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2011-06-07

2011-06-06: Andy Akiho, Meira Warshauer, Mimmo/Sjöström, Calomito, Frank Pahl, Little Bang Theory

Journal d'écoute / Listening Diary 
2011-06-06

ANDY AKIHO / No One to Know One (Innova)
Andy Akiho joue du steel pan (le tambour métallique des Caraïbes). Il est aussi compositeur, pour cet instrument et pour d’autres. No One to Know One présente dix compositions. Une seule (“Kiiro - Yellow”) n’inclut pas le steel pan dans son instrumentarium. On trouve un solo de steel pan, deux trios (steel pan, trompette et violon; steel pan, contrebasse et batterie), un quatuor (steel pan, violoncelle, contrebasse et batterie), quelques pièces pour ensemble de chambre, ainsi qu’une pièce pour steel pan et boucles de violoncelle. L’écriture va de pièces aux connotation insulaires et des moments rappelant Philip Glass. La musique est touchante, élégante, les arrangements soignés mais accessibles. Une belle surprise et un disque qui sort le steel pan du ghetto de la World Music.  [Ci-dessous: La pièce-titre, en concert.]
Andy Akiho plays the steel pan (a steel drum from the Caribbean). He is also a composer, for this and other instruments. No One to Know One features ten compositions. Only one (“Kiiro - Yellow”) doesn’t include the steel pan in its instrumentation. There is a steel pan solo, two trios (steel pan, trumpet and violin; steel pan, doublebass and drum kit), a quartet (steel pan, cello, doublebass, drum kit), a few pieces for chamber ensemble, and one piece for steel pan and cello loops. The writing ranges from insular connotations to moments reminiscent of Philip Glass. The music is moving, elegant, with sophisticated yet accessible arrangements. A nice surprise and a record that take the steel pan out of the World Music ghetto.  [Below: The title track performed live.]

MEIRA WARSHAUER / Living Breathing Earth (Navona)
D’un instrument inhabituel à l’autre, voici la compositrice Meira Warshauer qui propose un concerto pour shofar (un cor traditionnel juif) intitulé “Tekeeyah” - une douce pièce d’éveil aux harmonies délicates, très agréable. Le disque contient aussi la première symphonie de Warshauer, “Living Breathing Earth”, une œuvre plus turbulente mais encore une fois très accessible. Dans les deux cas, une beauté simple et assumée. Le disque comporte une portion CD-ROM avec partitions, entrevue radiophonique et entrevues vidéo.
From one unusual instrument to another, here is composer Meira Warshauer with a concerto for shofar (a traditional Jewish horn) entitled “Tekeeyah” – a quiet awakening piece with delicate harmonies, quite enjoyable. The D also includes Warshauer’s first symphony “Living Breathing Earth,” more eventful yet once again very accessible. Both pieces showcase simple and assured beauty. The record includes a CD-ROM partition with scores, a radio interview and video interviews.

GIANNI MIMMO & HARRI SJÖSTRÖM / Live at Bauchhund, Berlin 2010 (Aminari)
Un duo de saxos sopranos, enregistré à la bonne franquette et monté en laissant les interactions avec le public. L’esprit est bon enfant, mais les improvisations sont sérieuses et adroites, avec un intéressant mélange d’atonalisme et de jeux harmoniques entre les deux instruments.
A duo of soprano saxophones recorded on the fly and edited with interactions with the audience left in. The ambience is very relaxed, but the free improvisations are serious and skillful, with an interesting blend of atonality and harmonic interplay between the instruments.

CALOMITO / Cane di schiena (AltrOck/Megaplomb)
Un groupe italien d’avant-prog, aux influences allant de Henry Cow à Univers Zero, en passant par Picchio dal Pozzo et Robert Wyatt - et une touche de musique actuelle québécoise, surtout dans l’utilisation du trombone. Cane di schiena s’écoute aisément mais promet de récompenser largement l’écoute attentive. Le premier contact est fort positif, avec les pièces “Bella Lee”, “Parliamone” et “Pappa Irreale” qui se détachent. Entièrement instrumental.  [Ci-dessous: Trois extraits de l’album offerts sur SoundCloud.]
An Italian avant-prog band with influences ranging from Henry Cow and Univers Zero to Picchio dal Pozzo and Robert Wyatt – and a touch of Quebec musique actuelle, especially in how the trombone is used. Cane di schiena goes down easily while promising a rewarding attentive listen. First contact is very positive, with tracks “Bella Lee”, “Parliamone” and “Pappa Irreale” standing out.  [Below: Three excerpts available on SoundCloud.]

FRANK PAHL / Music for Architecture (Transmogrification)
Un petit disque tout simple de piano préparé à la sauce Frank Pahl. Un projet né d’une commande de musique pour piano préparé pour un court documentaire d’Ed Moore sur Eero Saarinen. L’occasion d’une recherche sur cet instrument. Résultat: une suite de 15 minutes pour ledit film, mais aussi 16 courtes pièces instrumentales, des constructions studio où Pahl, grand compositeur pour instruments jouets, automates et trucmuches disparates, utilisent l’héritage de John Cage pour donner un corps différent à son art finement naïf. Au final, Music for Architecture est Pahl d’abord, piano préparé ensuite – on a même droit à une ou deux mélodies sifflées. Très bon et dans une classe à part si on considère la discographie de Pahl, un peu comme sa collaboration avec Klimperei (Music for Desserts).
A simple little record of prepared piano à la Frank Pahl. This project started as a prepared piano music commission for a short documentary by Ed Moore on Eero Saarinen. And turned into a research phase on the instrument. Result: a 15-minute suite for said film, and 16 short instrumental tracks, studio constructs where Pahl (a major composer for toy instruments, automatons and assorted gizmos), uses builds on John Cage’s legacy to give to his finely naive art a different body. In the end, Music for Architecture is Pahl music first, prepared piano music second - we’re even treated to a whistled melody or two. Very good and something different in the man’s discography, like his collaboration with Klimperei (Music for Desserts) was.

LITTLE BANG THEORY / Toy Suites and Themes (Transmogrification)
Un deuxième album pour Little Bang Theory, le trio de musique de jouets dirigé par Frank Pahl. Le film constitue le fil d’Ariane et l’influence première sur ce disque. On a droit à deux reprises en bonne et due forme (un Morricone et la “Lullaby” de Navarette pour Pan’s Labyrinth), à des musiques composées pour accompagner des projections de films muets, et à des citations diverses dans les deux “Toy Suites”, dont “Toy Suite #2” qui propose 25 minutes de musique originale et de clins d’œils entremêlés. L’album dans l’ensemble est splendide, d’une complexité désarmante (mais si simple à la fois), souvent mélancolique et westernesque (ô Ennio, quand tu nous tiens). Un tantinet moins rigolo que le premier album, mais peut-être plus accompli au niveau de l’écriture. Disons simplement que sur cet opus, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer une seule seconde d’Only a Mother.
A second album for Little Bang Theory, the toy music trio led by Frank Pahl. Cinema is the thread and main influence running throughout this record. There are two official covers (one Morricone and Navarette’s “Lullaby” from Pan’s Labyrinth), compositions designed to accompany projects of silent films, and various film music quotes embodied in the two “Toy Suites” – “Toy Suite #2” features 25 minutes of original music with nods mixed in. The album as a whole is gorgeous, of a disarming level of complexity (yet so simple at the same time), often melancholic and western-like (oh Ennio). A tad less funny than the first album, but perhaps more accomplished in the composition department. Let’s just say that with this opus, I didn’t have time to miss Only a Mother.

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