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2010-08-03

2010-08-02: Christian Marclay, Puma, Señor Coconut, Acid Mothers Temple

Journal d'écoute / Listening Diary

2010-08-02

CHRISTIAN MARCLAY / Graffiti Composition (Dog w/a Bone - merci à thanks to Forced Exposure)

Christian Marclay ne joue pas sur ce disque, dont la direction musical est assumée par Elliott Sharp, mais il a composé l’œuvre qui y est présenté — Marclay étant un artiste conceptuel sans formation musicale formelle. Lors d’une résidence d’artiste à Berlin, Marclay a eu l’idée de tapisser les babillards de la ville de feuilles de musique vierges (feuilles de portées), comme on le ferait pour annoncer un concert rock underground. Tel que prévu, ces affiches ont été couvertes de graffitis de toutes sortes (incluant des bribes de notation musicale). Marclay et son équipe ont photographié les affiches et les ont remplacer régulièrement pour accumuler du matériel. Des centaines de “pages” ainsi récoltées, Marclay en a retenu 150, selon des critères esthétiques, qui forment maintenant une partition graphique à structure très ouverte. Pour cette réalisation de “Graffiti Composition”, Marclay a demandé à Sharp de mettre sur pied un ensemble de guitares. Ainsi, Melvin Gibbs, Mary Halvorson, Vernon Reid, Lee Ranaldo et Sharp tracent un chemin (parmi plusieurs possibles) à travers la partition pendant 40 minutes. Un panel de guitaristes aussi disparate que faire se peut (ou presque), une musique étonnamment nuancée, peu brutale malgré son côté féroce, et frôlant parfois le drone. Un concept génial, une réalisation brillante.

Christian Marclay is not performing on this CD, whose musical direction was handed out to Elliott Sharp, but he did design the composition it features (Marclay being a conceptual artist with no formal musical training). During an artist residency in Berlin, Marclay decided to paste virgin sheet music all over the city – underground marketing blitz-style. As expected, these posters were soon covered with graffitis of all kinds (and even some music notation). Marclay and his team photographed the posters and replaced them regularly with fresh ones to collect more material – hundreds of “pages”, as it turned out. Out of the lot, Marclay retained 150 for esthetical reasons, and these now make up a graphic score with a very open-ended structure. For this particular realization of “Graffiti Composition”, Marclay entrusted Elliott Sharp with the task of putting together a guitar ensemble. Melvin Gibbs, Mary Halvorson, Vernon Reid, Lee Ranaldo and Sharp trace a path (one of many possibilities) through the score for 40 minutes. A panel of guitarists as diverse as they come (well, almost), very nuanced music, not brutal despite its ferocious aspect, and occasionally getting very close to drone music. A brilliant concept, a great performance.

PUMA / Half Nelson Courtship (Rune Grammofon - merci à thanks to Forced Exposure)

Voici le groupe que partage le guitariste Stian Westerhus (dont j’ai chroniqué le nouvel album solo la semaine dernière) avec le claviériste Øystein Moen (Jaga Jazzist) et le batteur Gard Nilssen (Bushman’s Revenge). Un trio de rock improvisé à tendance progressive, pas très pesant, assez textural même si la musique renferme de solides moments d’intensité et d’énergie. Disons que c’est plus rock que Supersilent, mais beaucoup moins formel ou énergique que Bushman’s Revenge. Pas super-marquant mais agréable. J’y prendrai probablement goût au fil d’autres écoutes.

This is the band guitarist Stian Westerhus (whose latest solo opus I reviewed last week) shares with keyboardist Øystein Moen (Jaga Jazzist) and drummer Gard Nilssen (Bushman’s Revenge). An improvised rock trio with a progressive slant, not too heavy, rather textural even, though the music holds some intense and energetic moments. More rock than Supersilent, but a lot less formal or beat-driven than Bushman’s Revenge. Not super-remarkable, but nice. It’s probably a grower.

SEÑOR COCONUT / Fiesta Songs (Essay Recordings)

C’est l’été, il fait chaud, j’ai pas de boulot, je fais du ménage: le scénario idéal pour goûter pleinement le kitsch à froufrous de Señor Coconut. Je préfère son disque consacré à Kraftwerk (pour l’étrangeté de la chose), mais celui-ci était plutôt bien tourné aussi. Pas toujours réussi, par contre. Sa reprise de “Blue Eyes” d’Elton John respecte beaucoup trop l’original et tombe à plat. Il aurait fallu plus de miel ou moins d’obséquiosité, au choix. Par contre, “Riders on the Storm”, “Beat It” et l’étonnante “Oxygène II” sont des classiques de la reconstruction kitsch (sauce latine). Et la “Version Suave” de “Smooth Operator” (une face B ajoutée à la réédition à titre de bonus) est irrésistible, non?

It’s summertime, it’s hot, I don’t have any work to do, so I’m cleaning around the appartment: the perfect scenario to fully enjoy the frilly kitsch of Señor Coconut. I prefer his Kraftwerk record (soooo weird), but this one was pretty nice too. Not always successful though – his cover of Elton John’s “Blue Eyes” sticks too close to the original, falling flat. It needed more honey or less obsequiousness. On the other hand “Riders on the Storm,” “Beat It” and the surprising “Oxygene II” are all classic in the field of kitsch reconstruction (latin style). And the “Version Suave” of “Smooth Operator” (a B side later added to the reissue as a bonus track) is quite irresistible, right?

ACID MOTHERS TEMPLE & THE MELTING PARAISO U.F.O. / Dark Side of the Black Moon: What Planet Are We On? (Important Records)

Paru en juin 2009, ce disque est, disons, peu remarquable. Un bon Acid Mothers Temple, sans plus. Bien équilibré entre les jams frénétiques et les thèmes plus planants, mais rien qui se démarque. Soulignons tout de même l’étrange chanson “Blessing of the Load Galaxy”, sorte de mélange entre Bob Dylan et Timothy Leary. Pour le reste, c’est bien mais ordinaire. (La version vinyle ajoute deux pièces aux cinq du CD; peut-être ont-elles un impact).

Released in June 2009, this album is unremarkable. It’s good Acid Mothers Temple, but that’s it. Well balanced between frenetic jams and more aerial themes, but nothing stands out compared to other albums in the 2008-2010 time bracket. Still worth mentioning is the strange song “Blessing of the Load Galaxy”, which sounds like Bob Dylan singing some Timothy Leary. The other tracks are run-of-the-mill. (The vinyl edition adds two tracks; they may change the perception of the album).

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