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2011-04-09

2011-04-08: Martel/Tétreault/Lauzier, Fennesz/Daniell/Buck, The Magic I.D., Gagarin, Historical Recordings, Technical Drawings, Osanna

Journal d'écoute / Listening Diary 
2011-04-08

PIERRE-YVES MARTEL, MARTIN TÉTREAULT & PHILIPPE LAUZIER / La formule x y z (&records)
Philippe Lauzier et Pierre-Yves Martel, le nouveau “tag team” montréalais de l’improvisation. On dirait qu’ils sont partout ces temps-ci, et c’est tant mieux: ils sont excellents. Cette fois, ils appliquent leur approche de l’improvisation électroacoustique (saxo capté par micro très rapproché, effets de larsen pour Lauzier; larsen et statique pour Martel) à l’univers du platiniste Martin Tétreault. Des pièces surtout dans les cinq minutes, qui explorent des textures rêches, acidulées, qui grugent doucement les tympans. Beaucoup d’inventivité déployée avec des moyens limités utliisés de manière non orthodoxe. À mettre en parallèle avec le projet Palétuvier, le quintette Denley/Lauzier/Martel/Myhr/Normand et le splendide duo Lauzier/Martel Sainct-Laurens paru chez &records. Avis à mes lecteurs outre-Québec: si vous ne connaissez pas encore cette paire, plongez. Ils sont “the real deal” en improvisation libre.
Philippe Lauzier and Pierre-Yves Martel, Montreal’s new free improvisation tag team. They seem to be everywhere these days, and that’s great: they’re excellent. This time, they apply their their approach to electroacoustic improvisation (close-miked sax and feedback for Lauzier; feedback and static for Martel) to the soundworld of turntablist Martin Tétreault. Tracks are in the five-minute range and explore gritty, acidic textures that will delicately gnaw at your eardrums. Lots of invention deployed using minimal means in unorthodox ways. Worth comparing to the Palétuvier project, the Denley/Lauzier/Martel/Myhr/Normand quartet and the splendid Lauzier/Martel duo Sainct Laurens released on &records.

CHRISTIAN FENNESZ, DAVID DANIELL & TONY BUCK / Knoxville (Thrill Jockey)
Un disque n’a pas besoin d’être long pour être parfait. Trente minutes de perfection me suffisent, et c’est le cas ici. Knoxville (du nom de la ville ou ce concert fut enregistré) documente la première collaboration entre le grand électronicien Christian Fennesz, le guitariste folk expérimental David Daniell (dans le sillage de Loren Connors) et le batteaur Tony Buck (The Necks). Un set continu divisé en quatre parties, aux textures expérimentales typiques de Fennesz, avec des accords flottants de guitare distortionnée et une courbe de développement qui rappelle fortement The Necks. Cette musique attrape votre cœur et le transporte doucement à travers des hauts et des bas élégiaques. De toute beauté. [Ci-dessous: Le début de l'album.]
A record doesn’t have to be long to be perfect. Thirty minutes of perfection is just fine by me, and this is such a case. Knoxville (from the city where this concert was recorded) documents the premiere collaboration between famous electronician Christian Fennesz, experimental folk guitarist David Daniell (think in the lines of Loren Connors), and drummer Tony Buck (The Necks). One continuous set split into four parts, with Fennesz’s typical experimental melody-laced textures, floating chords of distorted guitar, and a development arc strongly reminiscent of The Necks. This music grabs hold of your heart and gently carries it through elegiac highs and low. Wonderful. [Below: The first few minutes of the album.]


THE MAGIC I.D. / I’m So Awake/Sleepless I Feel (Staubgold - merci à/thanks to Forced Exposure)
Deuxième album pour ce groupe d’improvisateurs expérimentaux s’adonnant à la chanson. Le premier The Magic I.D. m’avait laissé peu convaincu. Celui-ci est plus long, plus consistant et meilleur. Le filet de voix de Margareth Kammerer n’est pas particuièrement agréable, mais celui de Christof Kurzmann évoque parfois Robert Wyatt (“Eric Kicks”, “Mambo”). Et l’instrumentation (guitare minimale, clarinettes souvent texturales, électroniques discrètes) suggère une version plus dépouillée de l’univers de Wyatt. L’expression “squelettes de chansons” vient à l’esprit, mais ce sont plus que des squelettes - disons des chansons émaciées, chuchotées de peur de déchirer les instruments tout doux qui les habillent à peine.
A second album for this group of experimental improvisers turned songsters. The Magic I.D.’s debut had left me lukewarm. This one’s longer, more consistent, and better. Margareth Kammerer’ thin voice is not particularly enjoyable, but Christof Kurzmann’s thin voice can be reminiscent of Robert Wyatt’s (“Eric Kicks”, “Mambo”). And the instrumentation (minimal guitar, often textural clarinets, discrete electronics) suggest a more stripped-down take on Wyatt’s soundworld. The expression “skeletons of songs” comes to mind, but these are more than skeletons - let’s say they’re emaciated songs, whispered for fear of tearing up the oh-so-quiet instruments they are barely dressed in.

GAGARIN / 3KA-3 b/w KEDR (Geo Records - merci à/thanks to Dense Promotion)
Pour célébrer le 50e anniversaire du premier vol spatial habité - celui de Youri Gagarin – le projet techno Gagarin publie un “CD single” en édition limitée et en téléchargement. Deux pièces de techno glitch un peu sale, dont l’une (“KEDR”) laisse filtrer en fond sonore les échanges de Gagarin avec son commandement. Rétrofuturiste sans tomber dans le kitsch, et de la bonne techno glitch peu importe l’occasion.
To celebrate the 50th anniversary of the first manned space flight – Yuri Gagarin’s – techno project Gagarin is released a limited edition CD single (also available as a download). Two slightly dirty glitch techno tracks, one (“KEDR”) letting filter in the background Gagarin’s communications with ground control. Retrofuturistic without getting kitsch, and some good glitch techno no matter the occasion.

ARTISTES VARIÉS-VARIOUS ARTISTS / Historische Aufnahmen/Historical Recordings, Volume 1 (Gagarin Records - merci à/thanks to Dense Promotion)
Du groupe Gagarin, passons maintenant à l’étiquette Gagarin, celle de Felix Kubin. Hmm... Felix propose ici un florilège d’enregistrements anciens et étranges. Rouleaux de cire, 78 tours et bandes magnétiques documentant des œuvres avant-gardistes (David Tudor, Hans Henny Jahnn), des enregistrements de terrain flous (“Marmara sea plankton”, “Machinery recording”) et des expériences inusitées (“Mechanical-automatic speech apparatus”) . Un cabinet de curiosités qui étonne, ce qui, à l’ère d’Internet, n’est pas rien. Paru strictement sur vinyle. Pour les chercheurs d’enregistrements ultra-obscurs.
From Gagarin the project, we know move to Gagarin the record label – Felix Kubin’s label. Hmm... Here, Felix offers a collection of old and strange recordings. Wax rolls, 78 rpms and tapes documenting avant-garde works (David Tudor, Hans Henny Jahnn), blurry field recordings (“Marmara sea plankton”, “Machinery recording”) and unusual experiments (“Mechanical-automatic speech apparatus”). A cabinet of curios, surprising, even in this Internet age. Strictly available as an LP. And recommended only to serious ultra-obscure recordings-seekers.

TECHNICAL DRAWINGS / The Ruined Map (Gagarin Records - merci à/thanks to Dense Promotion)
Intéressant: Melissa St. Pierre joue du piano électrique préparé (oui, comme Eric Glick Rieman) traité en temps réel; Jesse Stiles compose des musiques électroacoustiques à partir du travail de St. Pierre. Résultat: un vinyle aux rythmes clinquants s’inspirant parfois du dub, parfois de la techno glitch. Quelque part entre l’univers de Glick Rieman, celui de Hauschka, celui de Dub Taylor et enfin le gamelan. L’idée est originale sur papier, mais elle se traduit en huit pièces offrant une palette assez limitée, où on a l’impression de faire rapidement le tour de l’idée de départ.
Interesting: Melissa St. Pierre plays prepared electric piano (yes, like Eric Glick Rieman), treated in real time; Jesse Stiles composes electroacoustic music out of St. Pierre’s work. The result is an LP featuring clanking beats drawing inspiration from dub and occasionally glitch techno. Somewhere between Glick Rieman’s world, Hauschka’s, Dub Taylor’s, and gamelan. It’s an original idea on paper, but it translates into a relatively limited sound palette. Over eight tracks, I got the impression that the starting idea was quickly covered.

OSANNA / Palepoli (Warner Front)
L’avouerais-je? Ceci est la toute première fois qu’Osanna franchit mes oreilles. N’ayez crainte: chaque seconde qui passe me fait regretter d’avoir attendu si longtemps pour faire le saut. Palepoli est le troisième disque de ce groupe italien de rock progressif. Paru en 1972, il propose deux longues pièces (et une plus courte, à peine un intermède). On dit de ce disque qu’il est leur plus audacieux; je le crois. Palepoli pousse le rock progressif italien dans des retranchements avant-gardistes qui vont même plus loin qu’Area (à l’exception du chant). Deux pièces très complexes qui prennent l’héritage de King Crimson (jusqu’à Lizard inclusivement) et anticipent celui de Henry Cow. Très étonnant.
Should I admit this? This is the very first time the music of Osanna has reached my ears. But don’t worry, every second this record has played has made me regret waiting so long. Palepoli is this Italian progressive rock band’s third album. Released in 1972, it features two side-long tracks (and one very short interlude). It is said that this is their most daring recording, and I believe that. Palepoli pushes back the boundaries of Italian prog rock to avant-garde trenches that are set even farther than Area (vocals excepted). Two very complex pieces that show the heritage of King Crimson (up to and including Lizard) and anticipated the heritage of Henry Cow. Very surprising.

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