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2010-05-05

2010-05-04: Brainticket, Le Orme

Journal d'écoute / Listening Diary

2010-05-04

BRAINTICKET / Cottonwoodhill (Purple Pyramid)

Paru en 1971, le premier album du groupe belge Brainticket est son plus psychédélique, son plus expérimental et, malheureusement, son plus décousu. On tente des choses, mais on les porte rarement à maturité (en ce sens, les deux disques suivants sont bien meilleurs). Le gros problème étant l’interminable “Brainticket”, 26 minutes réparties en deux parties (dont la première est subdivisée en deux, format vinyle d’époque oblige). Construite sur un simple riff d’orgue, elle présente un peu de tout (vociférations féminines, électroniques planantes, bruitisme étrange, cut-up), mais le tout sonne plutôt gratuit et ne réussit pas à captiver ou faire voyager. Pas inintéressant (et “Black Sand” qui ouvre l’album est fort bien), mais un disque qui a mal vieilli et qui pèche par excès.

Released in 1971, the debut album by Belgian band Brainticket is their most psychedelic, experimental and, sadly, shaky. They’re trying things but they’re not bringing them to term (the next two LPs are much better in that regard). The album’s biggest issue is the overlong “Brainticket”, 26 minutes over two parts - and the first part is itself split in two due to LP side duration issues. Consisting of a simple organ riff, the track features a little of everything (female rants, trippy electronics, strange noises, cut-ups), but it all sounds haphazard, and it fails to captivate or take you somewhere. Not uniniteresting (and the opener “Black Sand” is a pretty good song), but this record has not aged well and is overindulgent.

LE ORME / Felona e Sorona (Universal)

Le troisième disque du groupe italien Le Orme (voir l’entrée du 2010-05-03 pour les deux premiers) est considéré à juste titre comme un classique du rock progressif mondial. Il a de l’ampleur, de l’ambition et du panache. Album concept un peu alambiqué, mais la qualité de l’écriture est soutenue, même si certaines parties de voix semblent inconfortables pour Aldo Tagliapietra. Et malgré le bel effort de Peter Hammill (de VDGG) à produire un livret anglais respectable, la version originale italienne est nettement supérieure - les parties de voix y sont tellement plus naturelles.

Italian progressive rock band Le Orme’s third album (see the diary entry for 2010-05-03 for the first two) is rightfully considered a worldwide prog rock classic. It has scope, ambition, and panache. A slightly convoluted concept album, but the songwriting is strong throughout, although some vocals seem uncomfortable for Aldo Tagliapietra. And despite VDGG’s Peter Hammill’s commanding effort at writing a decent English libretto, the Italian original version remains superior - the vocals sound so much more natural.

LE ORME / Contrappunti (Universal)

Numéro quatre, 1974, pour plusieurs le sommet de l’art de Le Orme... et ça se discute. J’ai personnellement un faible pour Uomo di Pezza, mais Contrappunti “meilleur album de Le Orme” est une déclaration qui ne saurait me choquer. Les lourdeurs de Felona e Sorona sont dissipées, remplacées par une fougue renouvelée, particulièrement présente dans la pièce titre, dont le thème tortueux évoque à la fois ELP et Van der Graaf Generator (“Meurglys III” avant la lettre). Superbe.

Number four, 1974, and for many Le Orme’s crowning achievement… it’s debatable. I personally prefer Uomo di Pezza, but I can live without statement like “Contrappunti is Le Orme’s best record.” Felone e Sorona had some leadedness in the arrangements that has now been lifted and replaced by renewed fire, especially in the title track, whose twisted theme is reminiscent of both ELP and Van der Graaf Generator (“Meurglys III” before it was recorded). Splendid.

LE ORME / In Concerto (Universal)

L’obligatoire album en concert (1974) et celui-ci, comme tous les autres à l’époque, offre une qualité sonore bien moyenne - les power trio comme Le Orme, au son somme toute assez mince, souffrent le plus du traitement “album live”. Cela dit, malgré l’abondance de hautes, le manque chronique de fréquences intermédiaires et les problèmes de mixage, In Concerto offre de solides prestations. Étrangement, on a retenu pour ce disque beaucoup de matériel du premier album, Collage. Pour le reste, outre la finale de Ferona e Sorona, on remarque la longue inédite Truck of Fire, complexe et puissante. Il y a de l’enflure et de l’exagération sur In Concerto, comme sur la plupart des albums en concert de l’époque (solo de clavier, solo de batterie, etc.). Approchez-le comme un complément si vous chante, après vous être tapé les quatre premiers disques. Et surtout, ne venez pas à celui-ci en espérant un raccourci, un “best-of”.

The obligatory live album (1974), and like all the others of its kind in the ‘70s, it offers mediocre sound quality – power trios like Le Orme, with a rather thin group sound to start with, have suffered the most from the live album treatment. That said, despite too many highs, not enough middle frequencies, and mixing issues, In Concerto delivers strong performances. Strangely, most of the material selected represents the first album Collage. For the rest, beside Ferona e Sorona’s finale, there is a long otherwise-unavailable composition entitled Truck of Fire, a complex and powerful number. There’s overindulgence and exaggeration a-plenty on In Concerto, like on most live albums of the era (keyboards solo, drums solo, etc.). Approach it as a discographical add-on if you wish, after getting acquainted with the first four records. But whatever you do, don’t expect to find here a “best-of” or a shortcut to Le Orme’s oeuvre.

LE ORME / Smogmagica (Universal)

In Concerto marquait la fin d’une première époque pour Le Orme. Paru en 1975, Smogmagica signale le début d’autre chose. Le groupe s’éloigne du rock progressif pour produire ce qui convient d’appeler son album “américain”: les titres références les canyons et Los Angeles, et au trio original s’ajoute Tolo Marton, sa guitare électrique bluesée et son harmonica. La présence de Marton est rapidement établie: la pièce d’ouverture, “Los Angeles”, lui laisse un solo généreux. Marton participe d’ailleurs à l’écriture des chansons. Résultat: un son qui demeure en partie celui de Le Orme (les voix, les mélodies, une certaine ambiance), mais l’écriture est radicalement simplifiée. À l’exception de “Los Angeles”, plus développée, les pièces sont courtes et présentent souvent une seule idée, assez simple. Mais ce n’est pas cette simplicité ni la présence d’une guitare qui inquiète le plus: le claviériste Toni Pagliuca ne joue presque plus. Alors qu’il nous avait habitué à des parties de clavier multiples et simultanées, le voici se concentrant sur une seule ligne mélodique, investissant beaucoup de temps et d’énergie à créer de nouveaux sons (et certains sont originaux, mais pour en faire quoi?). Cela dit, j’ai une certaine affection pour Smogmagica, dont les thèmes sont souvent efficaces, même s’ils sont d’une simplicité désarmante. Plusieurs autres groupes progressifs, d’Italie et d’ailleurs, passeront par cette même transformation deux ou trois ans plus tard. En 1975, Le Orme font office de pionniers - c’est peut-être la seule raison pour laquelle cela ne les aura pas sabordé.

In Concert marked the end of a first era for Le Orme. Released in 1975, Smogmagica signals the beginning of something else. The band stepped away from prog rock and produced what could be called their “American” album: the titles evoke canyons and Los Angeles, and to the original trio is grafted Tolo Marton, his bluesy electric guitar and his harmonica. Marton’s presence is quickly and firmly established in the album opener “Los Angeles”, where he gets a lengthy solo. Marton also contributes to the songwriting. As a result, we have here a sound that is still in part Le Orme’s (the vocals, melodies, and certain feel), but the writing has been radically simplified. Except for the more elaborate “Los Angeles”, tracks are short and often expose a single rather simple idea. However, what’s daunting on Smogmagica is not the presence of a guitar or the dumbed-down material, but the fact that keyboardist Toni Pagliuca has all but stopped playing. While he had us used to his multiple keyboard parts, here he focuses on single melodic lines, paying much more attention to crafting his synth tones and doing something worthwhile with them. That all said, I am rather fond of Smogmagica, because the themes are generally efficient and catchy, despite their simplicity. Several other prog rock groups would go through this transformation two or three years later. In 1975, Le Orme were pionneers in that regard, and that might be the only reason why it didn’t kill their career.

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