Portail du journalisme et de l'activisme musical de François Couture.

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2011-07-06

2011-07-05: Yannick Dauby, Reinhold Friedl, Max Goldt

Journal d'écoute / Listening Diary
2011-07-05

YANNICK DAUBY / Listen to the Atayal in Taoshan (Kalerne)
Un très beau projet de l’artiste sonore Yannick Dauby. Nous sommes à Taïwan, où les cultures indigènes se perdent. À travers une collaboration avec une école primaire, Dauby et Wan-Shuen Tsai ont rapproché aînés et enfants pour une expérience de partage culturel pendant six mois. Enregistrements dans les maisons, l’école et en nature, présentant des chansons, des contes, des scènes du quotidien. Le tout appuyé par un généreux livret où sont traduits en anglais les contes et paroles de chansons, et qui donnent aussi des renseignements supplémentaires sur le contexte culturel, la fabrication des instruments, et de nombreuses photos. Un objet splendide, un projet de cœur et de superbes prises de son.  [Ci-dessous: Une présentation de l’objet disque, question de vous faire saliver un peu.]
A beautiful project from sound artist Yannick Dauby. We are in Taoshan, Taiwan, where indigenous cultures are waning. Through a collaboration with an elementary school, Dauby and Wan-Shuen Tsai spent six months in the area for a cultural sharing experience between elders and children. Recordings in locations (houses, school) and in nature, featuring traditional songs and tales and scenes from the daily life. All this supported by a generous booklet with English translations of all tales and lyrics, plus information on the cultural context, instrument-making, and many photographs. A gorgeous object, a labour of love, and splendid field recordings.  [Below: A preview of the physical release, to give you a taste of this ear-and-eye candy.]

REINHOLD FRIEDL / Inside Piano (Zeitkratzer Records - merci à/thanks to Dense Promotion)
Le pianiste de l’ensemble Zeitkratzer a publié un album double de ses compositions pour intérieur de piano (et non piano d’intérieur). Depuis les expériences de Henry Cowell et de John Cage avec le piano préparé, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et Friedl, interprète chevronné de la musique moderne pour piano, est acclimaté à ces flots. Au fil de neuf pièces allant de quatre minutes à près de 40 minutes, Friedl expose de nombreuses techniques permettant de jouer le piano sans les touches, d’utiliser sa masse et son volume comme corps résonant. Certaines pièces sont très minimalistes, mais dans quelques-unes le son prend une ampleur insoupçonnée, alors que Friedl joue à la pieuvre, frottant et frappant partout à la fois. Un album long, à prendre presque une piste à la fois.
Zeitkratzer’s pianist has released a 2-CD set of his compositions for inside piano. Since Henry Cowell and John Cage’s early experiments with prepared piano, a lot of water has run under that bridge, and Friedl, a seasoned performer of modern music for piano, is well accustomed to their flow. Through nine pieces ranging from four to close to forty minutes, Friedl showcases his wide array of techniques of playing the piano without using its keys, of using the instrument’s mass and volume as a resonant body. Some compositions turn out to be very minimalistic, while others get surprisingly noisy and large, as Friedl turns into an octopus, striking and hitting everywhere at once. A long album, better approached one or two tracks at a time.

MAX GOLDT / L’Église des crocodiles (Gagarin Records - merci à/thanks to Dense Promotion)
Deuxième réédition du fantaisiste Max Goldt chez Gagarin, sur vinyle. Il s’agit cette fois des six pistes d’un EP paru en 1983, plus six pièces inédites réalisées à la même époque. Des miniatures électro-pop étranges (beaucoup de percussions et d’effets) sur des textes absurdes qui rappellent Daniil Charms. Une musique quelque part entre Klimperei et le Faust de Jean-Hervé Perron. Les textes sont allemands, mais la jaquette du disque propose des traductions.
Second LP reissue of material from oddball Max Goldt on Gagarin Records. This time around it’s the six tracks from an EP first released un 1983, plus six previouly unavailable pieces from the same period. Strange electro-pop miniatures (lots of percussive elements and effects) over absurd lyrics reminiscent of Daniil Charms. The music is somewhere between Klimperei and Jean-Hervé Perron’s Faust. German lyrics with English translations on the LP cover.

2011-07-05

Délire actuel, 2011-07-05


DÉLIRE ACTUEL

Réécoutez (streaming ou téléchargement) la dernière édition de Délire actuel ICI (cherchez Délire actuel dans la liste).
You can listen (stream or download) to the latest Délire Actuel broadcast HERE (look for Délire Actuel on the list of shows).

Édition du 5 juillet 2011
Broadcast of July 5, 2011

DESCRIPTION
DESCRIPTION
Monk et Lacy / Solos: Thelonious Monk a eu une grande influence sur Steve Lacy et sur de nombreux jazzmen créatifs d’hier et d’aujourd’hui. Lacy a eu le même impact. Et les interprétations qu’a faites Lacy de Monk aussi. Faites le décompte, mais je crois qu’il y a aujourd’hui plus de saxophonistes reprenant Monk que de pianistes. En 2e heure: trois solistes qui déconstruisent et rebâtissent leur instrument.
Monk & Lacy / Solos: Thelonious Monk has had a huge influence on Steve Lacy and many other creative jazzmen of yesterday and today. Lacy has had a similar impact. And Lacy’s interpretations of Monk too. Truth is, I think there are more saxophonistes playing Monk tunes nowadays than pianists. 2nd hour: Three soloists who are deconstructing and rebuilding their intruments anew.

THELONIOUS MONK QUINTET / Evidence (6:30) - School Days (Emanem)
STEVE LACY / Skippy (6:15) - School Days (Emanem)
ÉVIDENCE / Well You Needn’t (8:22) - Musique de Thelonious Monk (Ambiances Magnétiques)

ASA TRIO / Criss Cross (5:12) - Plays the Music of Thelonious Monk (Sunny Sky Records)
THE MICROSCOPIC SEPTET / Brilliant Corners (5:09) - Friday the 13th (Cuneiform)
THE RENT / Prospectus (4:11) - Musique de Steve Lacy (Ambiances Magnétiques)

STEVE LACY / No Baby (4:25) - In Berlin (FMP)
IDEAL BREAD / Flakes (extrait/excerpt: ) - Transmit (Cuneiform)


OLIVIER BENOIT / 3 (22:06) - Serendipity (Circum-Disc/Helix)

XAVIER CHARLES / Rouge (14:12) - Invisible (Sofa)

BERTRAND DENZLER / Airtube (11:49) - Tenor (Potlatch)


COMPLÉMENTS
SUPPLEMENTS

THELONIOUS MONK
Le maître à l’œuvre: “Epistrophy”.
The master at work: “Epistrophy.”

STEVE LACY
Ici, Lacy et Roswell Rudd donne un vernis dixie à “Nutty” de Monk.
Here, Lacy and Roswell Rudd give Monk’s “Nutty” a dixie spin.

XAVIER CHARLES
Solo en concert, je ne sais trop quand.
Live solo, not sure when exactly.

2011-07-04: Les Mystères de l'Ouest, Archetti/Heisch, Violence and the Sacred,


Journal d'écoute / Listening Diary
2011-07-04

LES MYSTÈRES DE L’OUEST / Les Mystères de l’Ouest (Unit Records)
Un trio piano (Florence Melnotte), trombone (Jean-Jacques Pedretti) et batterie (Nelson Schaer). Du jazz suisse aux compositions fines et complexes qui rappellent un peu Satoko Fujii (surtout dans “King Kong”). Une belle synergie entre le piano et le trombone. Une musique à cheval entre un jazz moderne accessible et une démarche plus audacieuse – encore une fois, la comparaison avec Fujii, le Satoko Fujii Trio notamment, tient la route.Pas si mystérieux et rien de “western” ici, mais un disque solide de jazz créatif.
A trio of piano (Florence Melnotte), trombone (Jean-Jacques Pedretti) and drums (Nelson Schaer). Swiss jazz featuring sophisticated and complex compositions slightly reminiscent of Satoko Fujii (especially in “King Kong”). Fine synergy between piano and bone. Music halfway between accessible modern jazz and a bolder approach - again, the comparison with Fujii, notably the Satoko Fujii Trio, holds. This music is not that mysterious, and there’s nothing “Western” about it (the band’s name translates to “The Mysteries of the West”), but this is a strong album of creative jazz.

LUIGI ARCHETTI & MICHAEL HEISCH / Frozen Solid (Creative Works Records)
Un disque long mais intrigant qui place la guitare électrique et les électroniques de Luigi Archetti face à face avec le trio à cordes du contrebassiste Michael Heisch. Pour l’essentiel, Frozen Solid (une composition de 65 minutes divisée en six parties) ressemble beaucoup un type d’improvisation pratiquée par Ernesto et Guilherme Rodrigues - cordes texturales aux gestes ultramesurés, guitare aux interventions subtiles et jouant sur une ambivalence acoustique/électronique. Seuls deux passages quittent cette forme pour s’engager dans quelque chose de plus bruitiste - et heureusement, autrement ce disque serait très monotone.
A long but intriguing record putting Luigi Archetti’s electric guitar and electronics face to face with doublebassist Michael Heisch’s string trio. For the most part, Frozen Solid (a 65-minute composition split into 6 parts) is very similar to the kind of free improvisation practiced by Ernesto and Guilherme Rodrigues: textural strings played with ultra-restrainted festures, subtle guitar interventions playing on an acoustic/electornic ambivalence. Only two passages stray away from this m.o. to engage into something much noisier - and that’s a good thing, for without that this record would get tedious.

VIOLENCE AND THE SACRED / Teddy Bear Stinks Real Bad Now (VioSac)
Volume 3 dans la série des archives du groupe torontois Violence and the Sacred. Teddy bear Stinks Real Bad Now était paru sur cassette en 1987. Enregistré en concert. L’attaque au violoncelle électrique dans “June 8th” place déjà l’ambiance dans un entre-deux qui évolura en entre-douze: acoustique et électronique, performance et préenregistrement, sérieux et ridicule, satire et hommage. St. Deborah est moins présente sur cet enregistrement, mais les voix préenregistrées abondent (disques didactiques, livres-disques pour enfants, etc.). Collages sonores étranges aux connotations absurdes (“Wee Willie Winkie” atteignant une extrême). Les sept pièces constituent une prestation continue dont l’homogénéité inspire le respect. À découvrir. [Ci-dessous: Écoutez tout l’album Teddy Bear Stinks Real Bad Now. Et téléchargez tous les albums sur Bandcamp pour une bouchée de pain.]
Volume 3 in Toronto’s Violence and the Sacred’s archive series. Teddy Bear Stinks Real Bad Now first came out on cassette in 1987. It is a live recording. The electric cello opening of “June 8th” sets the mood: a world of multiple in-betweens – acoustic and electronic, performance and prerecordings, seriousness and ridiculousness, satire and homage. St. Deborah is less present on this recording, but there’s alot of prerecorded voices (from didactic records, children’s books-on-record, etc.). Strange sound collages with absurdist leanings (“Wee Willie Winkie” being an extreme highlight). Seven tracks flowing as one continuous performance whose cohesion begs respect. Worth discovering. [Below: Listen to the whole album Teddy Bear Stinks Real Bad Now. And download all the albums on Bandcamp for next to nothing.]


VIOLENCE AND THE SACRED / Arkinoid (VioSac)
Numéro 4 dans la série d’archives de VioSac. Paru à l’origine sur cassette en 1987, augmenté ici d’une longue pièce bonus parue à l’origine sur une compilation. Encore beaucoup de sons trouvés, mais cette fois une plus forte présence d’instruments. On a même droit à une solide improvisation entre guitare électrique (au style très Frith), synthétiseur et ruban magnétique (passé manuellement sous la tête de lecture, utilisé comme un instrument). Et St. Deborah lit des textes de Beckett, Jarry et Nietzsche qui collent à la fois à l’absurde des sons trouvés (il y en a vraiment des rigolos) et au nihilisme de l’approche improvisationnelle (bruitiste et déconstructiviste). “Sunny Italy” termine en queue de poisson - une finale vraiment manquée, dommage. Point fort: “The Cattle of My Life” et “Liverwurst”.
Number 4 in VioSac’s archive series. First released on cassette in 1987, here augmented with a long bonus track first issued on a compilation. Again a lot of found sounds, but also a stronger instrumental presence. We’re even treated to a strong improvisation between electric guitar (very Frith-like), synthesizer and magnetic tape (treaded manually under the reading head, and used as an instrument). And St. Deborah reads excerpts from Beckett, Jarry and Nietzsche, a selection that fits both the absurdity of the found sound sources (some of them are creepy funny) and the nihilistic approach to improvisation (noisy and deconstructive). The false ending of “Sunny Italy” is a sour note, but highlights like “Cattle of My Life” and “Liverwurst” compensate. 

2011-07-02

2011-07-01: Rodrigues/Valente, VioSac, The Nerve Institute


Journal d'écoute / Listening Diary
2011-07-01

ERNESTO RODRIGUES & JORGE VALENTE / Self Eater and Drinker (audEo)
Ce disque est antérieur à la création de l’étiquette Creative Sources d’Ernesto Rodrigues. D’ailleurs, en 1999, Ernesto jouait du violon plutôt que de l’alto. Mais son approche originale de la musique improvisée était déjà fort développée. Cette session studio en duo avec le claviériste-informaticien Jorge Valente propose une longue improvisation divisée en huit sections, où le violoniste utilise des sons-bruits courts et ciblés, tandis que Valente ajoute des transformations électroacoustiques et des sons de synthèse. Plus mouvementé que les improvisations très délicates auxquelles participera Rodrigues par la suite, ce disque est néanmoins réussi. Il constitue aussi une fenêtre intéressante sur une période charnière dans l’évolution de l’improvisateur singulier qu’est Rodrigues.
This record predates the inception of Ernesto Rodrigues’ Creative Sources label. Back in 1999, Ernesto wasn’t even playing viola, but violin. Yet, his original take on free improvisation was already in full development. This studio session in duo with keyboardist/computer musician Jorge Valente features a single long-form improvisation split into eight sections. The violinist uses short and targeted noise-based sounds, while Valente adds electroacoustic treatments and synthesized sounds. More busy than the ultra-delicate improvisations Rodrigues will take part to later on, this record is nevertheless successful. And it offers an interesting window on a pivotal period in the evolution of a unique improviser.

VIOLENCE AND THE SACRED / Scarcely a pause in the process of butchering + The True Poison (Viosac)
J’aime les artistes excessifs : The Legendary Pink Dots, Merzbow, Peter Hammill, Evan Parker, Anthony Braxton ont tous d’énormes discographies. J’ai du respect pour l’artiste qui voit dans la quantité le moyen d’établir, de maintenir ou de dérouter sa qualité. Voilà qu’après avoir ressuscité son projet Violence and the Sacred (ou Viosac) sous forme solo avec trois solides disques ces dernières, le Toronto Graham Stewart commence une série de 15 CDr (à 250 exemplaires chacun) réunissant les archives du groupe Violence and the Sacred (au début Stewart, Scott Kerr, Ted Wheeler et St. Deborah). Les deux premiers volumes réunissent des enregistrements en concert et en studio remontant à 1986. Ici, Viosac se révèle un ensemble protéiforme mélangeant à la volée instruments acoustiques (violoncelle, entre autres), synthétiseurs, sons trouvés (enregistrements divers sur bande) et lectures (St. Deborah dégote des textes joyeusement déjantés, comme “The Correct Sadist” de Terence Sellers et “Anal Pleasure & Health” de Jack Morin). Scarcely a pause in the process of butchering est un disque cru à tous les niveaux: le son sur scène, les propos de St. Deborah, l’enregistrement, le montage de l’album. Intéressant, mais loin d’être abouti. The True Poison est nettement plus satisfaisant: quatre pièces en studio qui synthétisent l’ethos du groupe à ce moment dans le temps (“Thank Goodness the System Works” en impose en mode improvisation post-industrielle), et des extraits de deux performances de quelques mois postérieures à celle du premier tome, dont un set aux Foufounes électriques de Montréal qui constitue un must. “Sincerity” mélange noirceur, humour, bruitisme et faux-funk.  [Ci-dessous: Écoutez tout l’album The True Poison. Et téléchargez tous les albums sur Bandcamp pour une bouchée de pain.]
I like excessive artists: The Legendary Pink Dots, Merzbow, Peter Hammill, Evan Parker, Anthony Braxton, they all boast huge discographies. I respect artists who see in quantity a means to establish, maintain or destabilize their quality. Now, after reviving Violence and the Sacred (or Viosac) as a solo project with three strong albums these last few years, Toronto-based Graham Stewart is starting to release a series of 15 CDRs (each in a run of 250 copies) culling the archives of Viosac (which at first consisted of Stewart, Scott Kerr, Ted Wheeler, and St. Deborah). The first two volumes gather studio and live recordings from 1986. Here, Viosac proves to be a soundshifting ensemble that pits together on the fly acoustic instruments (cello, for instance), synths, found sounds (tape recordings), and readings (St. Deborah selects from strange and underground works like Terence Sellers’ “The Correct Sadist” and Jack Morin’s “Anal Pleasure & Health”). Scarcely a pause in the process of butchering is raw on every level: live mix, St. Deborah’s words, recording quality, editing. Interesting, but far from a fully-formed sound. The True Poison is a lot more satisfying: four studio tracks that boil down the ethos of the band at the time (“Thank Goodness the System Works” is an impressive post-industrial improvisation), and excerpts from two performances a few months after the material on Vol. 1, including a set at Montréal’s Les Foufounes électriques that’s a must-hear. “Sincerity” blends darkness, humour, noise, and faux-funk.  [Below: Listen to the whole album The True Poison. And download all the albums on Bandcamp for next to nothing.]

THE NERVE INSTITUTE / Architects of Flesh-Density (altrOck)
The Nerve Institute est le projet d’un seul homme, Mike Judge, qui joue guitares, claviers et percussions en plus de chanter sur ce disque. Un disque étonnant et très probant. Six longues pièces (et une très courte) qui dépeignent un rock progressif d’avant-garde singulier, à la fois lyrique et complexe, mélodique et atonal. Les surprises abondent, les bons coups aussi, le repiquage d’une extrait du roman “La Jalousie” d’Alain Robbe-Grillet n’étant pas le moindre. Règle générale, je n’aime pas les albums de one-man-band, mais celui-ci sonne naturel, on y trouve un esprit de groupe. Judge a réussi à conférer de la spontanéité à des pièces montées à coup de multipistes. Bravo.
The Nerve Institute is the project of one Mike Judge who plays all guitars, keys and percussion, in addition to singing. A surprising and highly convincing record. Six long tracks (and one very short one) painting a singular form of avant-garde progressive rock, both lyrical and complex, melodic and atonal. There’s plenty of surprises and great ideas, stealing a bit from Alain Robbe-Grillet’s novel “La Jalousie” not being the least of them. I usually don’t like one-man-band records, but this one sounds natural, it has a group feel. Judge managed to retain a feeling of spontaneity despite the fact that the album was put together one track, one overdub at a time. Bravo.

2011-07-01

2011-06-30: Jeremy Beck, Ostravaská Banda, Jóhann Jóhannsson


Journal d'écoute / Listening Diary 
2011-06-30

Bon, le déménagement est terminé (ou presque), je peux recommencer graduellement à écouter de la nouvelle musique!
Okay, so the move to a new house in a new area of Quebec is done, the unpacking is almost over, and I can start listening to some new music again!

JEREMY BECK / IonSound Project (Innova)
Un quatrième album pour le compositeur américain Jeremy Beck, qui combine complexité moderne et mélodisme intemporel. Je ne suis pas un fan de ses œuvres, mais la plupart sont à tout le moins agréables, sinon intrigantes. IonSound Project propose sept pièces composées pour le sextette de chambre IonSound Project de Pittsburgh. Une seule des pièces fait usage des six musiciens - c’est d’ailleurs la meilleure. Notons aussi une belle chanson intitulée “In February” pour soprano, clarinette, violon et piano, ainsi qu’un tryptique pour flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano intitulé “September Music”. Le reste est ordinaire, mais ces trois sélections judicieusement espacées font de ce disque une écoute satisfaisante.
A fourth one for US composer Jeremy Beck, whose writing combines modern complexity with timeless melodicism. I’m not a fan of his works, but most are at least enjoyable, and some can prove to be intriguing. IonSound Project features seven pieces written for Pittsburgh-based chamber sextet IonSound Project. Only one of these pieces makes use of all six musicians, and it is the highlight of the CD. Also worth a mention are a beautiful song called “In February” for soprano, clarinet, violin and piano, and a triptych for flute, clarinet, violin, cello and piano called “September Music.” The rest of the disc is mediocre, but these three selections, judiciously sequenced, makes the whole thing a satisfying listen.

OSTRAVSKÁ BANDA / On Tour (Mutable Music)
Un disque double mettant en vedette l’ensemble de musique contemporaine tchéco-new-yorkais Ostravaská Banda sous la direction de Petr Kotík. On Tour propose surtout des enregistrements en concert réalisés pendant une tournée tchèque en 2009. Du répertoire de l’ensemble (qui incluait aussi du Ligeti, du Berio, du Feldman et du Wolff), on a retenu pour l’album des compositeurs moins connus, à l’exception de John Cage (un long “Concerto for Piano and Orchestra” qui m’a laissé froid). La pièce maîtresse est la “Passion” de Somei Satoh, une poignante demi-heure d’opéra métissé (influences occidentales et orientales), avec les barytons Thomas Buckner et Gregory Purnhagen. À noter aussi le “Riti Neurali” de Luca Francesconi et le trio de percussions “Monadologie IV” de Bernhard Lang. Mais le Satoh vole facilement la vedette.
A double CD featuring Czech/New-York contemporary music ensemble Ostravaská Banda, conducted by Petr Kotik. On Tour contains mostly live recordings made during a 2009 tour of the Czech Republic. Out of the ensemble’s repertoire at the time (which also included works by Ligeti, Berio, Feldman and Wolff), we are presented with less known composers, with the exception of John Cage (a long “Concerto for Piano and Orchestra” that didn’t do much for me). The magnum opus here is Somei Satoh’s “The Passion,” a poignant half-hour of cross-bred opera (Western and Eastern influences), with baritones Thomas Buckner and Gregory Purnhagen. Also worth noting is Luca Francesconi’s “Riti Neurali” and Bernhard Lang’s percussion trio “Monadologie IV.” But the Satoh steals the show hands down.

JÓHANN JÓHANNSSON / The Miners’ Hymns (FatCat)
Absolument splendide! La carrière de Jóhann Jóhannsson est faite de hauts et de bas, et The Miners’ Hymns est sommet vertigineux. Une œuvre orchestrale en six parties, très Mahlerienne par moments, carrément religieuse à d’autres endroits, avec une utilisation sublime des cuivres - les trompettes tout particulièrement. La finale “The Cause of Labour is the Hope of the World” rappelle Sigur Ros en mode grandiose. Très chaudement recommandé. Il s’agit de la trame sonore d’un film de Bill Morrison.  [Ci-dessous: La bande annonce.]
Absolutely gorgeous! Jóhann Jóhannsson’s career is a series of highs and low, and The Miners’ Hymns is a dizzying peak. An orchestral piece in six parts, very Mahlerian at times, downright religious at others, with a splendid use of brass instruments - especially the trumpets. The finale “The Cause of Labour is the Hope of the World” is reminiscent of Sigur Ros in full-blown mode. Very strongly recommended. This is the soundtrack for a film by Bill Morrison.  [Below: The trailer.]