Portail du journalisme et de l'activisme musical de François Couture.

Home of François Couture's music journalism and activism.

2013-04-29

2013-04-25/26: Koji Asano, Perelman/Shipp, Bomata, Athanor, Quarkspace


Journal d'écoute / Listening Diary 
2013-04-25/26

KOJI ASANO / August is Fall (Solstice)
Suivre Koji Asano, c’est être constamment appelé à s’interroger. Quand, au début de mon émission radio Délire actuel, j’explique que les musiques exigeantes exigent qu’on porte attention et qu’on revoit notre définition de ce qu’est et de ce que n’est pas la musique, je pense à Asano. Systématiquement. August is Fall est une œuvre d’une heure, en trois mouvements. C’est à peine si on remarque les passages d’un mouvement à l’autre, puisque les arrêts-reprises sont nombreux. Et comment décrire les sons offerts entre ces arrêts? Une pâte à la fois complexe et indistincte, très filtrée – j’ai parfois l’impression d’écouter via une radio à ondes courtes. Y a-t-il une logique à la fréquence des arrêts-reprises? Faudrait écouter chrono en main. Finalement, qu’est-ce? Une plage de temps sans début ni fin.
Following Koji Asano means being constantly called to question one’s self. When, at the beginning of my radio show Délire actuel, I explain that demanding music is music that demands that you focus on it, think about it, and eventually review your definition of what music is and isn’t, I’m always thinking of Asano. August is Fall is a one-hour work in three movements – but you barely notice the switch from one movement to the next, since there are a large number of stop/go moments in the piece. And how could I describe the sounds? A complex yet undistinctive sonic paste, highly filtered – at times, it feels like I’m listening to this on a shortwave radio. And is there a structure, a system to these stop-go’s? Maybe I should listen with a stopwatch. In the end, what is this? A slice of time without a beginning or an ending.

IVO PERELMAN & MATTHEW SHIPP / The Art of the Duet, Volume One (Leo Records)
Après avoir publié simultanément trois disques du saxo Ivo Perelman il y a quelques mois, voici que Leo Records remet ça! Et le pianist Matthew Shipp est présent sur les trois! The Art of the Duet (notez la mention “volume 1”) est un enregistrement studio de septembre 2012. Douze duos courts (rien au-dessus de cinq minutes) entre deux musiciens qui ont beaucoup en commun. De la verve, oui, mais aussi un langage mélodique qui, aussi “instantané” soit-il dans ce contexte, est le résultat d’une longue pratique. Le “Duet #06” touche à la splendeur.
After releasing simultaneously three CDs by sax player Ivo Perelman a few months ago, Leo Records does another hat trick! And pianist Matthew Shipp is on all three too! The Art of the Duet (please notice that “Volume 1”) is a studio session from September 2012. Twelve short duets (nothing over five minutes) between two musicians who have a lot in common. Verve, of course, but also a melodic language that results from years and years of development, however “instantaneous” it may seem. “Duet #06” touches on pure splendour.

BOMATA / Arômes d’ailleurs (Malasartes)
Bomata est le second trio du contrebassiste montréalais Jean-Félix Mailloux (l’autre étant Cordâme, un trio à cordes). Et Arômes d’ailleurs est le second disque de ce trio où on retrouve aussi le clarinettiste Guillaume Bourque (Sagapool) et le percussionniste Patrick Graham. La musique de Mailloux continue de se raffiner, empruntant des éléments indiens, arabes et asiatiques pour nourrir un goût de la mélodie sans évidence. Graham, un maître du tambour sur cadre, rend ces emprunts fort crédibles (notons aussi que Ziya Tabassian lui prête main forte dans quatre morceaux). Ce disque démontre que la ligne est mince entre Cordâme et Bomata – une question d’instrumentation, sans plus, puisque l’élan créatif et la qualité des arrangement sont les mêmes.
Bomata is Montreal-based doublebassist Jean-Félix Mailloux’s second trio (the first one being the string trio Cordâme). And Arômes d’ailleurs (“Scents from Abroad”) is the second album, just out, by this trio also featuring clarinettist Guillaume Bourque (of Sagapool) and percussionist Patrick Graham. Mailloux’s music keeps gaining in sophistication, borrowing elements from India, Asia, and Northern Africa to feed his taste for non-obvious melodies. Graham, a master of the frame drum, anchors these borrowed elements in credibility (he is also helped in that regard by Ziya Tabassian on four tracks). This album shows how thin the line has grown between Cordâme and Bomata – it’s just a matter of instrumentation, since the creative drive and quality of the arrangements are one and the same.

ATHANOR / Vos cités sont des tombeaux (Le Chêne creux)
Du rock progressif qui combine de nombreuses influences – King Crimson, Magma, Henry Cow, Univers Zero, Decibel – en une impressionnante suite d’une heure en 19 mouvements. Et c’est essentiellement l’œuvre d’un seul homme, le batteur Cédric Marcucci, bien entouré tout de même de 14 autres musiciens. Les influences sont portées à fleur de peau, avec des références très directes (“Marche vers...” évoque le “Devil’s Triangle” de King Crimson; “La terre n’attend pas” est un pastiche de Magma époque “Kontarkosz”), mais l’ensemble se tient, solidement même. Disons que dans l’ensemble, nous sommes à mi-chemin des univers de Henry Cow et d’Univers Zero (ou plutôt, tour à tour dans ces univers). Je réécouterai certainement et je diffuserai allègrement: c’est une découverte. [Ci-dessous: “Mr Drinkenness”.]
Progressive rock combining many influences – King Crimson, Magma, Henry Cow, Univers Zero, Decibel – into an impressive hour-long suite in 19 movements. And it is basically the work of a single man, drummer Cédric Marcucci, supported by 14 other musicians. He wears his influences on his sleeve, and the music contains some very direct references (“Marche vers...” strongly evokes King Crimson’s “The Devil’s Triangle” as if it had been performed by Henry Cow); “La terre n’attend pas” is a pastiche of Univers Zero; etc.), but the whole thing holds very well together. Overall, the main universes conjured up are Henry Cow’s and Univers Zero’s. I will definitely listen to this one again, and I will be broadcasting excerpts galore: this is a discovery.  [Below: “Mr. Drinkenness.”]

QUARKSPACE / Spacefolds 12 (Eternity’s Jest)
Le groupe Quarkspace vient de publier le douzième volume de sa série Spacefolds. Celui-ci (comme le précédent) est disponible uniquement par téléchargement. Ces dix improvisations space rock font plus de place à la batterie naturelle. Un peu moins d’électroniques, un feeling plus rock, moins kosmische musik que Spacefolds 11. “Return of the Son of Quarkallak,” “South Pass” et “Jeptha’s Sleepy Waltz” ressortent du lot. Or, je crois percevoir un certain essouflement... Disons qu’on pourrait sélectionner les meilleurs extraits des volumes 11 et 12 pour constituer un disque pas mal plus consistant que ces deux-là séparément.
Quarkspace just released their 12th volume of Spacefolds. This one (like the previous volume) is available only as a download. These ten space rock improvisations make more use of natural drums. There’s also less electronics, more of a rock feel than a kosmische musik feel (as on Spacefolds 11). “Return of the Son of Quarkallak,” “South Pass” and “Jeptha’s Sleepy Waltz” stand out. However, the inspiration here is not always at its best. Let’s say that the highlights of 11 and 12 would make a much more consistent record.

No comments:

Post a Comment