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2010-03-25

2010-03-24: Blastula, Lenoci/Mimmo, Twits, Braagas, Al-Yaman

Journal d'écoute / Listening Diary

2010-03-24


BLASTULA / Scarnoduo (Amirani)

Je suis sans voix, entièrement conquis par ce disque, réduit à l’état de petit tas informe de plaisir consumé. Blastula est un duo italien formé du percussionniste Cristiano Calcagnile et de la chanteuse Monica Demuru. Scarnoduo présente 16 courtes pièces, des chansons improvisées, articulées autour de jeux de langue et de bouche, jeux d’expressions multiples, entre le mélodisme folklorique et l’art lyrique italien. Ça me rappelle surtout Anna Homler, mais ce disque a sa propre identité, et Calgacnile et Demuru font la paire. Leur interaction est fascinante. Ce disque est sans prétention et ne propose aucune innovation frappante, mais la musique qu’il renferme est fraîche, touchante, stimulante, foncièrement honnête. Et la pochette exquise. Chaudement recommandé.

I’m speechless, totally won over by this record. I’m down to a puddle of consumated joy. Blastula is an Italian duo consisting of percussionist Cristiano Calcagnile and singer Monica Demuru. Scarnoduo features 16 short tracks, improvised songs articulated around tongue and mouth plays, plays on multiple expressions, on traditional folk melodicism and Italian opera. I’m mostly reminded of Anna Homler, but this record has its own personality, and Calcagnile and Demuru make quite a pair. They have a fascinating level of interaction going on. This unpretentious record has no strikingly innovative feat to offer, but the music it holds is fresh, moving, stimulating, and honest. And the packaging’s pretty nice too. Warmly recommended.


GIANNI LENOCI & GIANNI MIMMO / Reciprocal Uncles (Amirani / Long Song)

Une belle collaboration entre le pianiste Gianni Lenoci et le saxo soprano Gianni Mimmo, deux Italiens. Même en mode improvisation libre, le jeu de Lenoci demeure étonnamment mélodique et fluide. Étrangement, c’est ce qui m’avait déplu sur son disque avec Joëlle Léandre chez Ambiances Magnétiques, mais c’est ce qui m’attire ici, peut-être à cause de ce pairage particulier avec Mimmo. Pas de facilité mais de l’élégance et de la pertinence dans cette séance d’improvisation.

A nice collaboration between pianist Gianni Lenoci and soprano saxman Gianni Mimmo, two Italians. Even in free improv mode, Lenoci’s playing remains surprisingly melodious and fluid. Strangely, that’s what had turned off on his Ambiances Magnétiques CD with Joëlle Léandre, but that’s what turns me on here, maybe because of that specific pairing with Mimmo. Elegant music, not easy-listening music. And relevant music.


TWITS / Dispositifs de tension (Rude Awakening présente)

Twits? Ça doit être le pire nom de groupe que j’ai croisé (faut être Québécois pour y voir quelque chose de très péjoratif..., désolé, lecteurs européens). Cela dit, ce quatuor (Aurélien Besnard, clarinette; Jonathan Fenez, tourne-disque; Julien Mauri, batterie; Marc Siffert, basse) fait dans l’improvisation légèrement terroriste - rythmes pesants, clarinette hurlante, un peu de post-punk, beaucoup de skronk, du rock-in-opposition aussi. “L’axe tord en périphérie” a carrément un air de Painkiller - ce qui n’est pas une mauvaise chose! Les tourne-disque sont utilisés intelligemment, autant pour du scratching bruitiste que pour de la citation inusitée. Du beau travail prometteur, j’aime. Ça va tourner bientôt sur Délire actuel. [Ci-dessous: “Chroniques d’une élongation”, depuis le site de Rude Awakening présente.]

Twits? That’s got to be the worst band name I’ve ever seen (you might have to be a Quebecer to see it like that, though). That said, this quartet (Aurélien Besnard, clarinet; Jonathan Fenez, turntables; Julien Mauri, drums; Marc Siffert, bass) delivers slightly terrorist improvisations - heavy beats, screaming clarinet, a bit of post-punk, lots of skronk, a touch of rock-in-opposition. “L’axe tord en périphérie” sounds downright like Painkiller - and that’s not a bad thing! The turntables are put to good use for some noisy scratching and unexpected quoting. Fine promising work, I like. This will get a spin or two on Délire actuel soon. [Below: “Chroniques d’une élongation,” from Rude Awakening présente’s website.]

http://jazzimpro34.free.fr/NU2/mp3/twits_chroniques-d-une-elongation.mp3


BRAAGAS / Tapas (Indies Scope)

Il fut un temps où l’étiquette Indies était le porte-étendard de la scène alternative tchèque. C’est là qu’on trouvait la folk complexe et originale de Brno, l’avant-rock angulaire de Prague. C’était dans les années 90, alors qu’Iva Bittova, Pavel Fajt et Uz Jsme Doma faisaient la pluie et le beau dans la république fraîchement libérée. Depuis, Indies s’est terriblement ordinairisée et ne fait plus que de la musique du monde et du rock sans originalité ni âme. Ils y réussissent bien, obtiennent des hits planétaires et gagnent des floppées de prix, mais où est passée la scène tchèque? Tout ça pour dire qu’il est difficile de trouver à redire d’un disque comme Tapas de Braagas, un quatuor féminin qui touche à toutes les musiques traditionnelles européennes, instruments d’époque compris, et qui chantent avec justesse des chansons d’un autre temps, revampées par la fusion des lieux et des époques. Talent? Oui. Qualité? Oui. Originalité? Non. Quelque chose de tchèque là-dedans? Du tout. On peut trouver quelque chose de très semblable en France, au Québec, aux États-Unis, en Australie.

There once was a time when the Indies label was the flagship of the Czech Republic’s alternative scene. That’s where you’d find the complex and quirky folk from Brno and the angular avant-rock from Prague. That was in the ‘90s, when Iva Bittova, Pavel Fajt and Uz Jsme Doma ruled the recently-liberated republic’s music scene. Since, Indies has become terribly mediocre and focused on washed-down world music and formulaic ready-to-export rock. They do it well, and they score international hits and garner awards, but where’s the innovative Czech scene I was knew? Anyway, all this to say that there’s hardly anything wrong with Tapas by Braagas, an all-female quartet that touches bases with most European forms of traditional folk music, with period instruments, and skillfully sing songs from another time, redressed by mixing eras and locations. Talent? Yes. Quality? Yes. Originality? No. Something Czech in there? Not at all; you could find something very similar in France, Quebec, the US, or Australia.


AL-YAMAN / Insanyya (Indies Scope)

Tchèque ou pas, ce nouveau disque d’Al-Yaman (cinq ans après le premier) tape fort. Il s’agit d’un très bon dub-pop fusion arabe. La chanteuse Ashwaq a une voix fort agréable, les arrangements sont inventifs - très rock, avec parfois une saveur presque progressive. “Makhatir” et “Qodum al Rasul” sont toutes très solides. Pour une référence québécoise, je penserais à Bambara Trans où l’élément afro-funk serait remplacé par de l’arabo-dub. Très convaincant.

Well, Czech or not, this second CD by Al-Yaman (five years after their debut) hits hard. This is very good Arab fusion dub-bop. Female singer Ashwaq has a very enjoyable voice, and the arrangements are innovative - with strong rock leanings, and even the occasional near-progressive flavour. “Makhatir” and “Qodum al Rasul” are both very good songs. If you allow me a Quebecois reference, I would compare them to Bambara Trans, minus the afro-funk element, plus an Arab-dub element. Quite convincing.

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