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2010-04-01

2010-03-31: Johannesen/Furu, Küchen/Rodrigues/Rodrigues/Santos, Ulmmann-Swell 4, Stefano Pastor, Incredible String Band

Journal d'écoute / Listening Diary

2010-03-31


KIM JOHANNESEN & SVEIN MAGNUS FURU / The Ecologic (Creative Sources)

Je ne crois pas avoir rencontré ces deux instrumentistes scandinaves auparavant. Kim Johannesen est guitariste. Svein Magnus Furu joue du saxo et de la clarinette. Leur musique est improvisée (c’est presque une règle inébranlable chez l’étiquette Creative Sources), pointilliste, microsonique mais en partie seulement. Il y a des échanges vigoureux sur ce disque, qui s’inspire plus de l’improvisation non-idiomatique du Spontaneous Music Ensemble que de l’improvisation microsonique du tournant du 21e siècle. Un ou deux moments tombent à plat, peut-être par manque de synergie, mais le reste est absorbant. Un bel effort.

I don’t think I had encountered these two Scandinavian instrumentalists before. Kim Johannesen is a guitarist. Svein Magnus Furu plays sax and clarinet. Their music is improvised (a near-unwaivering rule at the Creative Sources label), pointillistic, microsonic, but only in part. This CD contains a few vigorous exchanges that have more to do with the Spontaneous Music Ensemble’s non-idiomatic improvisation than with the microsonic improv of the turn of the 21st century. There are a couple of flat stretches - a lack of synergy perhaps, but the rest is quite absorbing. A fine effort.


MARTIN KÜCHEN, ERNESTO RODRIGUES, GUILHERME RODRIGUES & CARLOS SANTOS / Vinter (Creative Sources)

Je suis preneur de tout ce que font les Rodrigues père et fils. Leur synergie d’improvisation est stupéfiante, les textures qu’ils tissent avec leur alto et leur violoncelle, aussi minimalistes soient-elles, envoûtent et subjuguent. Ce n’est pas la première fois qu’ils travaillent avec l’électronicien Carlos Santos, qui sait se faire si discret, si complémentaire en leur présence. Ajoutez le saxophoniste Martin Küchen qui, dans le cadre de cette musique faite de discrétion, de silence et d’attention au détail, incarne une forme de lyrisme inusité, et vous avez là une autre production mémorable du cœur de l’étiquette Creative Sources. Une étiquette à qui on reproche souvent de produire trop, mais comment reprocher quoi que ce soit quand, régulièrement, elle nous pond des bijoux d’improvisation pointue comme celui-ci.

I’m a taker for anything with the Rodrigues’ (father and son) names on it. Their synergy in improvisation is staggering, the textures they weave with their viola and cello, as minimalistic as they may be, are bewitching. This is not their first collaboration with electornician Carlos Santos, who knows how to make himself discreet in their presence. Add in saxman Martin Küchen who, in the context of this quiet, meticulous music embodies an unusual form of lyricism, and you have another memorable CD from the core of the Creative Sources label. A label of which it has been said several times that it releases too much music, but how can one complain about that when, regularly, it drops a cutting-edge improvisation gem like this one in your lap?


THE ULLMANN-SWELL 4 / News? No News! (Jazz Werkstatt - merci à/thanks to: Braithwaite & Katz)

Deuxième disque du quatuor codirigé par le saxo Gebhard Ullmann (aussi à la clarinette basse) et le trombone Steve Swell. J’avoue avoir un peu de difficulté avec Ullmann, sans trop savoir pourquoi. Je l’écoute depuis une bonne dizaine d’années, et rien de ce qu’il fait me déplaît particulièrement, mais rien ne reste non plus, rien n’arrive à se glisser dans mes favoris, à laisser une impression durable. La même chose risque de se produire avec News? No News!, malgré une belle écriture, des échanges bien sentis entre les deux cuivres, et le travail de finesse du batteur Barry Altschul. Cela dit, les compositions de Swell qui ouvrent et concluent l’album sont particulièrement réjouissantes. Il apporte au groupe un fondement, dans le son et l’écriture, qui en font une proposition jazz pertinente et actuelle mais aussi relativement confortable.

The second album from the quartet co-led by saxman Gebhard Ullmann (also on bass clarinet) and trombonist Steve Swell. I admit having a little problem with Ullmann, and I don’t know why. But I’ve been listening to him for a solid decade, at least, and nothing he does seriously disagrees with me, but nothing sticks either, nothing manages to slip into my favorites or leave a lasting impression. News? No News! will probably know the same fate, despite good writing, strong exchanges between the horns, and the finesse work of drummer Barry Altschul. That said, Swell’s compositions opening and closing the album are particularly enjoyable. He brings a foundation to the band, both in sound and writing, and that makes this quartet a relevant yet relatively comfortable avant-jazz proposition.


STEFANO PASTOR / Freedom (Slam Productions / Silta Records)

Je n’aurais pas pu trouver meilleure illustration de la tiédeur dans laquelle me laisse Gebhard Ullman qu’en enchaînant avec Freedom. On parle encore d’un quatuor de jazz d’avant-garde, mais comme celui-ci m’émeut et me parle plus! Le violoniste Stefano Pastor s’accoquine ici George Haslam (saxo baryton et tarogato, parfois simultanément), Claudio Lugo (saxo soprano) et Giorgio Dini (contrebasse). Quelques improvisations collectives vigoureuses, quelques compositions de Pastor empreintes de lyrisme - “Opposition” donne des frissons de vérité. Superbe.

I couldn’t have found a better illustration of the lukewarm feeling I get from Gebhard Ullman than by putting on Freedom right afterward. This is another avant-jazz quartet, but it moves and engages me so much more! Violinist Stefano Pastor has teamed up with George Haslam (baritone sax and tarogato, simultaneously at times), Claudio Lugo (soprano sax) and Giorgio Dini (bass). A few vivid collective improvisations, a few lyrical composition by Pastor - “Opposition” gives me goosebumps. Splendid.


THE INCREDIBLE STRING BAND / The Incredible String Band (Fledg’ling - merci à/thanks to Forced Exposure)

L’étiquette Fledg’ling réédite les quatre premiers albums de l’Incredible String Band, groupe phare de la scène folk britannique des années 60, à l’origine du courant folk psychédélique des années 60. J’admets ne rien connaître de ces disques que des reprises faites beaucoup plus tard. J’approche donc ce corpus en néophyte. Et je suis impressionné! Évidemment, The Incredible String Band (1966) est un premier album, avec tout ce que cela implique: fraîcheur contrebalancée par une certaine immaturité, peu de moyens en studio, direction encore imprécise. Pourtant, c’est un disque solide, le seul en trio, Mike Heron et Robin Williamson (le noyau dur) étant complétés par Clive Palmer (qui quittera ensuite). Outre deux airs traditionnels, les chansons sont toutes originales, mais fortement ancrées dans les traditions britanniques, écossaises et américaines (des Appalaches). Un disque varié, à la facture vieillissante, intéressant en soi mais diminué par l’opus suivant, le glorieux 5000 Spirits or The Layers of the Onion.

The Fledg’ling label is reissuing The Incredible String Band’s first four albums. ISB was a key group of the ‘60s UK folk scene, and a pioneer of the ‘60s psychedelic folk genre. I admit having not heard these albums before (except through cover versions), so I approach this repertoire with the ears of a newcomer. And I’m impressed! Of course, The Incredible String Band (1966) is a debut album, with all the flaws that come with it: freshness outbalanced by a certain lack of maturity, insufficient studio budget, lack of precise direction. Yet, this is a strong work, the only LP by the trio line-up, Mike Heron and Robin Williamson (the band’s core) being rounded up by Clive Palmer (who will leave soon after). Beside two traditional tunes, the songs are originals but still very much anchored in the British, Scottish, and Appalachian traditions. A diverse record whose age is clearly showing, interesting in itself, but diminished in the light of its towering follow-up (see below).


THE INCREDIBLE STRING BAND / The 5000 Spirits or The Layers of the Onion (Fledg’ling - merci à/thanks to Forced Exposure)

Palmer n’est plus là, le duo a rencontré le réalisateur Joe Boyd qui comprend merveilleusement ce qu’il recherche, on ajoute Danny Thompson à la basse sur quelques chansons, Licorice à la voix sur quelques autres, et voici The Incredible String Band entrant de plein pied dans l’ère psychédélique. Simplement, honnêtement, merveilleusement. Les racines traditionnelles s’effacent pour laisser s’épanouir une écriture folk éminemment personnelle, aiguisée par un voyage en Indie d’où Robin Williamson rapporte un assortiment d’instruments à cordes et à percussion. Ce disque possède deux forces majeures: la qualité de l’écriture et la sobriété de la réalisation. Sa dimension psychédélique passe par les idées littéraires, les progressions d’accords, les arrangements, pas par des artifices de studio. “Chinese White”, “Paintbox”, “The Mad Hatter’s Song”, “The Eyes of Fate”, “My Name Is Death” - les grandes chansons abondent sur ce disque, un classique pur et dur, et de la folk britannique et de la musique des années 60, tous azimuts. La réédition de Fledg’ling est impeccable à tous égards. [Ci-dessous: “Paintbox” interprétée à la télévision.]

Palmer is gone, the duo has met producer Joe Boyd who has an immediate understanding of what the band is trying to do, bassist Danny Thompson is added on a few tracks, singer Licorice on a few too, and The Incredible String Band breaks out into the psychedelic era. Simply, honestly, marvelously. The traditional roots fade out so that a highly personal form of folk songwriting can unfold, a form honed while Robin Williamson was on a trip to India, from where he brought back a slew of string and percussion instruments. This record has two major strengths: the quality of the songwriting and the understated production. Its psychedelic dimension comes from the lyric ideas, the chord progressions, the arrangements, not through studio effects. “Chinese White”, “Paintbox,” “The Mad Hatter’s Song,” “The Eyes of Fate,” “My Name Is Death” – there’s great songs a-plenty on this record, a stone cold classic of British folk AND of ‘60s music, period. [“Paintbox” performed for TV.]

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