Portail du journalisme et de l'activisme musical de François Couture.

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2009-08-13: Tiedye Keith, Ping, Acid Mothers Temple

Journal d'écoute / Listening Diary


Beaucoup de travail et peu d’énergie pour des musiques exigeantes aujourd’hui. Allons-y pour un peu de rock psychédélique...

Lots of work today and little energy for listening to demanding music. So let’s go for some psychedelic rock...

TIEDYE KEITH / Welcome Home (Voiceprint)

Difficile de dire quelque chose contre ce disque (qui ne révèle pas sa date d’enregistrement, mais récemment réédité), mais impossible de dire quoi que ce soit pour lui. Je ne connais rien de Tiedye Keith et ce disque ne me donne pas envie d’aller plus loin. C’est désespérément oubliable et ordinaire. Banal.

Hard to say something against this CD (which doesn’t reveal its recording date, but it was recently reissued), but impossible to say something FOR it either. I know nothing about Tiedye Keith and this record doesn’t make me feel like trying to find out who he is. It’s dispiritingly forgettable music.

PING / Discotheque of Darkness (Luftwaffel Records)

Woo-hoo! Le nouveau Ping est arrivé aujourd’hui et je l’écoute immédiatement! J’ai ADORÉ leur disque précédent, The Castle Massacre, et à première écoute, celui-ci en sera l’égal - titre que je lui conférerai officiellement seulement après de multiples écoutes. Ce groupe norvégien fait du funambulisme sur une corde tirée entre le génie et le ridicule: rock progressif et disco débile, chanson burlesque et trash gogo. Aucun style n’est à l’abri, de l’électro-pop au métal. Le tout est exécuté avec une bonhommie sans pareille. Ping, c’est l’audace et l’irrévérence de Zappa passée à travers le tordeur du Bonzo Dog Band et exposée à travers le prisme si particulier du rock scandinave. Plus recommandé que ça, ça se peut pas! [Ci-dessous: Une chanson de l’album, “Flesh With a Wish”, trouvée sur le site du groupe, qui offre PLUSIEURS chansons (de ce disque, des précédents, des inédits) en téléchargement gratuit.]

Woo-hoo! The new Ping has arrived today and I’m spinning it immediately! I just LOVED their previous album The Castle Massacre and, on first listen, this one matches it, although I’ll wait for several more spins before making this official. This Norwegian band is walking a tightrope between geniusness and ridicule: prog rock and debilitating disco, burlesque songs and gogo-trash. No style is spared, from electro-pop to metal. And all this is executed with childlike buoyancy. Ping is Zappa’s balls and irreverence filtered through the Bonzo Dog Band and seen through the peculiar prism of Scandinavian rock. This (and their previous) deserves the highest recommendation I can give! [Below: A song from the album, “Flesh With a Wish,” found on the band’s website, where you can find TONS of other free songs (from this album, the previous ones, and unreleased.]

http://www.thepingpage.com/mp3/release/Flesh With a Wish.mp3

ACID MOTHERS TEMPLE & THE MELTING PARAISO U.F.O. / 41st Century Splendid Man Returns (Essence Music)

[Suite de mes aventures templesques, qui se poursuivent depuis le 27 juillet]. Originalement paru sous forme de “picture-disc” vinyle en 2002, pendant cette riche période d’activité qui nous a aussi donné Absolutely Freak Out, La Novia, New Geocentric World et Univers Zen, 41st Century Splendid Man ne déparre en rien la séquence. C’est du grand Acid Mothers Temple, expérimental à souhait, psychédélique au max, savant (oui!) mélange de vitesse et de lenteur, d’excitation et de sagesse, d’érotisme et de psychédélisme. Réédité sur CD par la brésilienne Essence Music en 2007(?), dans une version augmentée de deux pièces, plus une troisième allongée (et retitrée). Avec Kawabata, Cotton, Tsuyama, Higashi et, dépendant des pièces, Koizumi Hajime ou Yoshida Tatsuya (des Ruins) à la batterie. Chaudement recommandé.

[The continuation of my Temple-esques adventures that started on July 27.] Originally released as a picture disc LP in 2002, during that rich period that also gave us Absolutely Freak Out, La Novia, New Geocentric World, and Univers Zen. 41st Century Splendid Man is on par with that list of brilliant records. It’s a great slab of AMT, very experimental and psychedelic, a skillfull blend of speed and slowness, excitement and wisdom, eroticism and psychedelism. Reissued on CD by the Braziliam label Essence Music in 2007(?) as an augmented version (hence ...Returns), with two new tracks, another one extended (and retitled). With Kawabata, Cotton, Tsuyama, Higashi, and, depending on the track, Koizumi Hajime or Yoshida Tatsuya (of Ruins) at the drums. Highly recommended.

2009-08-12: Justin Rubin, Brooke Joyce, Continuum, Acid Mothers Temple

Journal d'écoute / Listening Diary


JUSTIN RUBIN / Nostalgia (Innova Recordings)

Une grande partie du catalogue de l’étiquette américaine Innova est consacré à du classique contemporain de compositeurs d’aujourd’hui, souvent jeunes.C’est loin de tomber toujours dans mes cordes, mais ce disque me flatte dans le sens du poil. D’abord j’adore le basson, et toutes les pièces de ce disque sauf une mettent en vedette cet instrument, soit solo, en duo (avec un piano, un marimba, un orgue ou un violoncelle) ou en trio (avec l’un ou l’autre des instruments précédents, plus une clarinette). Jefferson Campbell s’avère un bassoniste doux et circonspect, ce qui sert bien les compositions de Rubin, qui allie modernité (jeux modaux) et tradition ( un fort côté impressionniste à ses mélodies). Dès “Night Song for Noa”, j’étais vendu. Et après ces variations, bagatelles et estampies, la longue pièce pour basson et orgue “Un temps calme”, en conclusion d’album, recentre tout ce qui précédait sur un axe moderne, le temps d’une œuvre contemplative, minimaliste, d’une beauté sereine. Chaudement recommandé. [Ci-dessous: Un extrait du disque, “Nostalgia”, trouvé sur le site du compositeur.]

A large part of the US label Innova’s catalog is devoted to contemporary classical music by living and often young composers. This kind of music often falls outside my fields of interest, but this particular record strikes a chord. First of all, I love bassoon, and all the works save one on this disc feature that instrument, either solo, in duo (with piano, marimba, organ, or cello) and trio (with some of the aforementioned or clarinet). Jefferson Campbell is a quiet and careful bassoonist, characteristics that serve Rubin’s compositions very well. Rubin’s music pairs modernity (modal games) and tradition (his melodies display a strong impressionistic influence). I was hooked right from “Night Song for Noa.” And after a number of variations, bagatelles, and estampies comes the lengthy concluding piece for bassoon and organ, “Un temps calme,” refocusing the proceedings on a modern paradigm with a contemplative, minimal work of serene beauty. Highly recommended. [Below: “Nostalgia”, a track off the album, found on the composer’s website.

http://www.d.umn.edu/~jrubin1/aJHR Nostalgia.mp3

BROOKE JOYCE / Waves of Stone (Innova Recordings)

Exemple de musique contemporaine récente qui ne m’accroche pas. Cette monographie du jeune compositeur Brooke Joyce tire dans toutes les directions: duos de piano, musique de chambre, lieders sur des chansons traditionnelles, et même une pièce piccolo et piano jouet. C’est touffu, chargé, fortement occupé à référencer tous les grands noms du siècle dernier tout en cherchant à se prouver unique en son genre. Mais y a-t-il une idée novatrice développée avec brio? Un élan créatif transcendant? Quelque chose de marquant à en retenir? Pas vraiment, malheureusement: c’est aussi plat que la plate photo mal rendue qui orne la pochette. Mais est-ce mauvais, mal joué, choquant? Non, ce qui est peut-être tout aussi malheureux. Dans son genre, c’est banal, point.

Here we have a case of contemporary music that fails to grab me. This monography by young composer Brooke Joyce shoots in all directions: piano duets, chamber music, lieders based on traditional American songs, even a piece for piccolo and toy piano. It’s loaded, dense, very busy referencing every major name of the last century while desperately trying to prove itself unique. But is there a brilliantly-developed innovative idea? A transcendant surge of creativity? Something striking to remember? Not really. Sadly, this album is as dull as the badly rendered photograph on the cover. But is it bad, badly performed, or shocking? No, which might be just as sad. It’s just terribly ordinary.

CONTINUUM / Lifeless Ocean (Musea)

Je n’aime pas le prog-métal. Une question d’affinités, j’imagine. J’aime certains disques apparentés au genre, mais ils appartiennent aux franges. Le prog-métal pur et dur, ça m’ennuie. Et Lifeless Ocean est un disque ennuyant. Au point où je n’ai pas poussé au-delà de la moitié du disque. C’est un groupe français qui chante en anglais – le chanteur a un accent prononcé et sa voix n’a rien de remarquable. La musique non plus. Trop ordinaire pour moi.

I don’t like prog metal. It’s just a matter of personal tastes. I am known to like some prog metal-related records, but they are borderline cases from the fringes of the genre. Pure-bread prog metal bores me. And so Lifeless Ocean is a boring record to my ears, to the point where I gave up halfway through. Continuum is a French group singing in English - the singer has a strong accent and his voice is nothing to write home about. Nor is the music. Too ordinary for me.

ACID MOTHERS TEMPLE & THE COSMIC INFERNO / Ominous from the Cosmic Inferno (Essence Music)

[Suite de mes aventures templesques, qui se poursuivent depuis le 27 juillet]. Ce pourrait bien être le meilleur disque d’AMT & The Cosmic Inferno. Enregistré début 2006 et paru en 2007(?) sur une petite étiquette brésilienne, il met en vedette Kawabata, Higashi, Tabata, Shimura et Okano - oui, deux batteurs. Six pièces aux durées variées, presque toutes des collaborations entre Kawabata et Tabata, ce dernier chantant à l’occasion. C’est résolument un Cosmic Inferno: rythmes d’enfer, son pesant et musclé. Mais il y a de la variété, les choses allant du stupide à la transe, en passant par l’étrange, comme “Nipples in the Dream Woods” avec sa ligne de synthé insistante (pendant 15 minutes!) enterrée périodiquement par la section rythmique et la guitare tonitruante de Kawabata. En plus, l’album se présente dans une pochette mini-vinyle qui cache en son centre... un pop-up! L’un des CD d’Acid Mothers les plus intéressants à posséder physiquement. Bref, un must.

[The continuation of my Temple-esques adventures that started on July 27.] This may very well be AMT & The Cosmic Inferno’s best album. Recored in early 2006 and released in 2007(?) on a small Brazilian label, it features Kawabata, Higashi, Tabata, Shimura, and Okano - yep, a twin-drummer line-up. Six tracks of varied durations, almost all collaborations between Kawabata and Tabata, the latter singing on a couple of them. This is truly a Cosmic Inferno CD: killer beats, heavy sound, loud music. But there’s variety, with the proceedings ranging from the stupid to the trance-inducing, passing through strange territories, like “Nipples in the Dream Woods” and its relentless synth line regularly buried by the rhythm section and Kawabata’s thundering guitar. Even better, the album is presented in a mini-LP sleep that hides in its center fold...a pop-up! One of the most interesting Acid Mothers CD to own. All in all, a must-have.


2009-08-11: Mika Vainio, Karo, Strange Daze '97, Ill Wind, Acid Mothers Temple

Journal d'écoute / Listening Diary


MIKA VAINIO / Aíneen Musta Puhelin (Black Telephone of Matter) (Touch - merci à/thanks to Forced Exposure)

Surtout connu comme une moitié de Pan Sonic, Mika Vainio publie des albums solo depuis une dizaine d’années. Celui-ci, son quatrième, est l’une des propositions électroniques les plus intrigantes que j’aie entendu cette année. La recherche musicale de Vainio est pure, sans atteindre l’ascétisme débilitant de Florian Hecker. Il semble articuler ses idées (contrastes entre machine et organicité, entre bruit blanc et ondes sinusoïdales, entre structure et laisser-faire) autour d’une perception instinctive de la beauté, perception qu’il contrecarre parfois à dessein. Ce disque invite aux écoutes multiples, attentives. Il invite au ressenti ET à l’analyse. Ce disque n’est pas pour les oreilles sensibles ni les gens pressés, mais ce n’est pas une décharge bruitiste ou une œuvre hermétique non plus. À première écoute, ça me paraît brillant. Je vous en reparlerai bientôt. [Ci-dessous: Pas ecore d’extraita légaux sur le web, mais voici un extrait d’un concert récent de Vainio.]

Best known as one half of Pan Sonic, Mika Vainio has been releasing solo albums for a decade or so. This is his fourth, and one of the more intriguing electronic propositions I have heard this year. Vainio’s musical research is pure without reaching Florian Hecker’s debilitating level of asceticism. He seems to be articulating his ideas (constrats between machine and organicity, white noise and sine waves, structure and laisser-faire) around an instinctive perception of beauty, a perception he can willingly bypass. This record beckons multiple attentive listens. It is an invitation to feeling and analyzing. It is not intended for sensitive ears and hurried folls, although it is neither an outburst of noise nor a hermetic work. On first listen, it feels f***ing brilliant. I’ll tell you more later. [Below: No legal audio samples on the web yet, but here’s some recent live footage of Vainio.]

KARO / Sing Out, Heart! (Normoton - merci à/thanks to Forced Exposure)

Premier album de cette jeune chanteuse folk allemande, et une belle surprise! Elle joue de la guitare comme un bûcheron (très simple, voire simpliste, aucune subtilité), mais elle a une belle voix honnête, des textes intéressants, des mélodies touchantes. Elle me fait penser à Cat Power, un peu à Susanna Wallumrød aussi (la langueur). Rien qui casse ici, mais un beau disque, empreint d’honnêteté. Si elle a plus que ça en elle, Karo pourrait s’épanouir en une auteur-compositrice-interprète redoutable. À suivre... [Pour écouter des extraits, visitez son site myspace.]

Debut album from this young German folk singer, and a nice surprise! She plays guitar like a lumberjack (extremely simple parts, no finesse), but she has a pretty and honest voice, good lyrics, and moving melodies. She makes me think of Cat Power, and also Susanna Wallumrød (her languor). Nothing revolutionary here, but a fine record dipped in honesty. If Karo has more of that in her, she may develop into a powerful singer-songwriter. [To hear samples from the album, visit her myspace.]

ARTISTES VARIÉS-VARIOUS ARTISTS / Strange Daze ’97 (Pangea/Voiceprint)

Récemment réédité par Voiceprint, cette compilation d’enregistrements faits lors de la première édition du festival de space rock Strange Daze est un “mixed bag” dans tous les sens du terme. Beaucoup de groupes (une quinzaine) à la qualité TRÈS variable, une sélection plus que discutable et un livret même pas foutu de fournir une liste des pièces! Parlons de la sélection: le premier disque présente une pièce par groupe, sauf les têtes d’affiche. Le second disque présente trois pièces de Far Flung w/ Nik Turner et trois pièces de Hawkind, plus une douzaine d’extraits des autres prestations, sous forme de collage audio, mais en reprenant en grande partie les prestations entendues sur le premier disque! Quel est l’intérêt? Honnêtement, tous les groupes intéressants sur cet album ont publié des disques en concert ailleurs (et Hawkwind plus que quiconque), alors évitez cette compilation à tout prix.

Recently reissued by Voiceprint, this 2-CD compilation of live recordings from the first edition of the Space Daze space rock festival is a mixed bag in every conceivable way. Lots of bands (over a dozen) of varying quality, a highly questionable selection, and an ill-conceived booklet that can’t even give you an actual tracklist! Let’s talk about the selection: Disc 1 features one track per group, except for the headliners. Disc 2 features three tracks by Far Flung w/ Nik Turner and three by Hawkwind, plus a dozen excerpts from the other performances, the whole sequenced as an audio collage, except that most of those excerpts are from tracks already included in full on Disc 1! What’s the point? Honestly, all the interesting bands on this album have released live recordings elsewhere (Hawkwind more than any other), so avoid this compilation at any cost.

ILL WIND / Flashes...Expanded (Sunbeam - merci à/thanks to Forced Exposure)

Agréable. Ill Wind était un groupe de rock psychédélique de Boston. Ils ont produit un seul album, Flashes, en 1968, très apprécié des connaisseurs et maintes fois piraté. Sunbeam le réédite pour la première fois avec l’autorisation du groupe et assorti d’un disque complet (oui, c’est donc un double) de démos et d’enregistrements divers (1966-1968). L’album original est très intéressant: du bon rock psychédélique, très près de Jefferson Airplane, avec une chanteuse envoûtante (au timbre rappelant Grace Slick) et de bons guitaristes. Une belle écriture aussi, une touche de banjo parfois. Solide. Et les démos sonnent étonnamment bien – ceux qui connaissent Flashes seront ravis de tous ces extras, les autres auront droit à une double ration.

Enjoyable. Ill Wind was a psychedelic rock band from Boston. They recorded only one LP, Flashes, released in 1968, highly regarded by connoisseurs and bootlegged several times. Sunbeam is releasing the first band-approved reissue with a whole disc (yep, it’s a double set) of demos and various recordings from 1966-1968. The original LP is very interesting: good psychedelic rock, very close to Jefferson Airplane, with a captivating singer (her tone is similar to Grace Slick’s) and good guitar players. Nice songwriting too, with an occasional touch of banjo. Solid stuff. And the demos have very good sound. Folks who already know Flashes will be thrilled by the extras; the others are in for a double feature.

ACID MOTHERS TEMPLE & THE COSMIC INFERNO / Just Another Band from the Cosmic Inferno (Important Records)

[Suite de mes aventures templesques, qui se poursuivent depuis le 27 juillet]. Début 2005, Kawabata Makoto annonçait la mise en hiatus d’Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O. (à la suite du départ de la claviériste-chanteuse Casino Cotton) et la naissance d’un rejeton infernal, Acid Mothers Temple & The Cosmic Inferno. Si la distinction entre les deux groupes est devenue floue, voire accessoire avec le temps, elle fut utile au début. Là où Melting Paraiso est affaire de contrastes en speed-rock psychédélique et envolées tribalo-lysergiques, Cosmic Inferno se concentre exclusivement sur le jam à fond de train, monolithique, répétitif et borné. Ce premier disque, paru en 2005, demeure l’un des plus convaincants. Il regorge d’énergie, d’audace (dans le même sens où certains groupes krautrock étaient audacieux), de cran. Ça demeure monotone, mais d’une monotonie qui déplace les montages. Deux longues pièces, avec Kawabata, Higashi Hiroshi (seul rescapé de Melting Paraiso), Tabata Mitsuru, Shimura Koji et Okano Futoshi.

[The continuation of my Temple-esques adventures that started on July 27.] In early 2005, Kawabata Makoto announced he was putting Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O. on hiatus (following keyboardist/singer Casino Cotton’s departure) and the birth of the “hellchild” Acid Mothers Temple & The Cosmic Inferno. If the line between the two bands would grow blurry with time, back then it was clear. Where Melting Paraiso was about contrasts and shifts between psychedelic speed rock and tribal-lysergic flights, Cosmic Inferno is exclusively about thunderous jams of the monolithic, repetitive, and single-minded kind. This first album, released in 2005, remains one of the better ones. It is full of energy, boldness (just like some of the krautrock bands were bold), and balls. It’s still monotonous music, but it’s the kind of monotonousness that can move mountains. Two long tracks featuring Kawabata, Higashi Hiroshi (sole transfuge from Melting Paraiso), Tabata Mitsuri, Shimura Koji, and Okano Futoshi.


Délire actuel, 2009-08-11


Émission du 11 août 2009

Broadcast Date: 11 August 2009



Électro-voix-post-classique-gothique / Impro libre: Une première heure autour d'une ambiance particulière, entre le post-classique, le collage post-industriel et le gothique. Deuxième heure: de l'excellente impro libre en groupe.

Electro-vocal-post-classical-gothic music / Free improvisation: First hour focused on a peculiar atmosphere, somewhere between post-classical, post-industrial collage, and gothic... something. Second hour: Excellent group free improvisation.



*KRENG / Na De Sex (4:21)
/ Tinseltown (4:16)
/ Miranda's Onrustige Slaap (2:30)
/ Kolossus (4:43) - L'Autopsie phénoménale de Dieu (Miasmah Records)
**PIMMON / Come Join the Choir Invisible! (2:41) - Smudge Another Yesterday (Preservation)

*NURSE WITH WOUND / The Golden Age of Telekinesis (17:32) - The Surveillance Lounge (United Dirter)

/ Olo (1:37)
/ Len (4:03) - Sur fond blanc (Ekumen)

***TEXTILE ORCHESTRA / The Beginning of the End (20:20) - For the Boss (Beta-lactam Ring Records)

ERNESTO RODRIGUES, G. RODRIGUES, C. SANTOS & A. DRURY / Street Food (11:28) - Eterno Retorno (Creative Sources)
SPEAK EASY / Backchat 3 (7:27) - Backchats (Creative Sources)

IN SAND / All the Available Evidence (6:13) - Whatever (Uneasy Listening)

merci à/thanks to:

*Forced Exposure

**Dense Promotion

***Massive Music


Nurse with Wound en concert avec David Tibet

Nurse with Wound live with David Tibet

Ernesto et Guilherme Rodrigues en concert avec un autre groupe (vidéo professionnelle)

Ernesto & Guilherme Rodrigues live with a different group (professional video)

Délire musical, 2009-08-11


Émission du 11 août 2009
Broadcast Date: 11 August 2009


*Thème/Theme: SHTA HASUNUMA / Pop Ooga Plus (Western Vinyl)

35007 / Evaporate (5:53) - Liquid (Stickman Records)
BLACK HEART PROCESSION & SOLBAKKEN / Dog Song (3:21) - In the Fishtank, Vol. 11 (Konkurrent)
*ENO-MOEBIUS-ROEDELIUS / Tzima N'arki (4:30) - After the Heat (Bureau B)

BLACK FEATHER / Étienne de Silhouette (4:56) - Silhouette (Other Electricities)
ANDREW BIRD / Heretics (3:33) - Armchair Apocrypha (Fat Possum)
*SLuG / The Voice Behind the Screen (3:31) - Speed and Jopy (Off)

MAGMA / Weidorje (4:32) - Üdü Wüdû (Seventh)
UNIVERS ZERO / L'étrange mixture du docteur Schwartz (4:04) - Relaps (Cuneiform)
UPSILON ACRUX / Landscape with Gun and Chandelier (3:29) - Radian Futura (Cuneiform)Lien

RAFAEL ANTON IRRISARI / Harm and Boon (extrait/excerpt: 4:00) - All is Wild, All is Silent (Western Vinyl)

merci à/thanks to:
*Forced Exposure


35007: Vidéo d'une autre pièce de l'album Liquid.

35007: Video for another track off the album Liquid.

Black Feather: Vidéo de l'extrait "Razor Blade" du même album.

Black Feather: Video for the first single, an edit of "Razor Blade."


2009-08-10: An Anthology of Chinese Experimental Music, Stephan Moore, Arpia, Nurse With Wound, Acid Mothers Temple

Journal d'écoute / Listening Diary


ARTISTES VARIÉS-VARIOUS ARTISTS / An Anthology of Chinese Experimental Music 1992-2008 (Sub Rosa - merci à/thanks to Forced Exposure)

Voilà, j’ai terminé l’écoute de ce coffret de quatre disques (j’en ai fait un commentaire partiel dans l’entrée du 2009-08-06). Il s’agit d’un tableau assez touffu de la scène électronique expérimentale chinoise (et environs), scène que je connaissais très peu avant ce coffret, donc difficile pour moi d’évaluer la pertinence ou le caractère exhaustif de la sélection. La palette de styles s’étend de la musique concrète au collage sonore, en passant par le bruitisme pur et dur et l’ambiant textural. Le disque 1 se concentre sur l’électronique et l’électroacoustique, les disques 2 et 3 penchent plutôt vers le bruitisme (tout en touchant au reste), et le disque 4 met l’accent sur le collage et les pièces mixtes (bande et instruments). J’en ressors surtout avec un respect amplifié pour les artistes que je connaissais déjà: Wang Changcun, Dickson Dee, Wang Fan. J’ai bien aimé aussi Wu Quan, Nara, Pei et Simon Ho. Je produira bientôt une édition de Délire actuel consacrée à cet ambitieux coffret (qui recoupe peu la compilation double China: The Sonic Avant-Garde publiée en 2003 par Dajuin Yao sous étiquette Post-Concrète).

Okay, I’ve gone through all four CDs of this boxset (I posted a partial comment as part of my diary entry for 2009-08-06. It is a rather exhaustive survey of the experimental electronica scene in – and around – China, a scene I knew little of prior to this set, so I’m not able to evaluate the relevance of the track selection. The palette of styles runs from musique concrete to sound collage, down-and-dirty noise, and textural ambient. Disc 1 focuses on electronics and electroacoustics, while discs 2 and 3 weigh more toward noise (while covering other stuff too); finally, disc 4 is geared toward collages and mixed pieces (tape and instruments). I came out of it mostly with amplified respect for the the artists I already knew: Wang Changcun, Dickson Dee, Wang Fan. I also liked the contributions of Wu Quan, Nara, Pei, and Simon Ho, among others. I will be featuring this set in a Delire Actuel segment soon. By the way, there is little artist crossover between this ambitious set and the China: The Sonic Avant-Garde double-CD set compiled by Dajuin Yao and released on Post-Concrete in 2003.

STEPHAN MOORE / To Build a Field (Deep Listening Institute)

Je connais surtout Moore comme l’un des deux membres du duo électroacoustique Evidence. Ce disque rassemble des œuvres écrites entre 2002 et 2008 pour des chorégraphies. Elles varient en durée de six minutes à 23 minutes, mais elles sont toutes relativement calmes et paisibles. Lentes à développer, elles font preuve de grâce, au point à en devenir un peu trop aérienne. Ce léger manque de substance est compensé par une solide cohésion de l’ensemble, ce qui fait de To Build a Field un disque agréable à écouter, soit de manière distraite, soit en profondeur.

I mostly knew Moore as one half of the electroacoustic duo Evidence. This CD culls works written between 2002-2008 for dances. The pieces range from six to 23 minutes, and they are all relatively calm and peaceful. They develop slowly and gracefully – to the point where they get a bit too aerial. This slight lack of substance is balanced out by the CD’s high level of cohesion, making To Build a Field a pleasant listen, either as background music or as a deep listening experience.

ARPIA / Racconto D’Inverno (Musea)

Troisième album d’Arpia, le projet d’un chanteur et multi-instrumentiste italien, Leonardo Bonetti. Arpia évite le syndrôme du tout-seul-dans-ma-cave-avec-un-multipistes en s’acoquinant un bonne chanteuse (ce qui permet de jolis arrangements vocaux homme-femme), un guitariste acoustique et un batteur. Racconto D’Inverno est une album concept autour d’un roman de Bonetti, mais tout le livret est en italien. La pub de Musea mentionne King Crimson, Hammill et Banco, mais c’est tout faux: nous ici plutôt dans le néo-prog italien, très bien fait au demeurant. À tisser des comparaisons, faudrait mieux faire du côté de Finisterre, Mindflower, PFM à leurs débuts (à la limite). Une écriture solide.

Arpia’s third album. Arpia is the project of Italian singer and multi-instrumentalist Leonardo Bonetti. The man avoids the alone-in-my-basement-with-my-multitrack-set-up syndrome, drafting in a good female singer (leading to pretty male/female vocal arrangements), an acoustic guitarist, and a drummer. Racconto D’Inverno is a concept album about a novel written by Bonetti, but the whole booklet is in Italian, so I won’t attempt to get into that. Musea’s advertisement name-drops King Crimson, Hammill, and Banco as similar acts, but it’s all wrong, as this is mainly Italian neo-prog – and well done so, might I add. If you want comparisons, better go with Finisterre, Mindflower, and, stretching it a bit, early PFM. Strong songwriting.

NURSE WITH WOUND / Drunk with the Old Man of the Mountains (Jnana)

Je viens d’acquérir ce Nurse with Wound de 1987, par curiosité. Très solide. Présence de boîtes à rythme qui trahissent l’âge de l’enregistrement, mais surtout de l’excellent collage sonore surréaliste, un peu bruitiste mais pas trop, un étonnement constant pour les oreilles et le cerveau qui essaie désespérément de tisser des corélations entre les éléments sonores épars. Un grand cru.

I just bought this 1987 Nurse with Wound album out of curiosity – it’s an era of the band I know next to nothing about. Very strong. The beatbox sounds betray the era, but this album is mostly about excellent surreal sound collages with a noisy quality (not too much, though), ongoing astonishment for the ears and the brain, which desperately tries to draw corelations between seemingly unrelated sonic items. A great vintage.

ACID MOTHERS TEMPLE & THE MELTING PARAISO U.F.O. / Recurring Dream and Apocalypse of Darkness (Important Records)

Paru en 2008, ce disque présente deux longues pièces presque interchangeables. Crédité au nom de AMT & The Melting Paraiso U.F.O., il s’apparente beaucoup plus à un album d’AMT & The Cosmic Inferno: pas de pièces plus planantes, pas de suites, peu de changements. Chaque pièce consiste en un riff roulé à fond de train, trame d’une orgie de guitares distortionnées et de synthés survoltés. Peut-être qu’il s’agit d’un “statement”; peut-être qu’il s’agit aussi d’un piètre disque. Ça transporte, ça déménage, mais ça lasse.

Released in 2008, this CD features two near-interchangeable extended tracks. The band is credited as AMT & The Melting Paraiso U.F.O., but it actually sounds much closer to an AMT & The Cosmic Inferno album: no softer trippy tracks, no suites, little changes in mood and direction. Each piece consists in a monolithic riff repeated relentlessly, over which fuzzed-out guitars and spaced-out synths keep coming at you. It may be some form of statement, or it may be simply a weak AMT release. It shakes off the dust, and it even carries you for a while, but it gets tiresome too quickly.