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2010-05-07

2010-05-06: Brennan/Doran/Amstad/Héral, Ap'strophe, Volden/Nakamura, Koboku Senjû, Le Orme

Journal d'écoute / Listening Diary

2010-05-06


2e écoute/2nd listen: JOHN WOLF BRENNAN, CHRISTY DORAN, BRUNO AMSTAD & PATRICE HÉRAL / Triangulation: Whirligigs (Leo Records)

Les grooves collent à la peau et la voix de Bruno Amstad subjugue, tantôt séductrice, tantôt transformée (par ralentissement) en un rauque lugubre. Et je révise mon opinion précédente: oui, ce disque est long, mais il offre suffisamment de variété pour tenir le coup. Entre les bourdons texturaux et les morceaux funky, on couvre beaucoup de territoire. [Ci-dessous: Une prestation en concert de Triangulation.]

The grooves stick to you and Bruno Amstad’s voice is entrancing, seductive one moment, pitch-shifted to a gloomy growl the next. And I’m revising my earlier opinion: yes, this is a long CD, but it has enough variety to justify it. From textural dirges to funky numbers, there’s a lot of ground being covered. [Below: A live performance by Triangulation.]


AP’STROPHE / Corgroc (Another Timbre)

L’étiquette Another Timbre (une bonne source de musique improvisée hautement expérimentale) vient de publier une série de disques mettant en vedette la guitare. En voici deux (je couvrirai les deux autres demain). Ap’strophe est un duo formé de Ferran Fages à la guitare acoustique et de Dimitra Lazaridou Chatzigoga à la cithare. Un duo doux, délicat, mais bruitiste. On frotte, on fait vibrer, on prépare, mais on pince très peu. En deux improvisations de 8 et de 40 minutes, on a droit à de nombreuses techniques étendues, mais c’est une écoute difficile, aride. Les amateurs des albums solo de Fages peuvent oublier ici ses pièces abstraites mais élégantes. Je suis déçu de ne pas avoir été séduit, mais il y a ici une recherche sonore intéressante, tout de même.

The Another Timbre label (a good source of highly experimental improvised music) has just released a series of records focusing on the guitar. Here are two (I’ll cover the other two tomorrow). Ap’strophe is a duo consisting of Ferran Fages on acoustic guitar and Dimitra Lazaridou Chatzigoga on zither. A delicate and quiet duo, but noise-based. Strings and instrument bodies are rubbed stroked, vibrated, and prepared, but the strings are rarely pinched or strummed. Several extended techniques are displayed in the course of two improvisations (8 and 40 minutes), but it’s a demanding, dry listen. Fans of Fages’ solo albums will not find here some of his abstract yet elegant music. I’m a bit disappointed - I was expecting to be taken by this CD - but there’s an interesting sonic research here.


HÅVARD VOLDEN & TOSHIMARU NAKAMURA / Crepuscular Rays (Another Timbre)

Un autre duo, cette fois entre Håvard Volden à la guitare 12 cordes et Toshimaru Nakamura à la console de mixage sans entrée. Deux pièces d’une vingtaine de minutes chacune, deux improvisations méticuleuses tissant une tension palpable entre bruit et silence. Nakamura réussit toujours à subjuguer à l’aide de quelques gestes sonores simples, parce qu’il a un sens incroyable du placement spatio-temporel. Volden s’insère très bien dans cet univers. Excellent. [Ci-dessous: Un extrait de l’album, trouvé sur le site d’Another Timbre.]

Another duet, this time between Håvard Volden on 12-string guitar and Toshimaru Nakamura on no-input mixing board. Two 20-minute tracks, two meticulous improvisations where noise and silence weave a physical form of tension. Nakamura always manages to enrapture with only a few sound gestures, thanks to his incredible sense of space-time placement. Volden easily finds his place inside this soundworld. Excellent. [Below: An excerpt from the album, found on Another Timbre’s website.]

http://www.anothertimbre.com/crepuscular rays extract.mp3


KOBOKU SENJÛ / Selektiv hogst (Sofa)

Splendide disque d’improvisation minutieuse, microsonique diraient certains. Koboku Senjû est un quintette norvégio-japonais: Tetuzi Akiyama, Toshimaru Nakamura, Espen Reinertsen, Eiving Lønning et Martin Taxt. Donc guitare acoustique, console sans entrée, saxo, trompette, tuba. Beaucoup de jeu de larsen chez les vents (techniques développées par John Butcher, en particulier), beaucoup de touches très délicates, superbe jeu d’ensemble, tout en conservant les idiosyncrasies de chaque individu. Pas de sublimation du soi au grand tout ici, même si on n’a pas droit à des envolées solistes, évidemment. Une autre très belle production de l’étiquette Sofa, à se procurer en même que le disque de Mural (Kim Myhr, Jim Denley, Ingar Zach), deux candidats sérieux à la liste de fin d’année 2010.

A splendid CD of microsonic improvisation. Kobuku Senjû is a Norwegian-Japanese quintet: Tetuzi Akiyama, Toshimaru Nakamura, Espen Reinertsen, Eiving Lønning, and Martin Taxt. So we have acoustic guitar, no-input mixing board, sax, trumpet, and tuba. Lots of feedback playing from the winds (the techniques developed by John Butcher are put to good use), lots of extremely delicate festures, splendid group playing while maintaining the idiosyncrasies of each player. There’s no sublimation of the self to the greater whole here, although it doesn’t turn into a string of solos either. Another very fine production from the Sofa label - get it along with the recent CD by Mural (Kim Myhr, Jim Denley, Ingar Zach), two serious candidates to my 2010 year-end list.


LE ORME / Floarian (Universal)

Tiens, terminons l’exploration du coffret de l’intégrale des albums de Le Orme (“The Universal Music Collection” - pour les disques précédents, consultez les entrées du 2010-05-03, 2010-05-04 et 2010-05-05). Florian, neuvième album du groupe progressif italien, paru en 1979, est une aventure entièrement acoustique. Tous les musiciens y mettent du leur: Aldo Tagliapietra se met au violoncelle, Antonio Pagliuca sort le clavecin et l’harmonium, Michi Dei Rossi se met au vibraphone et aux percussions d’orchestre, Germano Serafin sort violon, bouzouki et mandoline. L’écriture s’inspire du classicisme italien, frôle parfois le nouvel âge. Tagliapietra chante moins. Des développements agréables, mais c’est un peu trop douceret. Un disque agréable, très différent, mais honnêtement, je crois que je vais retourner plus souvent à Smogmagica qu’à celui-ci.

Okay, let’s finish listening to this boxset of Le Orme’s complete works (“The Universal Music Collection” - for the previous reocrds, check out the diary entries for 2010-05-03, 2010-05-04, and 2010-05-05). Florian, the Italian prog rock band’s ninth release, is an all-acoustic venture. Every musician pitches in something special Aldo Tagliapietra plays cello, Antonio Pagliuca takes out the harpsichord and harmonium, Michi dei Rossi tickles the vibraphone and plays orchestral percussion, and Germano Serafin whips out a violin, bouzouki, and mandolin. The songwriting draws from Italian classicism, gets very close to New Age at times. Tagliapetra sings less on this album. Nice developments, but it’s a bit too sweet for me. An enjoyable record, very different from everything else they have done, but I think this one will be coming out of the box less often than Smogmagica.


LE ORME / Piccola Rapsodia Dell’Ape (Universal)

Ce dixième opus synthétise le rock progressif lyrique de Storia o Leggenda et le tournant acoustique de Florian. Paru en 1980, Piccola Rapsodia Dell’Ape est un disque à contre-courant - les autres groupes progressifs s’enlisaient dans des tentatives (infructueuses, sauf un cas d’exception) de suivre l’air du temps. Le Orme, eux, font leur petite affaire et s’en tire avec un disque fort respectable, bien qu’il ne soit pas mémorable. Il y manque de la grandeur, de l’ambition, mais tout de même, je ne grincerai certainement pas des dents quand l’une ou l’autre des huit chansons se pointera le nez en mode aléatoire sur le lecteur iTunes. Pourtant, on sent quand même un essouflement de l’écriture, qui est loin des éclairs de génie de Storia o Leggenda.

Le Orme’s tenth opus blends the lyrical prog rock of Storia o Leggenda with the acoustic direction on Florian. Released in 1980, Piccola Rapsodia Dell’Ape was going against the tide, while other prog bands were unsuccessfully (except for one) trying to get on with the times. Le Orme did their own thing and come out of it with a pretty respectable album, although it’s not memorable. It lacks grandeur, ambition, still, I won’t be cringing when one of these eight songs pops up randomly on my music player. However, the songwriting is definitely weaker, far from the strokes of genius found on Storia o Leggenda.


LE ORME / Orme (Universal)

Yikes! Bon, onze albums, un seul vraiment mauvais, tout de même une excellente moyenne au bâton. Orme était un retour, publié dix ans après Piccola Rapsodia Dell’Ape. Mais comme il est mauvais! Le son des années 90 (programmation, claviers, etc.) ne sied pas du tout à Le Orme. Mais surtout, l’écriture de Tagliapietra est devenue pédestre, quelconque. C’est de la pop progressive sans inspiration - D’un autre monde de Morse Code avait plus de viande à offrir autour de son os!

Yikes! Okay, so eleven records between the early ‘70s and 1990, and only one clunker among them – still a great batting average. Orme was a comeback album released ten years after Piccola Rapsodia Dell’Ape. And man, does it stink! The sound of the ‘09s (programming, keyboards, production) doesn’t fit Le Orme at all. Most of all, though, Tagliapietra’s writing has become so pedestrian. This is uninspired prog-like pop – Morse Code’s D’un autre monde had more meat around its bone!

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