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2012-11-01

2012-10-31: Koji Asano, Lata, Clockwork Orchestra, Jack Dupon


Journal d'écoute / Listening Diary 
2012-10-31

KOJI ASANO / Mileage Reimbursement (Solstice)
À chacun sa musique d’Halloween, mais cette nouvelle œuvre de Koji Asano pourrait faire fuir nombre de déguisés ce soir – c’est qu’Asano n’entend pas le son comme le commun des mortels. Mileage Reimbursement consiste en une seule pièce de 64 minutes. Monolithique et statique, sans être carrément répétitive (ou alors sur un cycle trop long pour que je puisse mettre le doigt dessus). On semble entendre: des textures de cordes soutenues, sortes de glissandos atonaux; des accords pointus, soit de piano, soit d’orchestre, soit des deux; d’occasionnelles notes de cuivres (trompette, cor); et des roulements de caisse claire. En fait, tout cela pourrait bien être une pièce pour orchestre déconstruite, recombinée et filtrée par granulation – oui, cette granulation si caractéristique d’Asano, qui donne à toute sa musique un air d’étirement temporel, de sursaturation numérique, d’interférence. À plusieurs moments j’ai eu l’impression que, si ce voile bruitiste pouvait se lever ne serait-ce que quelques secondes, j’arriverais à identifier la source orchestrale. Or, je ne la connais peut-être pas – c’est peut-être même une composition d’Asano. Mystère. Énigme. Asano.
To each his own Halloween music, but this new piece by Koji Asano could easily keep trick-or-treaters at bay tonight. You see, Asano doesn’t hear sound like you or even me. Mileage Reimbursement consists of a single 64-minute piece. Monolithic, static, though not exactly repetitive (or if it is repetitive, it would be over a cycle that is too long for me to pinpoint). I feel like I’m hearing: sustained strings textures, like atonal glissandos; piano chords or orchestral cues; occasional brass notes (trumpet, horn); and snare drum rolls. Actually, all this could be a piece for orchestra, deconstructed, recombined, and heavily processed by granulation – yes, the granulation so characteristic of Asano’s works, the treatment that often fives his music a sense of temporal stretching, digital oversaturation, and interference. At several points in the piece, I felt like I could identify the orchestral work if only the noise veil would lift for only a few seconds. Yet, I probably don’t known the piece – and it might even be one of Asano’s own compositions. Mystery. Puzzle. Asano.

LATA / Starlings (Exotic Pylon Records - merci à/thanks to Dense Promotion)
Lata, c’est Jacob Burns de Cindytalk, et Starlings est son premier album solo. Ce disque consiste en une seule piste de 44 minutes, mais il s’agit en fait d’une suite en neuf mouvements (et on aurait facilement pu la diviser en neuf pistes). Musique électronique allant de la techno chill à l’ambiant expérimental, avec de bons thèmes et des textures bien choisies. L’ensemble est plutôt cinématique, évocateur, agréable d’écoute. Pas phénoménal, mais convaincant.
Lata is Cindytalk’s Jacob Burns, and Starlings is his solo debut. This CD features a single 44-minute track, although the piece itself is in nine separate movements. Electronic music ranging from chill techno to experimental ambient, with some good themes and well thought-out textures. The album as a whole is quite cinematic, evocative, and enjoyable. Nothing phenomenal, but convincing work.

CLOCKWORK ORCHESTRA / Friends Without Names (White Label Music - merci à/thanks to Dense Promotion)
Amusant, ce disque: Paul Mangan, un irlandais, écrit et réalise de chansons plutôt naïves sur des instruments électroniques désuets: boîtes à rythmes, casios, etc. Ces chansons réussissent à proposer une certaine fraîcheur à partir d’une instrumentation poussiéreuse. Pensez à Dan Deacon sans l’agacement. Sympa.  [Ci-dessous: Vidéomusique officielle pour la chanson “Talking to the Flowers”.]
This CD’s fun. Paul Mangan, an Irishman, writes and produces rather naive songs on outdated electronic equipment: beatboxes, Casios, you know. These songs manage to sound fresh despite their dusty instrumentation. Think a less annoying Dan Deacon. Quite enjoyable. [Below: Official music video for the song “Talking to the Flowers.”]

JACK DUPON / Bascule à vif (Transit Music Group/Musea)
Fort de deux solides disques studio, voilà que le groupe français de rock progressif déjanté Jack Dupon livre un disque double en concert. Un live de 110 minutes capté en octobre 2011. Une énergie folle à souhait pour coiffer des textes débiles appuyés par des musiques qui empruntent autant à Etron Fou Leloublan qu’à King Crimson. La seule chose qu’on puisse reprocher à Bascule à vif, c’est l’absence de nouveau matériel – On a droit à presque tout le matériel du second album, Démon hardi, (dans le désordre), plus “Cousine” et la “Trilogie des mouches” (une demi-heure, tout de même) du premier opus. Solos plus longs, moments de folie, et on sent que le groupe est à son meilleur devant public. [Ci-dessous: Écoutez tout l’album.]
With two studio albums on their belt, French avant-prog rock band Jack Dupon have delivered a double live album. A 110-minute concert recorded in October 2011. Zany energy driving absurdist lyrics backed by music falling somewhere between King Crimson and Etron Fou Leloublan. Bascule à vif’s only downside is the lack of new material – the band performs most of their second album, Démon hardi (tracks are sequenced in a different order), plus “Cousine” and the half-hour “Trilogie des mouches” from their debut CD. Longer solos, moments of craziness, and it is clear that this band is at its best in front of an audience. [Below: Stream the whole album.]

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