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2012-04-03

2012-04-02: Sven-Åke Johansson, Anderson/Pepper/Tamura/Petit, Erdem Helvacioglu, John Zorn, Derdiyoklar Ikilisi, Saigon Rock & Soul


Journal d'écoute / Listening Diary
2012-04-02

SVEN-ÅKE JOHANSSON / Die Harke und der Spaten: About the Love Life of the Garden Tools (Umlaut Records)
Cette nouveauté d’Umlaut Records est en fait un document d’archive. Enregistré en 1998, ce disque présente un projet pour le moins particulier du célèbre batteur free-jazz Sven-Åke Johansson – particulier et germanophone. Johansson n’y joue pas de batterie (à peine un peu d’accordéon): il y raconte les positions amoureuses des outils de jardin. Un long texte dadaïste dit-chanté (surtout dit, mais on sent l’influence de Harry Partch), accompagné de musiques interprétées par Matthias Bauer, Axel Dörner, Mats Gustafsson, Per-Åke Holmloander, Sten Sandell et Raymond Strid - un bel ensemble. Le texte est omniprésent et la barrière linguistique est donc haute, ce qui ne permet pas d’apprécier la musique (mélange de segments composés et d’improvisation libre) en elle-même.
This new Umlaut Records release is actually an archival document. Recorded in 1998, this CD documents a rather peculiar project by famous free-jazz drummer Sven-Åke Johansson – peculiar and Germanophone. Johansson doesn’t play the drums on this (just bits of accordion): instead he is telling us about the various positions found in love rituals of garden tools. It is a long Dada text, spoken-sung (mostly spoken, but there is a Harry Partch influence) by Johansson and backed by music performed by Matthias Bauer, Axel Dörner, Mats Gustafsson, Per- Åke Holmlander, Sten Sandell and Raymond Strid - a fine ensemble. The text is key to this work, which makes the language barrier very difficult to ignore. I can’t appreciate the music (a blend of composed segments and free improvisation) on its own terms.

RON ANDERSON - ROBERT L. PEPPER - DAVID TAMURA - PHILIPPE PETIT / Closed Encounters of the 4 Minds (Live @ BC Studio) (Public Eyesore)
Collaboration inattendue et fort intéressante entre le guitariste Ron Anderson (The Molecules, PAK, The Infusion), le claviériste Robert L. Pepper (PAS), le saxophoniste David Tamura et le platiniste-électronicien Philippe Petit (Strings of Consciousness). Une improvisation de 48 minutes découpée en huit parties et enregistrée en une passe en novembre 2010 – seul Petit a ajouté par la suite une piste de psaltérion électrique à deux des huit parties. De l’impro oscillant entre vol planant et free rock puissant – une version plus bruyante et intense de la trilogie en cours de Petit. Un peu brouillon (sursaturation dans la dernière partie), quelques longueurs, mais plusieurs moments inspirés. Et Pepper déploie d’impressionnantes envolées rétrofuturistes.
An unexpected and quite interesting collaboration between guitarist Ron Anderson (The Molecules, PAK, The Infusion), keyboardist Robert L. Pepper (PAS), saxophonist David Tamura, and turntablist-electronician Philippe Petit (Strings of Consciousness). A 48-minute improvisation split into eight parts and recorded in one take in November 2010 – only Petit went on to add a track of electric psalterion in two parts. Free improvisation oscillating between aerial headtrip and powerful free rock – a noisier and more intense take on Petit’s current trilogy in progress. An imperfect recording (serious oversaturation in track 8), some overlong passages, but there plenty of inspired moments. And Pepper pulls off some impressive retrofuturistic bits.

 ERDEM HELVACIOGLU / Eleven Short Stories (Innova)
Évidemment, je reçois ce nouveau disque du compositeur turc Erdem Helvacioglu APRÈS lui avoir consacré une heure à Délire actuel. J’aurai donc à diffuser un addendum à mon portrait musical. D’autant plus que ce disque est délectable et très différent de ses œuvres antérieures. Eleven Short Stories propose onze courtes pièces au piano préparé. Pas du tout d’électroniques ou d’électroacoustiques. Qu’un piano à queue, cinq microphones et des préparations. La musique est souvent lente et méditative, avec la pédale gardée bien enfoncée, pour laisser le temps à toutes les résonances de se déployer. La prise de son est parfaite, l’ambiance recueillie et la beauté palpable. Des musiques simples mais finement étudiées.  [Ci-dessous: La pièce d’ouverture, “The Billowing Curtain”.]
Of course I had to receive this new opus from Turkish composer Erdem Helvacioglu right after I broadcasted a one-hour musical profile on him on Délire actuel. Oh well, I guess I’ll have to broadcast an addendum, especially since this new CD is so enjoyable and different. Eleven Short Stories feature 11 short pieces for prepared piano. No electronics, no electroacoustics, only a concert piano, five microphones, and various preparations. The music is often slow-paced and meditative, with the sustain pedal depressed through out, in order to let every resonance unfold. The sound capture is perfect, the mood is quiet, and the beauty is palpable. Simple, meticulously-designed music.  [Below: The opening track “The Billowing Curtain.”]

JOHN ZORN / Songs from the Hermetic Theatre (Tzadik)
On parle d’hermétique, de mysticisme et de création sur ce disque qui collige quatre œuvres de Zorn, unifiées par leur sujet mais disparates dans leurs approches et instrumentations. On a droit à deux cas rares: une pièce de musique électornique et une pièce de musique électronique par ordinateur - et la première, “American Magus”, est ma fois plutôt réussie. Aussi une pièce pour basse électrique piano, tambour, flûte, eau et bol, mais surtout “Beuysblock”, une pièce pour cordes (Jennifer Choi), piano et une ribambelle d’objets hétéroclites. Zorn joue tous les instruments (sauf le violon). “Beuysblock” rappelle l’esprit débridé de ses toutes premières compositions.
Hermeticism, mysticism and creation are the main topics on this CD compiling four works. If they are unified thematically, they are extremely diverse in terms of approach and instrumentation. We are treated to two rare cases of Zorn composing (and playing) electronic music and computer music – the former piece, “American Magus,” is a successful kaleidoscopic work. There is also a piece for electric bass, piano, bass drum, wooden flute, water and glass bowl, but the main draw here is “Beuysblock” for strings (Jennifer Choi), piano, and a plethora of small objects. Zorn plays all instruments (except the violin). “Beuysblock” reminds me of the carefree spirit of Zorn’s very early works.

DERDIYOKLAR IKILISI / Disko Folk (Guerssen - merci à/thanks to Forced Exposure)
La région turque de la planète rock recèle bien des trésors. Derdiyoklar Ikilisi était un groupe d’expatriés turcs basés en Allemagne. Disko Folk (1979) était leur troisième album. Un très joyeux mélange des genres, avec airs traditionnels, saz électrique, production occidentale, textes en turc, etc. La totale du dépaysement et de la “World Fusion” avant la lettre. À ranger aux côtés d’Edip Akbayram et d’Erin Koray, bien que ce groupe était plus “freak” que l’un et l’autre. [Ci-dessous: La chanson “Alman Markl”].
The Turkish corner of our Planet Rock hides many a gem. Derdiyoklar Ikilisi was a band of Turkish expats based in Germany. Disk Folk (1979) was their third LP. A fun blend of genres, with folk melodies, electric saz, Western production values, Turkish lyrics – the whole “World Fusion” thing before it even existed. File beside Edip Askbayram and Erin Koray, although this group was freaker than either of them. [Below: The track “Alman Marlk.”]

ARTISTES VARIÉS-VARIOUS ARTISTS / Saigon Rock & Soul: Vietnamese Classic Tracks 1968-1974 (Sublime Frequencies - merci à/thanks to Forced Exposure)
Maintenant disponible sur CD (après une première parution sur vinyle), la compilation signée Mark Gergis de rock et de soul vietnamienne des années 68 à 74. À juger par ce disque, la scène vietnamienne était nettement plus pesante que celles du reste de l’Asie du Sud-Est. Est-ce la guerre qui inspirait ces grosses guitares électriques, cette distortion dans les orgues? Quoi qu’il en soit, Saigon Rock & Soul, malgré une sélection inégale, propose son lot de trouvailles, à commencer par les chansons du CBC Band et d’Elvis Phu’o’ng. La qualité des enregistrements laisse à désirer, mais c’est chose attendue. L’intérêt de ce disque réside dans les pièces plus hard rock, qui forment environ la moitié du contenu.
Now available on CD (after a first run as a double LP in 2010) is Mark Gergis’s compilation of Vietnamese soul and rock music from ’68 to ’74. Judging by this record, the Vietnamese scene was clearly heavier than the rest of South-Eastern Asia. Was it the war that inspired these loud electric guitars, and all that distortion in the organ tones? In any case, Saigon Rock & Soul, despite an uneven track selection, features its fair share of gems, starting with the songs by the CBC Band and Elvis Phu’o’ng. Sound quality is flawed, but that was to be expected. The main interest here is the hard rock tracks, which account for roughly one half of the set.

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