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2010-03-26

2010-03-25: Empty Cage Quartet, Le Rex, Greg Morgan, Scott Fields Ensemble, Tony Malaby

Journal d'écoute / Listening Diary

2010-03-25


Un avant-midi de quintettes de jazz actuel - j’en ai trois d’aligner. Écoutons voir...

A morning of avant-jazz quintets - I have three of them cued up.


EMPTY CAGE QUARTET & SOLETTI BESNARD / Take Care of Floating (Rude Awakening présente)

Oups! Pas un quintette mais un sextuor! En voyant “Empty Cage Quartet & Soletti Besnard” j’avais conclu hâtivement à 4 + 1. Il s’agit en fait d’une collaboration franco-américain entre le quatuor Empty Cage et le guitariste Patrice Soletti et le clarinettiste Aurélien Besnard (ce dernier faisant parti du groupe Twits chroniqué hier, 2010-03-24). Empty Cage roule sa bosse depuis quelques années (d’abord sous le nom MTKJ Quartet) et, honnêtement, il gagne en qualité avec le temps. Take Care of Floating est de loin le meilleur disque de ce groupe que j’ai entendu. Les compositions de Jason Mears et de Paul Kikuchi sont particulièrement enlevantes, et la trompette de Kris Tiner brille comme un phare tout au long de l’album. Un jazz actuel mordant, vif, avec des lignes bien serrées. Et les deux Français s’intègrent merveilleusement à l’ensemble. [Ci-dessous: Un extrait de la pièce titre, trouvé sur le site de Rude Awakening présente.]

Oops! This is a sextet, not a quintet! I was fooled by the billing “Empty Cage Quartet & Soletti Besnard” and concluded to 4 + 1. It’s actually a French/US collaboration between Empty Cage and guitarist Patrice Soletti and clarinetist Aurélien Besnard (the latter is in the group Twits reviewed yesterdat, 2010-03-24). Empty Cage have been going at it for a while now (first as MTKJ Quartet) and, honestly, they’re getting better with time. Take Care of Floating is by far the best album I have heard from them. Jason Mears and Paul Kikuchi’s compositions are particularly driving, and Kris Tiner’s trumpet shines throughout. Edgy, lively avant-jazz, with tight heads. And the two Frenchmen are marvelously integrated. [Below: A clip from the title track, found on Rude Awakening présente’s website.]

http://jazzimpro34.free.fr/NU2/mp3/take_care_of_floating.mp3


LE REX / [Le Corse] (Unit Records)

Bon, ça, c’était plus qu’agréable. Le quintette suisse Le Rex fait dans la mini-fanfare - quelque part entre une version réduite de la Fanfare Pourpour et Ceux-qui-marchent-debout, avec une batterie et quatre vents (deux saxos, trombone, tuba). [Le Corse] a été enregistré devant public dans divers lieux de la Corse et l’album est mixé en mélangeant les ambiances. C’est dépaysant, rigolo, sympathique et foutument bien joué, avec beaucoup de pep. Marc Stucki, qui signe la plupart des compositions, a le sens de la ligne mélodique qui frappe et du drum’n’tuba qui danse. Bravo! Seule ombre au tableau, une reprise de “Nothing Compares to You” de Prince qui ne lève pas et qui dégonfle prématurément le ballon. [Ci-dessous: En haut de cette page (sous “Le Rex”), vous trouverez trois extraits de l’album à écouter.]

Okay, now that was fun! Swiss quintet Le Rex is a mini-fanfare of sorts – a drum kit and four horns (two saxes, trombone, tuba) – somewhere between a scaled-down Fanfare Pourpour and Ceux-qui-marchent-debout. [Le Corse] was recorded live in various open spaces in Corsica, and the mix blends these ambiences. It takes you somewhere else, it’s fun, it’s enjoyable, and it’s damn well played with a lot of energy. Marc Stucki, composer of most the tracks, has a keen sense of what makes a hard-hitting melody and a sweaty drum’n’tuba riff. Bravo! This album’s only flaw is the cover of Price’s “Nothing Compares to You” - it simply doesn’t take off, which makes for a bummer of a closer. [Below: At the top of this page [under “Le Rex”] you can stream three tracks from the album.]

http://www.stuckimusic.ch/projekte.html


GREG MORGAN / Domino (Slam Productions)

Un disque plus exigeant par un quintette de jazz plus expérimental, même si la musique demeure écrite en partie. Greg Morgan est saxophoniste (il joue aussi un peu de piano électrique). Il est accompagné du guitariste Dan Haywood, de l’organiste Pete French et des percussionnistes Chas Ambler et Jeff Barnes (mais les deux sont présents seulement sur deux pièces). Un jazz plutôt sombre et plantif, pas toujours clairement orienté, avec des pièces qui s’étirent en longueur. Pas mauvais, mais je ne suis pas impressionné.

A more demanding record, by a more experimental jazz quintet, although the music is still written-down, to an extent. Greg Morgan is a saxophonist (he also plays electric piano on two tracks). He is accompanied by guitarist Dan Haywood, organist Pete French, and percussionists Chas Ambler and Jeff Barnes (but they are featured together on only two tracks). Rather dark and plaintive jazz, not always clearly oriented, with tracks that tend to drag on. Not bad, but I’m not impressed.


SCOTT FIELDS ENSEMBLE / Samuel (New World Records)

Quittons les quintettes, tout en restant (partiellement) dans le jazz, avec Samuel du guitariste Scott Fields. J’apprécie le travail de Fields, je reconnais l’audace de certains de ses concepts, mais ses disques ne m’ont jamais vraiment touché ou enthousiasmé. Jusqu’à celui-ci, un tour de force réalisé en compagnie du batteur John Hollenbeck, du violoncelliste Scott Roller et du saxo ténor Matthias Schubert. Samuel propose trois compositions très complexes qui se fondent sur trois pièces de théâtre de Samuel Beckett. Fields applique divers procédés pour utiliser les mots de Beckett afin de générer des paramètres musicaux. C’est hermétique, mais vous n’y verrez que du feu. Par contre, vous entendrez une musique riche, dense, qui flirte souvent avec le jazz, qui se rapproche aussi de la complexité de la série “Compilation” de Simon H. Fell, voire du sens de l’aventure des œuvres à grand déploiement de Jean Derome. De la grande musique actuelle. [Ci-dessous: Un extrait de “Not I”. Vous trouverez d’autres extraits sur cette page du site de New World.]

Let’s leave the quintets behind while staying (in part) in jazz, with guitarist Scott Field’s Samuel. I appreciate Fields’ work, and I acknowledge the boldness in some of his ideas, but his records had yet to move or thrill me. Until this one, that is, a tour de force. He is accompanied by drummer John Hollenbeck, cellist Scott Roller, and tenor saxman Matthias Schubert. Samuel features three very complex compositions based on three plays by Samuel Beckett. Fields applies various processes to turn Beckett’s words into musical parameters. It’s hermetic, but it doesn’t matter: what you will hear is rich, dense music that often flirts with jazz, music that gets close to the complexity found in Simon H. Fell’s “Compilation” series, and the sense of adventure heard in Jean Derome’s large-scale works. Excellent creative music. [Below: An excerpt from “Not I.” You can listen to more excerpts on this page from New World’s website.]

http://www.newworldrecords.org/media/file4lDnA.wav


TONY MALABY / Paloma Recio (New World Records)

Fatigue mentale? Le menu d’aujourd’hui est particulièrement relevé. Toujours est-il que j’ai trouvé Paloma Recio long et lourd. Je ne suis pas familié avec le travail du saxophoniste Tony Malaby. Ici il est accompagné du guitariste Ben Monder (que j’aime beaucoup), du bassiste Eivind Opsvik et du batteur Nasheet Waits. J’ai trouvé son ton lancinant et sa musique inutilement touffue. Je lui donnerai une autre chose dans les prochains jours...

Mental fatigue? Perhaps, since today’s menu was particularly heady. But I found Paloma Recio to be long and tiresome. I am not familiar with saxman Tony Malaby’s work. Here he is accompanied by guitarist Ben Monder (whom I really like), bassist Eivind Opsvik, and drummer Nasheet Waits. I found Malaby’s tone plaintive and his music needlessly busy. I’ll give this CD a second chance within the next few days...

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