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2014-02-13

2014-02-12: Cocktail Mol6t8v, Kubin/Mitch & Mitch, Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra

Journal d'écoute / Listening Diary 
2014-02-12

ARTISTES VARIÉS-VARIOUS ARTISTS/ Cocktail Mol6t8v: La bande son de la révolte (Le son du maquis)
Ceci n’est pas une nouveauté: je suis tombé dessus à très petit prix et j’ai été intrigué. Il s’agit d’un album double vendu sous coffret et qui propose un collage sonore autour des manifestations étudiantes à Paris en mai 1968. On y entend des extraits de discours, de reportages, même un exposé sur la fabrication d’un cocktail molotov, tous extraits des archives de l’Institution national de l’audiovisuel, agrémentés d’une solide sélection musicale. Tubes de l’époque, chansons de l’underground, musiques expérimentales, de France, d’Angleterre et des États-Unis – c’est un cocktail vraiment saisissant. Aux côtés de grands classiques de Steppenwolf, Jefferson Airplane et Léo Ferré se glissent des enregistrement de Gong, Albert Ayler, Can, Fille qui mousse, et même plusieurs vignettes sonores de Red Noise et de Barricade! Certaines chansons sont tronquées ou montées avec des extraits parlés au début ou à la fin – bref, ne dégotez pas ce machin seulement pour les chansons, elles s’écoutent mal hors contexte. Mais l’ensemble est parfaitement cohérent.
This is not a new release. I came upon a copy at a very low price and I was intrigued. This is a boxed doubled CD set offering a sound collage around the student uprise in Paris in May ’68. There’s snippets of discourses, news reports, even a presentation on how to make a cocktail molotov – all in French of course, and taken from the archives of the Institut national de l’audiovisuel – paired with a strong musical selection. Hits of the day, songs of the underground, experimental tracks, from France, the UK and the US – quite a striking cocktail, truth be told. Alongside classic hits by Steppenwolf, Jefferson Airplane, and Léo Ferré, you also get recordings by Gong, Albert Ayler, Can, Fille qui mousse, and even several short tunes by Red Noise and Barricade! Some songs are edited, and most have spoken word bits fading and out at either end – so don’t hunt this just for the music, the tracks are hard to listen to out of context. But if you understand French, the project as a whole makes a perfectly coherent statement.

FELIX KUBIN MIT MITCH & MITCH / Bakterien & Batterien (Lado ABC – merci à/thanks to Dense Promotion)
Collaboration déjantée et rigolote à souhait entre l’électroniciste Felix Kubin et le groupe à géométrie et style variable Mitch & Mitch... que je connaissais déjà par le biais d’une autre collaboration avec Igor Krutogolov. Or, cette fois, M&M semble avoir triplé de volume pour atteindre la taille d’un big band. Et Kubin réussit à intégrer ses électroniques sans trop en imposer. En fait, sa marque est autant palpable, sinon plus, dans l’écriture de cette dizaine d’airs un peu naïfs mais souvent complexes. Évidemment, Bakterien & Batterien n’atteint jamais la lourdeur ou la force de frappe du disque de Mitch & Krutogolov & Mitch, mais ce n’était pas son objectif de toute façon. Tordu et adorable.
Off-kilter and funny collaboration between electronician Felix Kubin and shape-and-style-shifting group Mitch & Mitch... whom I learned to love through another collaboration project, this time with Igor Krutogolov. Here, M&M seem to have tripled in size to become a big band. And Kubin manages to integrate his electronics to their palette without taking over. Actually, Kubin’s stamp is felt as much if not more in the composition process. Of course, Bakterien & Batterien never reaches the heaviness and punch of the Mitch & Krutogolov & Mitch CD, but that was never the point. Twisted and adorable.

THEE SILVER MT. ZION MEMORIAL ORCHESTRA / Fuck Off Get Free We Pour Light On Everything (Constellation)
L’album le plus fort de SMZ à ce jour. Des chansons qui tapent très fort (“Take Away These Early Grave Blues” = The Ex plus un violon). Des chansons profondément émouvantes (“What We Loved Was Not Enough”, longue et fabuleuse litanie qui se termine en mode gospel). Des paroles engagées. Des vocaux lancinants qui en irriteront plus d’un – mais pas moi. Certainement décoiffant, un peu larmoyant, engagé sans aucun doute. Dans le fond, ce disque marque, pour Silver Mt. Zion, une évolution semblable à celle qu’indiquait Don’t Bend... pour Godspeed You Black Emperor. Ça ne sert à rien d’écouter autre chose aujourd’hui: je réappuie sur “play”.  [Ci-dessous: un extrait de “Austerity Blues”.]
SMZ’s loudest album to date. Songs that hit hard (“Take Away These Early Grave Blues” = The Ex plus a violin). Deeply moving songs (“What We Loved Was Not Enough,” a long and fabulous lament that concludes gospel style). Heavy lyrics. Over-emotive vocals that will irritate more than a few – but not me. Hair-raising for sure, emotional at times, obviously invested. In the end, this record shows that Silver Mt. Zion’s recent evolution parallels that of Godspeed You Black Emperor. It’s no use listening to something else today – I’ll push that play button once again.  [Below: An excerpt from “Austerity Blues.”]


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