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2010-05-12

2010-05-11/12: Edward Artemiev, Alexander Volodin, Siver/Trepakov, Gary Dibenedetto, -123 min.

Journal d'écoute / Listening Diary

2010-05-11


EDWARD ARTEMIEV / Invitation to Reminiscences (Electroshock Records)

Le compositeur russe Edward Artemiev est capable du meilleur comme du pire, et on a droit à un peu des deux sur cette “invitation aux souvenirs”. Il s’agit d’une compilation de musiques pour le grand et le petit écran (des titres sont donnés, mais pas de dates). Pionnier de la musique électronique et électroacoustique en ex-URSS, Artemiev, avec le temps, a glissé vers des musiques instrumentales mielleuses, et toute la seconde moitié du disque est consacrée des trucs ronflants et gommeux. Par contre, la première demi-heure propose trois longues chansons en russe et en lithuanien, des œuvres à grand déploiement où la partie électronique fait preuve d’une certaine recherche encore, avec des élans de rock progressif ma foi fort réussis. Mais les 50 minutes de mièvreries qui suivent...

Russian composer Edward Artemiev is capable of the best and the worst, and we get some of both on this Invitation to Reminiscences. This is a compilation of film and TV music (series titles are given, but no dates). A pionneer in ex-USSR electronic/electroacoustic music, Artemiev, with time, has slipped into slightly cheesy instrumental music, and the whole second half of the album is devoted to pompous, honey-drenched tunes. However, the first half-hour consists of three long songs in Russian and Lithuanian, large-scope works where the electronic part still shows genuine research and there’s a successful progressive rock-influenced drive. But the 50 minutes that follow are SOOOO syrupy.


ALEXANDER VOLODIN / Unfinished Journey (Electroshock Records)

Un superbe disque d’électroacoustique signé Alexander Volodin, entendu pour la dernière fois en 2004 chez Electroshock. Unfinished Journey propose trois œuvres: “Different Things” (20 minutes), triptyque de musique concrète réinventée; “Silver Thread” (10 minutes), pièce ambiante qui passe inaperçue due à sa position; et “There, House Stood” (41 minutes), pièce fleuve au narratif flou mais riche en sonorités miroitantes et en constructions bruitistes finement ciselée. Beaucoup de finesse dans cette dernière œuvre. Un disque étonnant et très solide.

A splendid album of electroacoustic music by Alexander Volodin, last heard in 2004 on Electroshock. Unfinished Journey features three works: “Different Things” (20 minutes), a triptych of reinvented concrete music; “Silver Thread” (10 minutes), an ambient track that goes by unnoticed due to its position; and “There, House Stood” (41 minutes), an epic composition with a fuzzy narrative but a wealth of shimmering sounds and finely-crafted noise constructs. Lots of finesse in the latter piece. A surprising, and surprisingly strong record.


2010-05-12


VALERY SIVER & KIRILL TREPAKOV / Music from the Russian Pages (Electroshock Records)

Les livrets de l’étiquette Electroshock sont souvent avares de détails. Ce disque de Valery Siver, par exemple: chaque titre de pièce est accompagnée d’une mention du type “selon les motifs du poème “Les Âmes mortes” de Gogol”. Parle-t-on d’une simple inspiration? A-t-on dérivé des éléments compositionnels à partir de structures narratives? De quoi s’agit-il au juste? Aucune idée. Toujours est-il que de la sorte, Music from the Russian Pages référence une dizaines de classiques de littérature russe. Sans qu’aucun mot ne soit prononcé, puisqu’il s’agit de musique instrumentale, une musique essentiellement mélodique, mélange d’électronique à la Jean-Michel Jarre et de nouvel âge à base de piano ou de guitare, plus une occasionnelle touche bruitiste, sous forme de pollutions électroniques dérangeantes sans être convaincantes. Je suis très ambivalent à propos de ce disque, qui incarne bien le paradoxe d’Electroshock, une étiquette qui s’intéresse la musique électronique sous toutes ses formes, des plus expérimentales aux plus passéistes.

Electroshock’s CD booklets are often thin on details. Take this record by Valery Siver: each track title is completed by a mention like “on the motives of Gogol’s poem ‘The Dead Souls’.” Were they inspired by these works? Were compositional elements derives from their narrative processes? No idea. Still, Music from the Russian Pages references ten classics of Russian literature. Without a single word being spoken or sung, as this is all melodic instrumental music, a blend of Jean-Michel Jarre-like electronic music and piano or guitar-based new age music, plus an occasional noise element in the shape of disturbing electronic pollutions that fail convince of their relevance. This record leaves me uncertain. It surely embodies the Electroshock paradox, the paradox of a label interested in electronic music in all its guises, from the most experimental to the most backward-looking.


GARY DIBENEDETTO / Twin Towers (Electroshock Records)

Gary Dibenedetto est un électroacousticien américain - que fait-il sur une étiquette russe? Aucune idée, mais Chris DeLaurenti a probablement quelque chose à voir là-dedans. Toujours est-il que Twin Towers est un disque intéressant regroupant sept œuvres courtes utilisant des matières sonores relativement restreintes. La pièce titre (oui, sur le 11-09 2001) est sobrement et sombrement réussie. “Oh, You’re So Adollarable” est joyeusement caustique. Pas du grand travail, mais du beau travail.

Gary Dibenedetto is an American electroacoustician - what is he doing on a Russian label? No idea, but Chris DeLaurenti might have something to do with it. Still, Twin Towers is an interesting CD culling seven short works, each using a relatively small palette of sound materials. The title track (yes, about 9/11) is a restrained and dark piece. “Oh, You’re So Adollarable” is cheerfully sarcastic. Not a great record, but a fine record.


-123 MIN. / Dream (Indies Scope)

-123 min. est le meilleur groupe soul-rock de la République tchèque. Groove impeccable, chanteur à la voix chaude et poignante, aucune trace d’accent dans son anglais. Dream est la suite logique de Mom, disque qui marquait un sommet, le terme d’un perfectionnement constant au fil des premiers albums. La recette est donc répétée, à mon plus grand plaisir. Rien à redire sur cette grappe de nouvelles chansons, toutes infectieuses et superbement réalisées. Oui, c’est commercial, mais c’est diablement bien fait. En fait, je ne connais aucun groupe sur la planète qui peut rivaliser avec l’énergie et la chaleur de -123 min. dans ce créneau bien précis. Et l’inclusion d’une chanson en arabe (“Sol”) ajoute une nouveauté. [Ci-dessous: Indies offre une chanson complète de l’album en téléchargement gratuit.]

-123 min. is the best soul rock band in the Czech Republic. Impeccable groove, a warm singer, no trace of foreign accent in his English. Dream is the logical follow-up to Mom, the album where -123 min. achieved a peak, the culmination of an improvement process that ran through their first albums. So the recipe has been repeated this time, and I’m very glad. There’s nothing to say against this bunch of new songs, all infectious and splendidly produced. Of course it’s commercial, but so darm well done, and it has SOUL. I know of no band on the bland who can challenge the energy and warmth of -123 min. in this specific style. And the inclusion of a song in Arabic (“Sol”) adds a novelty. [Below: Indies offers this complete song from the album for free download.]

-123 min: Subterranean Underground (mp3)

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