above).]


PAGO LIBRE SEXTETT / Platz Dada! (Christoph Merian Verlag)

Un projet audacieux, fou et très réussi: le quatuor de jazz actuel Pago Libre (dont j’ai récemment chroniqué le plus récent disque) s’acoquine le batteur Patrice Héral (aussi invité sur le dernier PL) et la chanteuse Agnes Heginger pour un programme entièrement consacré aux dadaïstes Hans Arp, Kurt Schwitters and Daniil Charms, dont les textes sont mis en musique par les membres de Pago Libre. Une belle ambiance cabaret dada, des musiques qui sortent de l’ordinaire de Pago Libre - plus folichones et tranchées, moins tendres et en demi-teintes. Malheureusement, la plupart des textes et toutes les notes de livret sont en allemand, mais il y a de quoi se divertir avec cran!

A bold, crazy, and successful project: longstanding new jazz quartet Pago Libre (whose latest CD I recently reviewed here) drafted in drummer Patrice Héral (also guesting on PL’s latest) and singer Agnes Heginger for a program devoted to Dadaists Hans Arp, Kurt Schwitters and Daniil Charms, whose texts are set to music by the members of Pago Libre. A fine Dada cabaret ambience, and tunes pulling the band out of their comfort zone - zanier and sharper than usual, less tender or half-hued. Sadly, most of the lyrics and all of the liner notes are in German, but it’s very entertaining a nice left-side addition to the band’s discography.


SIDSEL ENDRESEN, CHRISTIAN WALLUMRØD & HELGE STEN / Merriwinkle (Jazzland)

Paru en 2003, acheté au FIMAV après le concert du Trondheim Jazz Orchestra. Sidsel Endresen a une voix particulière, une voix d’alto, chaude, hantante. Un match parfait avec le pianiste Christian Wallumrød (piano préparé et électrique). S’ajoute au duo sur quelques pièces Helge Sten (ou Deathprod de Supersilent), pour un superbe mélange de mélodies hors de ce monde et de textures hors de ce corps. Je suis conquis d’emblée par ce disque que je recommande chaudement, peut-être même plus que l’album solo d’Endresen sous étiquette Sofa.

Released in 2003 - just bought it at FIMAV, after the Trondheim Jazz Orchestra’s performance. Sidsel Endresen has a peculiar voice, an alto’s voice, warm and haunting. A perfect match with pianist Christian Wallumrød (prepared and electric piano). On a few tracks, Helge Sten (aka Deathprod from Supersilent) steps in, for a splendid blend of otherworldly melodies and out-of-body textures. I am won over on first listen. Highly recommended, maybe even moreso than Endresen’s solo CD for Sofa.

2009-06-29

2009-06-29: Richard Chartier, Peter Broderick, In the Country, GIO, Copernicus, Acid Dreams Testament, Acid Dreams Epitaph

Journal d'écoute / Listening Diary

2009-06-29

RICHARD CHARTIER / Untitled (Angle 1) (Non-Visual Objects)

Cinq heures du mat’ et me voilà confortablement installé, prêt à m’ouvrir à ce nouveau disque de Richard Chartier. Je connais le travail de Richard, je sais que c’est de l’art sonore fin, ténu, fragile si on ne s’y consacre pas entièrement. J’ai donc attendu cette occasion: frais et dispo, rien d’autre à faire pendant que le reste de la maisonnée dort encore, que m’asseoir, chausser mon casque d’écoute et plonger. Beau plongeon, incidemment. Untitled (Angle 1) est une composition stéréo issue d’une installation à huit canaux pouvant générer huit heures de musique (avant que les diverses boucles ne retombent synchro et que le cycle recommence). À l’origine, il s’agissait d’une œuvre audiovisuelle en collaboration avec Linn Meyers, dont les dessins au crayon (on dirait des isobarres très serrées) ornaient deux murs blancs formant un coin (la pochette reproduit des détails). Musicalement, l’œuvre consiste en un assemblage de chuintements, de bruit blanc, de fréquences délicates et d’événements éphémères laissant des traces sur cette paroi plutôt unie mais aux reliefs profonds. Une belle pièce contemplative, moins austère que certaines de ses œuvres récentes, et qui ne s’attarde pas, disant ce qu’elle a à dire en 35 minutes. Bravo. Il s’agit d’une édition limitée à 300 exemplaires, comme la plupart des parutions chez Non-Visual Objects.

Here I am, five in the morning, comfortably seated, and ready to open up to this new record by Richard Charter. I know the man’s work, I know that his soun art is fine, thin, and fragile if you can’t devote all your attention to it. So I waited for an occasion like this: fresh out of bed, rested, nothing else to do, as the rest of the household is sleeping soundly, than to sit down, put the headphones on, and dive in. And a nice dive it is. Untitled (Angle 1) is a stereo composition based on an eight-channel installation that could generate eight hours of music (before the various loops would fall in sync again). The installation was a collaboration with visual artist Linn Meyers, whose pencil drawings (they look like tightly-grouped isobar lines) ornamented two walls forming a chevron (the sleeve shows details of her work). Musically, the piece consists of an assemblage of whispering drones, white noise, delicate frequencies, and ephemereal events that leave traces on the deeply-etched sonic surface. It is a very fine piece, contemplative, less austere than some of Chartier’s recent works, and at 35 minutes it doesn’t overcome its welcome. Bravo. This is released in a limited edition of 300 copies, like most of the albums on Non-Visual Objects.

PETER BRODERICK / 4 Track Songs (Type - merci à/thanks to Forced Exposure)

Lancé presque simultanément au disque Music for Falling From Trees chez Western Vinyl (voir l’entrée du 11 juin 2009 au journal d’écoute), ce 4 Track Songs représente la quintessence de Broderick: 25 courtes pièces en tous genres, comme un “scrapbook” de ses intentions musicales. Il y a de la chanson folk (au banjo parfois, on dirait du Christian Kiefer), du post-classique au piano et de la prise de son extérieure, le tout monté en un album qui coule bien et qui séduit. Les références à Satie et à Harold Budd sont d’usage avec Broderick, mais je pense plus à Olafur Arnalds et Sylvain Chauveau.

Released on the heels of the album Music for Falling From Trees (on Western Music, see the Listening Diary entry for 2009-06-11), this CD showcases the quintessence of Broderick’s art: 25 short pieces of mixed genres, like a scrapbook of his musical intentions. There’s some folk songs in here (some even performed on banjo – they sound like something out of a Christian Kiefer record), piano-based post-classical music, and field recordings, all that sequenced into an album that flows well and seduces easily. References to Satie and Harold Budd are customary with Broderick, but I’m personally thinking more of Olafur Arnalds and Sylvain Chauveau.

IN THE COUNTRY / Whiteout (Rune Grammofon - merci à/thanks to Forced Exposure)

Troisième disque de ce trio de jazz norvégien, considéré par plusieurs comme le trio le plus chaud de l’heure. Troisième moment d’incompréhension, puisque le pianiste Morten Qvenild et sa bande ne réussissent pas à me convaincre. Je trouve leur musique terriblement lente, longue et sans vie, mais d’autres apprécieront son côté feutré, extrêmement intimiste, mélodique d’un mélodisme minimaliste. Chose certaine, Whiteout représente un pas en avant vers une forme musicale plus ambitieuse. La présence du guitariste Andreas Mjøs de Jaga Jazzist ajoute une touche légrement progressive aussi. Appelons cela du jazz acoustique ambiant. [Ci-dessous: “Kungen”, un extrait du disque, trouvé sur le site du groupe.]

A third record for the Norwegian jazz trio, considered by many as the hottest thing right now. And a third moment of disbelief, for pianist Morten Qvenild & co. can’t seemt oconvince me. I find their music terribly slow, long, and lifeless, but others will appreciate its velvety feel, its extreme intimacy, and its minimalistic melodies. One thing is sure: Whiteout is a big step forward toward a more ambitious form of music. The presence of Jaga Jazzist guitarist Andreas Mjøs adds a slightly progressive touch to the album. Might as well call this “acoustic ambient jazz.” [Below: “Kungen,” off this album, link found on the group’s website.]

http://www.inthecountry.no/AUDIO/Whiteout/kungen_web_mix.mp3

GLASGOW IMPROVISERS ORCHESTRA / Poetics (Creative Sources)

J’aime les grands ensembles d’improvisation libre. Le Glasgow Improvisers Orchestra (GIO) s’inspire du modèle du London Improvisers Orchestra (LIO): un collectif à géométrie variable de musiciens-improvisateurs qui s’adonnent à l’improvisation libre, avec ou sans canevas. Et l’ensemble accueille les musiciens de passage, dans ce cas-ci le duo portugais père-fils Ernesto (alto) et Guillerme (violoncelle) Rodrigues. Évidemment, la couleur personnelle de ceux-ci se fond dans la masse de l’ensemble (20 musiciens en tout sur ce disque). C’est parfois confus, mais souvent intéressant, et c’est cette confusion que je recherche, ce sentiment que tout peut arriver mais que tout n’arrive pas, que des idées contaminent une partie de l’ensemble puis s’éteignent, et que parfois la magie se produit. Cela dit, Poetics n’est pas aussi excitant qu’un disque du LIO.

I like large free improvising ensembles. The Glasgow Improvisers Orchestra (GIO) is based on the London Improvisers Orchestra (LIO): a personnel-shifting collective of improvisers indulging in collective free improvisation with or without structure. And the ensemble welcomes visiting musicians, like the father-and-son Portuguese duo of Ernesto (viola) and Guillerme (cello) Rodrigues. Obviously, their personal colours disappear within the bulk of the ensemble (20 musicians on this recording). The music is occasionally confused but often interesting, and it’s that confusion I’m looking for, that feeling that anything could happen, but everything doesn’t, that ideas contaminate parts of the ensemble and then die out, and that some of them take and light up the whole orchestra. That said, Poetics is not as exciting as your average LIO album.

COPERNICUS / Disappearance (Moonjune)

Je ne connaissais pas le poète Copernicus, mais je comprend qu’il est une sorte d’artiste mythique de l’underground. Son dernier disque remonte au début de la décennie. Disappearance est une œuvre puissante et impressionnante. Copernicus chante et déclame ses textes sur l’humanité et la physique quantique sur un ton menaçant et désillusionné – c’est le voix d’un dieu déçu et fâché. Derrière lui, un ensemble de musiciens-improvisateurs dirigés par Pierce Turner, qui parfois jouent librement mais plus souvent suivent un canevas, voire un groove, fournissant une toile sonore colorée et propice à l’ambiance du texte. [Extraits des chansons ici.]

I didn’t know him prior to this CD, but I understand that Copernicus is a mythical underground artist of sorts. His previous record goes back to the early 2000s. Disappearance is a powerful and impressive work. Copernicus signs and declaims his texts about humanity and quantum physics in a menacing tone that is half growl and half disillusion – the voice of a disappointed and angry god. He is backed by a band of improvising musicians led by Pierce Turner. Sometimes they play freely, but mostly they follow a canvas or a setting, a groove that provides a suitable backdrop. [Audio samples here.]

ARTISTES VARIÉS-VARIOUS ARTISTS / Acid Dreams Testament (Past & Present - merci à/thanks to Forced Exposure)

Sous-titrée “75 minutes of psychotic terror,” cette compilation compte parmi les toutes premières du genre à avoir été publiées sur CD, à la fin des années 80 (rééditée en 2009). Elle demeure aussi l’une des meilleures. “Psychotic terror”, vous dites? Parlons plutôt de 45 tours de rock psychédélique ou acide particulièrement sombre ou tordu. On s’approche parfois même de l’ancêtre du doom métal, mais on reste surtout dans un rock garage, punk avant la lettre, psychédélique à souhait, all-American, des années 60. À souligner: “You’ll Love Me Again” des Music Machine (effrayante pour vrai), “Cry Cry Cry” des Unrelated Segments (quel cri!), “No Friend of Mine” des Sparkles, “Little White Lies” des Painted Ship, à l’influence Mothers of Invention, “Help I’m Lost” de Minds Eye (ouf, le bad trip d’acide!), sans oublier “Suzy Creamcheese” de Teddy & His Patches (pas une reprise de Zappa, mais une chanson librement inspirée de...). Fortement recommandé!

Subtitled “75 minutes of psychotic terror,” this compilation was one of the very first of its kind to be appear on CD, back in the late ‘80s (and reissued in 2009). It remains one of the best. But what about “psychotic terror”? Well, that’s a bit of false advertisement I guess, but what you get is a bunch of particularly dark and twisted psychedelic or acid rock sides. Some even creep close to doom metal ancestry, but most fall in a garage /pre-punk/psychedelic all-American ‘60s rock vein. Highlights include Music Machine’s “You’ll Love Me Again” (really scary this one), “Cry Cry Cry” by The Unrelated Segments (what a scream!), “No Friend of Mine” by The Sparkles, the Mothers of Invention-influenced “Little White Lies” by The Painted Ship, “Help I’m Lost” by Minds Eye (yikes, what a bad acid trip!), not forgetting “Suzy Creamcheese” by Teddy & His Patches (not an actual cover of Zappa’s song, but freely inspired by...). Highly recommended!

ARTISTES VARIÉS-VARIOUS ARTISTS / Acid Dreams Epitaph (Past & Present - merci à/thanks to Forced Exposure)

Un complément au disque précédent, originalement paru au début des années 90 (réédité en 2009). Sous-titre: “69 minutes of green fuz”. Dans les faits, 31 autres 45 tours américains des années 60. Cette fois, on trouve plus de rock garage et moins de rock psychédélique. Une version démente de “Train Kept A-Rollin’” signée The Rogues, entre autres moments forts, et, question de donner le ton, des titres comme “Suicidal Flowers”, “Night of the Sadist”, My Soap Won’t Float” et “Horror Asparagus Stories.” Moins constant que Acid Dreams Testament.

A companion release to the previous record, originally out in the early ‘90s (reissued in 2009). Subtitle: “69 minutes of green fuz.” What does it actually mean? 31 more ‘60s American sides. This time, the scale tips more toward garage rock than psychedelic rock. Among other highlights, there’s a demented version of “Train Kept A-Rollin’” courtesy of The Rogues and, just to give you a taste, titles like “Suicidal Flowers,” “Night of the Sadist,” “My Soap Won’t Float,” and “Horror Asparagus Stories.” Less consistent than Acid Dreams Testament.