Portail du journalisme et de l'activisme musical de François Couture.

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2009-05-29

2009-05-29: Finn., Being & Time

Journal d'écoute / Listening Diary

2009-05-29


Ce fut une grosse semaine, bourrée de nouveautés, et je n’avais plus grand attention à consacrer aujourd’hui. Tout de même deux nouvelles écoutes, avant de mettre iTunes en mode aléatoire et de me consacrer à 100% au boulot.

It’s been a big week of new releases, and honestly, I’m all listened out. Still managed to squeeze two new CDs before firing up iTunes on random mode and turning all my attention to work.


FINN. / The Best Low-Priced Heartbreakers You Can Own (Erased Tapes - Forced Exposure)

Et si Leonard Cohen avait eu la voix de Jónsi Birgisson de Sigur Ros? Non, ce n’est pas une blague, et à peine une exagération. Patrick Zimmer (l’homme derrière Finn.) a cette voix haut perchée et traînante qui fait la marque de commerce du groupe islandais, mais il écrit des chansons folk douce-amère qui rappellent effectivement celles de Cohen. Ce disque est un album concept, en quelque sorte, aux chansons reliées par des intermèdes instrumentaux qui font penser à (et auxquels participe) Olafúr Arnalds. C’est doux, c’est beau, c’est mélancolique à souhait. Et il y a là une écriture de qualité. [Ci-dessous: deux chansons du disque, interprétées en spectacle en novembre 2008. Enregistrement amateur.]

What if Leonard Cohen had had the voice of Sigur Ros’s Jónsi Birgisson? No, it’s not a joke, and hardly an exaggeration. Patrick Zimmer (the man behind Finn.) has that high-pitched whining voice that has become the Icelandic band’s trademark, and he does write sweet-and-sour folk songs reminiscent of Cohen’s. This record is a concept album of sorts, with songs tied together by instrumental interludes that bring to mind (and actually feature) Olafúr Arnalds. It’s soft, it’s nice, it’s delightfully melancholic. And it’s quality songwriting. [Below: Two songs from the album, performed live in November 2008. Amateur recording.]



BEING & TIME / Being & Time (Musea Parallele / Intermusic)

Un duo japonais qui se prétend “the next best thing” depuis la vague de rock progressif britannique. Un gros bof. Du progressif instrumental de multi-instrumentiste (batterie programmée), bien torché mais sans voie précise, amalgame d’influences prog et fusion. Quelques moments musclés, une pièce copiée-collée de King Crimson, et le reste passe vite.

A Japanese duo claming to be the next best thing since the heydays British prog rock. What a larf! This is multi-instrumantlists’ instrumental prog rock with programmed drums. Well done, but no real direction, a bunch of obvious prog and fusion influences. Some strong moments, and a copy-paste out of King Crimson’s songbook, but the rest goes by quickly and unnoticed.

2009-05-28

2009-05-28: Fenn O'Berg, Progression by Failure, The British Expeditionary Force, Bigudo/Bergin

Journal d'écoute

2009-05-28

FENN O’BERG / The Magic Sound & Return Of Fenn O’Berg (Editions Mego - Forced Exposure)

Réédition en disque double des deux albums du supertrio d’électronica expérimentale constitué de Fennesz, Jim O’Rourke et Peter Rehberg (Pita). Quasi révolutionnaire à l’époque, maintes fois imitée depuis, cette une musique qui a bien vieilli, somme toute. The Magic Sound Of... était construit sur des échantillons de musique pop parfois incongrus (Gentle Giant!?!), aux accents musak qui contrastaient avec la “glitch” très avant-gardiste dans laquelle ils étaient remoulés. The Return Of... fait plus bruitiste et chaotique. Chaque disque est augmenté d’une pièce bonie. [Ci-dessous: “Fenn O’Berg Theme”, extrait de la version originale (avec pochette originale) de The Magic Of.... La nouvelle version est remastérisée.

Reissue as a 2-CD set of the two albums by this experimental electronica supergroup consisting of Fennesz, Jim O’Rourke, and Peter Rehberg (Pita). Near revolutionnary in the late ‘90s, often copied since, this is music that ages well, overall. The Magic Sound Of... was mostly made of pop music samples, some of them rather incongruous (Gentle Giant!?!), with a strong muzak musk that created a sharp contrast with the highly experimental “glitch” esthetics in which they were recast. The Return Of... is noisier and more chaotic. Each disc boasts one bonus track. [Below: “Fenn O’Berg Theme” from the original version (with original artwork) of The Magic Of... The new version is remastered and sports new artwork.

PROGRESSION BY FAILURE / Progression by Failure (Musea Parallele)

Progression by Failure est le projet d’un seul homme, Nicolas Piveteau. Ce premier disque souffre pleinement du syndrome du multi-instrumentaliste: synthétique, clinique, rien de spontané dans cet alignement méticuleux de pistes multiples. Malheureusement, ce disque souffre aussi d’un autre problème commun à bien des projets de rock progressif instrumental: une certain vacuité qui donne constamment l’impression qu’il manque quelque chose d’essentiel à la musique entendue: une voix principale ou un instrument soliste. Cela dit, certains thèmes sont bien jolis.

Progression by Failure is the project of a single man, one Nicolas Piveteau. This album suffers across the board from the multi-instrumentalist’s syndrome: synthetic-sounding, clinical, nothing spontaneous about this careful stack of multitracks. Sadly, the record also suffers from another common issue among instrumental prog rock projects: a certain void in the writing that gives you the impression that there is always a key element missing, like a lead vocal or a soloing instrument. That being said, some themes are very pretty.

THE BRITISH EXPEDITIONARY FORCE / Chapter One: A Long Way from Home (Erased Tapes - Forced Exposure)

Court premier disque de ce projet de Justin Lockey, qui promet une trilogie de mini-albums. The British Expeditionary Force fait dans la chanson folktronique à relents post-rock. C’est bien tourné mais un peu froid et prévisible. C’est agréable mais ça se fond dans le décor. [Ci-dessous: La “bande annonce” de l’album.]

The short debut by Justin Lockey’s project, chapter one in a planned series of three Eps. The British Expeditionary Force is about folktronica songwriting with a post-rock feel. It’s well done, but a bit cold and predictable. Enjoyable, but it quickly fades into the background. [Below: The album’s official “trailer”]

ROGÉRIO BIGUDO & SEAN BERGIN / Mixing It (Pingo Records - merci à/thanks to ToonDist)

Un deuxième disque pour ce duo inattendu, rencontre entre le guitariste acoustique brésilien Rogério Bigudo et le saxophoniste néerlandais d’origine sud-africaine Sean Bergin. Un amalgame de folklore brésilien, de jazz sud-africain et d’improvisation. Le duo interprète des pièces originales et des compositions de Jobim, Villa-Lobos et Dollar Brand, ce qui donne une idée de l’étrange palette musicale de ce disque. Chaleureux, sans prétention et trop court!

A second CD for this unexpected pairing between Brazilian acoustic guitarist Rogério Bigudo and South-Africa-born (now residing in The Netherlands) saxman Sean Bergin. A blend of Brazilian folk, South-African jazz, and improvisation. The pair performs originals and compositions by Jobim, Villa-Lobos, and Dollar Brand, which gives a pretty good idea of the stylistic scope of this release. It’s warm, unpretentious... and too short!


AMG reviews / critiques: 2009-05-28

Alva Noto & Ryuichi Sakamoto with Ensemble Modern / Utp_

2009-05-27

2009-05-27: People Band, Mindflower, Sebkha-CHott, Willie McBlind, Reykjavik!

Journal d'écoute / Listening Diary

2009-05-27

PEOPLE BAND / 69/70 (Emanem)

Un disque double qui regroupe des enregistrements inédits de cette bande de lascars improvisateurs, sorte de groupe communautaire de musiciens anarchistes qui poussaient très loin l’art de l’improvisation libre et du décloisonnement entre artistes et public. C’est tribal, ecstatique, parfois rigolo, mais aussi intelligent et dense. Une sorte de Nihilist Spasm Band constitué de gens qui se défont de leur formation de musiciens, plutôt que de gens n’en ayant jamais eu. C’est aussi un document historique de poids, mais on peut facilement faire abstraction de cette dimension et simplement se laisser emporter par l’esprit de partage et dépassement qui souffle sur ces enregistrements.

A 2-CD set of previously unreleased recordings of this band merry improvisers, a kind of communal group of anarchists/musicians who pushed the art of free improvisation and performer/audience debunking to new extents. It’s tribal, extatic, funny at times, but also intelligent and dense. A sort of Nihilist Spasm Band whose members are deconstructing their musical training instead of not having training at all. It’s also an important historical document, but you can easily forget about that dimension and simply get carried away by the spirit of sharing and surpassing of one’s self that blows through these recordings.

MINDFLOWER / Little Enchanted Void (Musea)

Une belle surprise que ce groupe italien, dont le chanteur fait penser à un croisement entre Peter Gabriel (période Us/Up) et David Sylvian. Ce disque est parue chez Musea, hôte par excellence du rock progressif, mais la musique s’incrit plutôt dans le continuum « pop intelligente et conceptuelle » de Gabriel et de Kate Bush. Arrangements feutrés et recherchés, avec éléments d’autres pays, textures, sections transitoires, mais aussi une certaine immédiateté des mélodies, un aspect éminemment pop. L’album est long (70 minutes) sans le paraître et les pièces ont la forme de suites. À force de transitions douces et de chevilles entre les pièces principales, on en tire l’impression qu’un peu de nettoyage n’aurait pas fait de tort, mais outre cette débauche de préludes et de postludes, Little Enchanted Void est très séduisant et mérite de nombreuses écoutes, qui viendront sûrement. [Ci-dessous: un extrait de “Linear Coil” et un autre de “Walking Near the Line”, trouvés ici.]

This Italian band is quite a nice surprise. The singer sounds like a cross between Peter Gabriel (circa Us/Up) and David Sylvian. This CD is on Musea, the über-prog rock label, but the music on it falls rather along the intelligent conceptual pop continuum that stretches from Gabriel to Kate Bush. Velvety and delicate arrangements, with World Music elements, lots of background textures, transitions, and also easy-to-grasp melodies, and something eminently pop. The album is long (70 minutes) but it doesn’t show, and each song is in suite format. The band goes too far in terms of transitions and hinges between the main tracks -- a little cleaning up would have uncluttered their work, but that orgy of preludes and postludes aside, Little Enchanted Void is a very seductive CD that deserves – and will reward – repeated listen. [Below: Excerpts from the songs “Linear Coil” and “Walking Near the Line,” found here.]

http://www.mindflower.it/demo_songs/lev/linear_coil_II.mp3

http://www.mindflower.it/demo_songs/lev/wntl-extract.mp3

SEBKHA-CHOTT / De la persistance de la mythologie chottienne en ??? vélos (Musea Parallèle)

Déjà un nouveau Sebkha-Chott? Il me semble que le précédent, Nigla[h], me tombait dans les bras hier seulement (je sais, c’était en fait l’automne dernier). Une autre œuvre solide de la troupe française, spécialisée dans l’iconoclasterie musicale, le rock-in-opposition musclé, l’avant-prog scatologique. Et au moins, cette fois-ci, les chansons ne sont pas découpées mille millions d’indexs (rien de plus chiant quand on fait de la radio!). Pas pour les âmes sensibles, mais pour les amateurs de Mr. Bungle période DiscoVolante.

A new Sebkha-Chott CD already? It feels like only yesterday when Nigla[h] fell into my lap (I know, it was actually last fall). Another strong work by this French troupe specialized in music iconoclastics, beefed-up rock-in-opposition, scatalogicial avant-prog. At least, this time, the songs aren’t cut up into zillion indexes (doing radio with THAT s**ks!). Not for the faint at heart, but for fans of Mr. Bungle’s DiscoVolante, among other attention-deficit-friendly things.

WILLIE McBLIND / Bad Thing (FreeNote Music)

Le travail de Jon Catler est fascinant. Il a passé des années à développer et maîtriser des gammes non tempérées (comme celle à 64 tons à l’octave qu’il préfère), pour ensuite appliquer ses trouvailles au genre musical le plus simple et le plus rationnel qui soit : le blues. Willie McBlind est un quatuor de delta blues électrique qui pourrait presque passer pour un ensemble “normal”, si ce n’était cette manière étrange qu’ont les solos d’étirer la tonalité de la chanson. En fait, Catler et sa bande vous refont l’oreille de l’intérieur sans que vous ne vous en rendiez compte! En ce sens, Bad Thing est plus accompli que le disque précédent. [Ci-dessous: Willie McBlind interprétant deux chansons de l’album.]

Jon Catler’s work is fascinating. He has spent years developing and mastering Just Intonation scales (like the 64-tone scale he is using here), to eventually apply them to the most simple of all music genres: blues! Willie McBlind is an electric Delta blues quartet that could almost pass as a regular band, if it weren’t for the strange way the solos stretch out on a song’s key. In fact, Catler and co. are rebuilding your ear from the inside out without you noticing! In that regard, Bad Thing is more successful than the first album. [Below: Willie McBlind performing two songs off the new album.]

REYKJAVIK! / The Blood (Kimi Records - Forced Exposure)

Un groupe islandais (avec un nom pareil!), dont c’est le deuxième disque. Mais qu’est-ce? Punk contortioniste? Hardcore-party-pop absurde? J’ai d’abord pensé à Ne Zhdali, mais ça gueule trop pour que la comparaison tienne. De l’énergie à revendre, un côté Europe de l’Est dans l’approche punk (je pense aussi à quelques groupes tchèques d’avant la Révolution pourpre). Je ne peux pas dire que j’aime vraiment, mais ça a du chien.

An Icelandic band (duh, with a name like that!), and this is their second full-length. But what is it, exactly? Contortionistic punk? Absurdist hardcore party-pop? First I thought of Ne Zhdali, but there’s too much screaming in here for that comparison to hold. Energy by the truckload, an Eastern Europe aspect in their take on punk (I’m also thinking of a few Czech groups from the pre-Velvet Revolution days). I can’t say I really like this music, but it’s got balls.

2009-05-26

Délire actuel, 2009-05-26

Délire actuel

Émission du 26 mai 2009
Broadcast Date: 26 May 2009

Description
Du jazz actuel à l'improvisation électroacoustique: Appelons cela une courbe d'écoute, courbe qui nous a mené du jazz actuel à l'improvisation libre (acoustique), puis à l'improvisation électroacoustique.
From avant-jazz to electro-acoustic improv: Let's call it a listening curb, a curb that took us from avant-jazz to free improvisation, and on to electro-acoustic improvisation.

Liste de diffusion / Playlist

JEAN DEROME & LES DANGEREUX ZHOMS +7 / Traquenards (parties 1-6) (15:44) - Plates-formes et Traquenards (Disques Victo)

*DARCY JAMES ARGUE'S SECRET SOCIETY / Phobos (11:02) - Infernal Machines (New Amsterdam)
BRUCE FRIEDMAN / Monochromatic Textures (MCT-1) (3:35) - O.P.T.I.O.N.S. (pfMENTUM)
UDO SCHINDLER, MARGARITA HOLZBAUER & HARALD LILLMEYER / [2] (4:33) - Rot (Creative Sources)

AGUSTÍ FERNÁNDEZ / Quarto (13:30) - Un llamp que no s'acaba mai (Psi)
**SATOKO FUJII & MYRA MELFORD / Utsubo (6:23) - Under the Water (Libra)

PER ANDERS NILSSON, STEN SANDELL & RAYMOND STRID / Grey Zone (5:28) - Beam Stone (Psi)
FRANK GRATKOWSKI, CHRIS BROWN & WILLIAM WINANT / Scrabble (10:35) - Wake (Red Toucan)

RENÉ LUSSIER, MARTIN TÉTREAULT & OTOMO YOSHIHIDE / Boum (7:10) - Élektrik Toboggan (Disques Victo)
JOHN HUGHES, LARS SCHERZBERG & NICOLAS WIESE / Lungwire (2:24) - Discard Hidden Layers? (Schraum)
ALFRED 23 HARTH, HANS JOACHIM IRMLER & GÜNTER MÜLLER / Servicing the Target (3:40) - Taste Tribes (For 4 Ears)

EKG / Interval (10:13) - Electricals (Another Timbre)

merci à / thanks to:
*iC improvised Communications
**Braithwaite & Katz Communications



Compléments / Supplements:
Darcy James Argue's Secret Society interprétant "Zeno", un autre extrait du disque Infernal Machines.
Darcy James Argue's Secret Society performing "Zeno", another track from their album Infernal Machines.

Délire musical, 2009-05-26

Délire musical

Émission du 26 mai 2009
Broadcast Date: 26 May 2009

Liste de diffusion / Playlist

*Thème/Theme: OMFO / Tipsy Djinn - Omnipresence (Essay Recordings)

**IQ / Ryker Skies (extrait/excerpt: 6:00) - Frequency (InsideOut)
KOTEBEL / Legal Identity v1.5 (3:54) - Ouroboros (Musea)
VAN DER GRAAF GENERATOR / (We Are) Not Here (4:06) - Trisector (EMI)

THIS WILL DESTROY YOU / Threads (5:39) - This Will Destroy You (Magic Bullet)
*TREMBLING BELLS / Your Head is the House of Your Tongue (5:22) - Carbeth (Honest Jons)

*ROTFRONT / Sovietoblaster (3:09) - Emigrantski Raggamuffin (Essay Recordings)
GOGOL BORDELLO / Super Theory of Super Everything (Side One Dummy)
LES GRANULES / La Bombe (2:15) - Au Royaume du silencieux (Ambiances magnétiques)
*ROB E.G. / Jezebel (2:15) - An Outbreak of Twangin' [compilation] (Psychic Circle)

KORPIKLAANI / Spirit of the Wilderness (4:24) - Voice of Wilderness (Napalm Records)

merci à / thanks to:
*Forced Exposure
**Six Média Marketing

Compléments / Supplements

Rotfront en concert en 2007
Rotfront - live footage, 2007

2009-05-26: IQ, Little Tragedies, Echo Us, Rich West, Arc

Journal d'écoute / Listening Diary

2009-05-26

J’ai triché. J’ai écouté le nouveau IQ en fin de soirée hier (j’avais déjà publier mon journal d’écoute du jour). Je l’ai repris ce matin, ce qui a mis en mode progressif une partie de la journée. SI ce n’est pas votre tasse de thé, descendez aux deux derniers disques du jour.

I cheated. I listened to IQ’s latest CD late last night, when my diary entry for the today was already posted. I listened again this morning, which put me in a prog rock mood. If you don’t care about prog, browse down to the last couple of CDs for today.

IQ / Frequency (InsideOut - merci à/thanks to Six Média Marketing)

J’ai décidé d’arrêter de justifier ou de tenter d’expliquer mon amour indéfectible (certains diraient “irrationnel”) pour IQ. C’est tout simplement un de ces rares qui réussit à toucher mes nerfs sensibles, à chaque fois. En gros, IQ se classe parmi mes cinq groupes rock préférés, à vie. Point.

Alors, nous y voilà. Frequency, cinq ans après la parution de Dark Matter, qui fut un sommet dans la carrière de ce groupe et le meilleur disque de rock progressif de 2004. La barre est haute. De plus, coup de théâtre fin 2007: Martin Orford, claviériste original du groupe, a quitté le navire (et a publié un disque solo plus que satisfaisant depuis). Donc, une appréhension, petite mais présente. Fondée? NON! Diantre, non! Frequency m’a gagné dès la première écoute, hier soir, sentiment renouvelé et renforcé ce matin. Aussi bon que Dark Matter ou Subterranea? Non. Mais meilleur que Seventh House ou Ever. De l’excellent rock néo-progressif fondé sur des mélodies sensibles et touchantes, des moments de tension, et un jeu d’émotions. Et la voix de Peter Nicholls, irrésistible à mes oreilles. Et la guitare de Mike Holmes qui prend un peu plus de place. Ce disque n’a pas de pièce épique coup de canon à la “Harvest of Souls” (sur Dark Matter), mais il offre un bon équilibre entre pièces à développement (“The Province”, “Stronger Than Friction”), rockers (“Frequency”) et pièces plus tempérées (“Life Support”, “Ryker Skies”). Un must pour les amateurs de prog. Évidemment, la production et la qualité des musiciens sont irréprochables. Du grand art. [Ci-dessous: une vidéo filmée par un fan lors d’un concert récent d’IQ, pièce titre du nouveau disque.]

I have decided to stop trying to justify or explain my unqualified (some would prefer “irrational”) love for IQ. It’s simply one of those rare bands that manage to strike my deeper self every single time. I rate IQ among my five personal best rock bands of all time. Period.

So here we are. Frequency, five years after the release of Dark Matter, which marked a new artistic high in the group’s career and was THE best prog rock album of 2004. The bar was high. Add to that the fact that original keyboardist Martin Orford left in late 2007 (he has released a more-than-satisfactory solo album since). So there was apprehension, to some degree. Motivated apprehension? NO! Darn it, no! Frequency won me over the first time last night, and again (and even more strongly) on second listen this morning. Is this album up there with Dark Matter and Subterranea? No. But it’s better than Seventh House or Ever. It’s great neo-progressive rock built on sensitive and moving melodies, moments of tension, and emotive games. Oh, and Peter Nicholls’ voice, always irresistible to my ears. And Mike Holmes’ guitar taking a little more spotlight than usual. This record doesn’t have an epic masterpiece like “Harvest of Souls (on Dark Matteri), but it proposes a strong balance between more complex pieces (“The Province,” “Stronger Than Friction”), rocking numbers (“Frequency”), and more tempered tracks (“Life Support,” “Ryker Skies”). A must for prog fans. As usual, production and musicianship are top quality. [Below, a recent fan-filmed performance of the album’s title track.]

LITTLE TRAGEDIES / The Paris Symphony (Musea)

J’avais entendu ce trio russe de rock progressif auparavant, à quelques reprises, mais ils ont réellement capté mon attention dernièrement seulement, par leur participation au Volume 3 de la série Spaghetti Epic. Et voilà que Musea réédite un de leurs premiers enregistrements, la suite The Paris Symphony, enregistrée en 1997. La musique du groupe est alors encore TRÈS proche de son influence première, soit Emerson, Lake & Palmer. Heureusement, ces Russes tirent leur inspiration des meilleurs côtés d’ELP: la complexité instrumentale de Tarkus, par exemple, avec une batterie volubile, une basse qui fraye son propre chemin à travers les progressions d’accords, et un jeu d’orgue virtuose, toujours sur le point de sombrer dans le chaos sans jamais céder à la tentation. La qualité sonore est moyenne et il y a des longueurs, mais les amateurs d’ELP et des Six Wives de Rick Wakeman trouveront leur compte.

I had heard this Russian instrumental prog rock trio a few times before, I really took notice only on the strength of their recent contribution to Volume 3 of the Spaghetti Epic series. Here, Musea reissues one of their first recordings, a 1997 suite. The music was still VERY close to ELP, the group’s main influence. Luckilly, the trio draws inspiration from the better aspects of ELP’s music, namely the complex songwriting o a track like “Tarkus,” with talkative drumming, bass lines that lay their own path through the chord changes, and organ parts that hover on the verge of chaos. Sound quality is average, and there are boring moments, but fans of ELP or Rick Wakeman’s Six Wives... will find something to chew on here.

ECHO US / The Tide Decides (Musea)

Rock néo-progressif, encore une fois, américain cette fois (Portland, Orégon). Un groupe sympathique dirigé par un certain Ethan (pas de nom de famille). Des comparaisons à IQ et à Pendragon dans l’écriture, à Steve Thorne pour la voix, à Advent pour certaines sonorités. Pas mauvais mais pas particulièrement inspiré (et plutot cliché en ce qui a trait à ce genre de progressif) et plutôt long. Je lui donnerai à une seconde écoute quand le flot de nouveautés printanières se tarrira, mais pour l’instant il se fond dans la masse.

More neo-progressive rock, from the US this time (Portland, Oregon). A fine group led by a certain Ethan (no surname). Comparisons to IQ and Pendragon for the songwriting, Steve Thorne for the vocals, and Advent for a certain sound signature. Not bad, but not particularly inspired (and rather cliché when it comes to this kind of prog). Oh, and long. I’ll probably give this a second listen once the spring flow of new releases slows down, but for now, this one doesn’t stand out.

RICH WEST / Mayo Grout’s Known Universe (pfMENTUM)

Un projet de longue haleine du batteur avant-jazz Rich West, dont les premières bases ont été enregistrées en 1991! Un jazz d’avant-garde qui oscille entre la musique actuelle de Jean Derome et un jazz-rock mutant. Solide, tordu, étrange, avec un récitatif étonnant sur “I’m a Cockroach; Adapt, Adapt”. Une douzaine de musiciens, dont Emily Hay et Eric Johnson (oui, de Motor Totemist Guild) et le bassiste Steuart Liebig.

A long-haul project from avant-jazz drummer Rich West, the first bases of which have been recorded back in 1991! Avant-garde jazz oscillating between Jean Derome’s brand of musique actuelle and mutant jazz-rock. Strong, twisted, strange, with a surprising narration in “I’m a Cockroach; Adapt, Adapt.” A dozen musicians, including Emily Hay and Eric Johnson of Motor Totemist Guild fame, plus bassist Steuart Liebig.

ARC / The Pursuit of Happiness (Emanem)

Sylvia Hallett n’endisque pas assez souvent! Cette violoniste-électronicienne approche l’improvisation libre d’une manière inusitée, surtout pour quelqu’un qu’on associe à la scène londonienne: elle utilise beaucoup le bourdon, la transe, la psalmodie. Arc est son trio de longue date avec le violoncelliste Danny Kingshill et le contrebassiste Gus Garside. Ce disque constitué de courtes improvisations est un pur délice. [Ci-dessous: extrait d’un concert récent du trio, qui ne figure pas sur le disque, mais qui en donne une bonne idée.]

Sylvia Hallett simply doesn’t record often enough! This violinist/electronicist approaches free improvisation from an unusual angle, especially for someone usually associated with the London scene: she makes heavy uses of acoustic drones, trance states, and vocal litanies. Arc is her long-standing trio with cellist Danny Kingshill and bassist Gus Garside. This collection of short improvisations is pure delight. [Below: a video excerpt from a recent live performance of the trio - it doesn’t appear on the CD, but it gives a good idea of it.]

2009-05-25

2009-05-25: Sophie Agnel, Assemblage de pièces comeladiennes, THe Fully Celebrated, Legends of Benin, AbAcAb


Journal d'écoute / Listening Diary

2009-05-25


SOPHIE AGNEL / Capsizing Moments (Emanem)

Elle est l’une des pianistes les plus audacieuses d’aujourd’hui, avec peut-être Cor Fuhler. Capsizing Moments la présente en solo (est-ce son premier disque solo depuis Solo en 2000?), au piano préparé, qu’elle appelle d’ailleurs “piano extensif”. Le terme est bien choisi pour cet assortiment de résonances et de timbres métalliques et plastiques qui s’ajoutent et se substituent aux sonorités normales de l’instrument. Mais ce qui impressionne surtout chez Agnel, c’est l’intensité et l’émotion du souffle créateur. Une fois accepté son univers sonore incongru, l’écoute est étonnamment aisée, portante.

She is one of the boldest pianists of today, alongside Cor Fuhler, perhaps. Capsizing Moments features her solo (is this her first solo album since the 2000 CD Solo?) at the prepared piano, which she calls “extensive piano,” a well-chosen phrase to describe the range of peculiar metallic and plastic resonances and timbres she adds and substitutes to the instrument’s normal sound palette. But what is most impressive about Agnel is her intense and emotional creativity. Once you accept her unusual soundworld, the listening gets surprisingly easy and carries you off.


ARTISTES VARIÉS-VARIOUS ARTISTS / Assemblage de pièces comeladiennes du plus bel effet (Gazul)

Un hommage au grand compositeur iconoclaste Pascal Comelade, avec une vingtaine d’artistes des scènes avant-prog, musique de jouet et expérimentale qui réinterprètent ses “grands succès”. Très réussi, surtout à cause de la liberté d’interprétation, qui convient tout à fait à l’univers mi-onirique mi-enfantin de sa musique. Quelques noms à signaler: Pierre Bastien, 60 étages, Faust, Jac Berrocal, Otomo Yoshihide, Toupidek Limonade et Richard Pinhas.

A tribute to the great iconoclastic composer Pascal Comelade, featuring twenty artists from the avant-prog, toy music, and experimental scenes covering the man’s “greatest hits.” Very well done, mostly thanks to the poetic licence most musicians have taken with Comelande’s music, a licence that befits his half dreamy, half childlike universe. A few names appearing on this CD: Pierre Bastien, 60 étages, Faust, Jac Berrocal, Otomo Yoshihide, Toupidek Limonade, and Richard Pinhas.


THE FULLY CELEBRATED / Drunk on the Blood of the Holy Ones (AUM Fidelity - merci à/thanks to iC-improvisedCommunications)

Anciennement connu sous le nom de Fully Celebrated Orchestra (dont faisait partie Taylor Ho Bynum), le trio du saxophoniste Jim Hobbs fait du bon jazz progressiste, à la fois mélodique et audacieux. La pièce d’ouverture, “Moose and Grizzly Bear’s Ville”, est un bijou de mélodie obtuse.

Previously known as The Fully Celebrated Orchestra (which used to feature Taylor Ho Bynum), saxophonist Jim Hobbs’ trio plays some very good progressive jazz with a melodic and a bold side to it. The opening track, “Moose and Grizzly Bear’s Ville,” has a fabulously obtuse melody.


ARTISTES VARIÉS-VARIOUS ARTISTS / Legends of Benin (Analog Africa - Forced Exposure)

Très bonne compilation de chansons enregistrées entre 1969 et 1981 par quatre grands noms de l’afro-funk du Bénin: Gnonnas Pedro, Antoine Dougbé, El Rego et Honoré Avolonto. Cette musique du Bénin est peu connue à l’extérieure de l’Afrique (où l’aura de Fela Kuti domine encore largement) ou même à hors des frontières du pays. Cette compilation démontre que c’est à tort! Bonne qualité sonore en plus. Dansant, hypnotique, extatique parfois. El Rego est particulièrement enlevant.

A very fine compilation of songs recorded between 1969 and 1981 by Benin’s four masters of Afro-funk: Gnonnas Pedro, Antoine Dougbé, El Rego, and Honoré Avolonto. This music from Benin is very little known outside Africa (where Fela Kuti’s aura still shines blindingly) or even outside the country. This comp shows how wrong we have been to ignore it! And it offers decent sound quality. Dancing, hypnotic, and occasionally ecstatic, with El Rego’s tracks being particularly feverish.


ABACAB / Mal de terre (Musea)

Oui, voilà un nom de groupe (de rock progessif bien sûr) qui n’inspire pas confiance. Pourquoi diantre s’affubler du titre d’un album médiocre de Genesis (disons, au mieux, “controversé”)? Abacab fait dans le rock progressif pesant (beaucoup de guitares, peu de claviers) sans être métal et conceptuel de type engagé. Mal de Terre est un pamphlet écologiste au message lourd et à la rime peu subtile. De plus, à près de 80 minutes, c’est long et quelque peu monotone. Le groupe sait ce qu’il fait et le fait plutôt bien, mais la magie qui opère dans les premières chansons s’atténue lorsque le ton ne change pas, que l’histoire devient très prévisible et que le message est martelé avec tant insistance.

Yes, there’s a band name (a prog rock band, what else?) you won’t feel like trusting. Why the heck would you take your name from a mediocre (or at the very best “controversial”) Genesis album? Abacab plays heavy progressive rock, with lots of guitars and little keyboards, without crossing over to prog metal. And their album is of the conceptual, socially-conscious type. Mal de Terre (“Earthache,” for a litteral translation) is an environmental pamphlet with a leaden message and not-so-subtle lyrics. Furthermore, at close to 80 minutes, it gets long and monotonous. The group knows what its doing and does it rather well, but the magic that happens in the first few songs quickly peters out as the tone stays unchanged, the plot gets predictable, and the message is hammered on relentlessly. In French.



Demain (26 mai) sur Délire Musical/Actuel tomorrow (May 26)

Sur Délire Musical demain soir (26 mai): s'ajoutent à la rotation des nouveautées de:
On Délire Musical tomorrow night (May 26): Will be added to the rotation new releases by:
Salim Nourallah, Bertrand Loreau, The Earth Explorer, Lacrosse, Esther Ofarim, Kotebel, Rotfront & OMFO
Recherchez le blog pour lire mes commentaires sur ces disques.
Search the blog to find my listening diary entries about these artists.

Et sur Délire Actuel demain soir (26 mai): Appelons cela une courbe d'écoute, une courbe qui nous mènera du jazz actuel à l'improvisation libre, puis à l'improvisation électroacoustique. Avec les musiques de:
And on Délire Actuel tomorrow (May 26): Let's call it a listening curb, a curb that will take us from avant-jazz through to free improvisation, and then electroacoustic improvisation. Featuring music by:
Jean Derome et les Dangereux Zhoms +7, René Lussier/Martin Tétreault/Otomo Yoshihide, James Argue, Bruce Friedman, Agustí Fernández, Satoko Fujii & Myra Melford, Nilsson/Sandell/Strid, Alfred 23 Harth & Günter Müller, EKG, +++

Écoutez Délire Musical (mardi 19h, heure de l'Est) et Délire Actuel (mardi 20h, heure de l'Est) sur les ondes de CFLX 95,5 FM dans la région de Sherbrooke, 96,3 FM sur le câble, ou www.cflx.qc.ca sur le web.
Listen to Délire Musical (Tuesday 7pm, EST) and Délire Actuel (Tuesday 8pm, EST) on CFLX 95.5 FM in the Sherbrooke area, 96.3 on cable radio, or www.cflx.qc.ca on the web [click on "En direct" on the menu, then on a feed.]

2009-05-22

2009-05-22: Narrow Pass, The Late Call, Jack Beauregard, Lussier/Tétreault/Otomo, Acid Mothers Temple

Journal d'écoute / Listening Diary


2009-05-22


NARROW PASS / In This World and Beyond (Musea)

Duo italien homme-femme de rock progressif, Genesis étant une influence évidente. La production souffre un peu du syndrome du multi-instrumentiste, chose amoindrie par la présence de nombreux invités. Des chansons aux airs aériens, genre Genesis période A Trick of the Tale. C’est parfois ordinaire, parfois très réussi.

Italian progressive rock male/female duo, Genesis being the one obvious influence. The production suffers a bit from the multi-instrumentalist’s syndrome, something lessen by the participation of a lot of guest musicians and vocalists. Songs with aerial melodies, reminiscent of A Trick of the Tale-era Genesis. At times ordinary, at times successful.


THE LATE CALL / Leaving Notes (Tapete - Forced Exposure)

Ouhlà... Ce disque est tout ce que celui de Salim Nourallah n’est pas (voir l’entrée d’hier): mémorable et émouvant. The Late Call est le projet de l’auteur-compositeur-interprète Johannes Mayer (The Cedar), développé en attendant les appels de sa petite amie en fin de soirée (une relation longue-distance). Résultat: onze chansons d’amour et de doute, d’intimité et de solitude. Arrangements simples, guitare acoustique, quelques cordes, une voix juste et honnête, de très belles mélodies. Chris Cacavas vient en tête encore une fois, mais aussi Brazzaville, Barzin et même Nick Drake. Des mélodies qui s’accrochent au cerveau à la première écoute, des chansons qui seront faciles à repiquer à la guitare, au coin du feu. [Ci-dessous: vidéo officielle du premier extrait, “Cards on the Table”.]

Oh my... This record is everything Salim Nourallah’s wasn’t (see yesterday’s entry): memorable and moving. The late Call is the project of singer-songwriter Johannes Mayer (The Cedar), which he developed while waiting for his long-distance girlfriend to call at night. The results: 11 songs about love and doubt, intimacy and solitude. Simple arrangements, acoustic guitars, some strings, a fair and honest voice, and some beautiful melodies. Chris Cacavas comes to mind once more, but also Brazzaville, Barzin, and even Nick Drake. These melodies hook up to your brain on first listen. These are songs that will be easy to pick out on the guitar by the camp fire. [Below: official video for the first single “Cards on the Table.”]



JACK BEAUREGARD / Everyone Is Having Fun (Tapete - Forced Exposure)

Un duo de chansionniers électro-folk allemands qui adoptent le nom d’un personnage de western spaghetti pour chanter des chansons douce-amère. C’est très “folk-indietronics” de facture, mais l’écriture est bonne, la voix de Daniel Schaub est douce et agréable, et il y a un je-ne-sais-quoi d’insaisissable dans la livraison. Et sur “Any Snow”, détectai-je une forte influence de Steven Wilson (de Porcupine Tree)? Même type de mélodie, même traînasserie dans la voix, même utilisation des électroniques. Un premier disque solide.

A duo of German electro-folk singers-songwriters who chose the name of a western spaghetti character to sing sweet-and-sour songs. The format is very much folk indietronics, but they have good songwriting skills, Daniel Schaub’s voice is soft and pleasant, and there is an undescribable je-ne-sais-quoi about the delivery. And am I crazy or is there a strong Steven Wilson (of Porcupine Tree) influence on “Any Snow”? Same kind of melody, same languid voice, same use of electronics. A strong debut album.


RENÉ LUSSIER, MARTIN TÉTREAULT & OTOMO YOSHIHIDE / Élektrik Tobogan (Les Disques Victo)

Le platiniste Martin Tétreault maintenait actif de longue date deux duos, l’un avec le guitariste René Lussier, l’autre avec le guitariste-platiniste Otomo Yoshihide. Aucun des deux groupes n’était passé à Victoriaville. Au lieu de faire l’un, l’autre ou les deux, on l’a plutôt invité à combiner les deux pour un trio inédit. Ça a brassé, mais tant que ça. Ce ne fut pas le “noise fest” que certains craignaient, mais un concert agréable, bruitiste soit, mais nuancé, avec sa part de moments rigolos, le tout bien rendu sur ce disque. Rien de remarquable dans la carrière de l’un ou l’autre de ces grands musiciens-expérimentateurs, mais une collaboration pertinente néanmoins.

Turntablist Martin Tétreault has two long-running duos, one with guitarist René Lussier and the other with guitarist-turntablist Otomo Yoshihide. Neither project had played at FIMAV yet. Instead of presenting one or the other, the festival invited Tétreault to combine the projects and premiere a trio project. It was a noisy affair, but not that noisy. In fact, it wasn’t the noise fest some expected (or feared), but an enjoyable concert with nuances and a healthy dose of humour and fun, something this CD captured well. This is not a remarkable entry in the discography of any of these three great experimental musicians, but it chronicles a relevant collaboration.


ACID MOTHERS TEMPLE & THE MELTING PARAISO U.F.O. / Lord of the Underground: Vishnu and the Magic Elixir (alien8 recordings)

Un autre disque de mes psychédéleux japonais préférés. Celui-ci est étonnamment propre (en termes de production et de distortion dans les guitares) et très planant, avec un côté Popol Vuh (période rock) et même un petit quelque chose de Pink Floyd période A Saucerful of Secrets. Tout de même quelques passages à hocher de la tête! Pas trop menaçant pour les nouveaux venus à AMT.

Another platter from my favorite Japanese psychelitricksters. This one is surprisingly clean (both in terms of production and guitar distortion) and very trippy, with a certain Popol Vuh side and even a touch of A Saucerful of Secrets-era Pink Floyd. Still, there are a few passages to bob your head to! Not to threatening for newcomers to AMT.

2009-05-21

2009-05-21: Robert Hampson, Tom Hamilton, Mueller & Kahn, Leimgruber & Lehn, Salim Nourallah

Journal d'écoute / Listening Diary

2009-05-21

ROBERT HAMPSON / Vectors (Touch - Forced Exposure)

Trois œuvres électroacoustiques de cet ex-membre de Loop, Main et Godflesh. Une musique qui s’approche de l’électroacoustique académique (deux des trois sont des commandes du GRM créées sur son acousmonium!), sans renier ses origines dans le drone. À réécouter tard le soir, dans de meilleures conditions. Mais le premier contact est très positif.

Three electroacoustic works by this ex-Loop, Main, and Godflesh member. This music comes close to academic electroacoustics (two out of three works are GRM commissions premiered on that institution’s acousmonium!) without turning its back on its drone roots. I definitely need to listen to this one again late at night in better conditions. But the first contact is quite positive.

TOM HAMILTON / Local Customs (Mutable Music)

Album de compositions de Tom Hamilton, que je connaissais surtout comme synthétiste. Des œuvres pour flute, clarinette, trombone, contrebasse, percussions et “générateur d’harmonie électronique”. Rien ici qui me frappe. Pas désagréable, un peu linéaire à l’écoute, mais ça manque d’aplomb, de vision, d’expression.

A CD of compositions by Tom Hamilton, whom I know mostly as a synthesizer player. Works for flute, clarinet, trombone, doublebass, percussion, and “electronic harmony generator.” Nothing striking. Nothing unpleasant either, but a bit too even, and it lacks character, vision, and expression.

JON MUELLER & JASON KAHN / Topography (Table of the Elements)

J’aime beaucoup ces deux percussionnistes qui, séparément mais très parallèlement, ont abandonné depuis longtemps le jeu de batterie convientionnel pour s’intéresser aux résonnances en tout genre. Je ne pouvais donc pas ignorer cette collaboration. Un disque d’art sonore mystérieux, dérangeant, parfois aride mais beau à sa manière. À ne pas conseiller aux amateurs de percussion. Il s’agit ici d’art sonore, d’abord et avant tout.

I really like these two percussionists who, separately yet in very similar ways, have abandoned conventional drumming long ago to explore resonances. Therefore I couldn’t let this collaboration pass me by. A mysterious sound art record, disturbing, arid at times but beautiful in its own way. Not recommended to percussion fans, for this is first and foremost a work of sound art.

URS LEIMGRUBER & THOMAS LEHN / Lausanne (For 4 Ears)

Un saxophoniste à l’approche déconstruite et ultratexturale; un synthétiste analogique aux sons bouillonnants et mijotants. Rencontre enregistrée en décembre 2006, une prestation plus que correcte, sans être géniale.

A sax player approaching his instrument in a deconstructed and ultratextural manner; an analog synthesizer player whose has developed an ebullient style. This meeting took place in December 2006. A more than fair performance, though not brilliant.

SALIM NOURALLAH / Constellation (Tapete Records - Forced Exposure)

Un dsque très “indie-pop” pour Nourallah. Des chansons simples, agréables, bien arrangées et chantées d’une voix à la voix frêle et décidée. Un petit côté alt-country aussi. Le tout rappelle Chris Cacavas et Wilco. Mais rien de frappant. C’est honnête, sans irritant majeur, mais ça se noie dans l’ordinaire d’un genre qui produit beaucoup.

This is a very indie-pop outing from Nourallah. Simple, enjoyable songs, well arranged and sung in a fragile yet resolute voice. There’s a little alt-country side to it too. The whole is reminiscent of Chris Cacavas and Wilco. That said, nothing striking. It’s honest, there’s nothing offensive about it, and it’s just like a whole lot of other records coming out these days.

Crónica Unlimited

L'étiquette portuguaise de musique électronique expérimentale Crónica offre depuis quelque temps une collection en téléchargement gratuit, Crónica Unlimited, avec des titres très intéressants, dont une compilation de l'artiste sonore Marc Behrens et un mini-album des Italiens Tu M'.

Portuguese experimental electronica label Crónica has been building a free download series for a while now. It's called Crónica Unlimited and it includes a handful of interesting releases, such as a compilation of works by sound artist Marc Behrens and an EP by the Italian duo Tu M'.

VDGG & Miriodor - Festival d'été de Québec

Le Festival d'été de Québec dévoilait sa programmation complète hier.
Surprise: non seulement Van der Graaf Generator donnera un concert extérieur, mais les précéderont sur la même scène le groupe d'avant-prog montréalais MIRIODOR, qui vient de publier un nouveau disque! Méchante soirée prog à Québec le 10 juillet! Monsieur Délire y sera!

The Festival d'été de Québec unveiled its full schedule yesterday and, behold, not only is Van der Graaf Generator to perform an outdoor concert, but they will be preceded on the same stage by Montreal avant-prog legends MIRIODOR who just released a new CD! This will be quite a prog night in Quebec City on July 10! And Monsieur Délire will be there!

AMG reviews / critiques: 2009-05-21

Saga / The Human Condition

2009-05-20

2009-15-20: Vlatkovitch/Lee/McLagen, Esther Ofarim, Biosphere/HIA, Lacrosse, Kotebel

Journal d'écoute / Listening Diary

2009-05-20

Il y a des journées confuses, où je me sens perdu parmi tous ces disques à écouter, sans trouver de fil d’Ariane, sans me décider. Et je pige un peu partout. Et parfois, ça donne des journées particulièrement intéressantes. Comme aujourd’hui.

There are confused days where I fell lost amidst all those CDs I should listen to, days where I can’t find a thread, I can’t decide on what I want or should listen to. So I dab here and there. And sometimes, it makes for a particularly interesting day. Like today, for instance.

MICHAEL VLATKOVITCH, CHRIS LEE & KENT McLAGEN / Three3 (Thankyou Records)

Une session de jazz actuel dynamique mettant en vedette le tromboniste Michael Vlatkovitch, dont le trio interprète les compositions originales. Énergique et intelligent, sans pour autant se démarquer, bien que j’aime bien le jeu de batterie de Chris Lee.

An energetic avant-garde jazz session featuring trombonist Michael Vlatkovitch in a trio performing his original compositions. Intelligent and dynamic, but unremarkable overall, although I do like Chris Lee’s drumming.

ESTHER OFARIM / Esther Ofarim in London (Bureau B - Forced Exposure)

Quelle belle surprise. Une chanteuse folk-pop israélienne dont on vient de rééditer le premier album solo (1972), enregistré à Londres avec le réalisateur Bob Johnston. Une grande voix! Pas un filet de voix de starlette française, ni une vocifératrice à la Céline Dion : une voix tendre, chaude, juste, empreinte d’émotion. Pensez Joni Mitchell. Superbe interprétation de “Suzanne” de Cohen. Et quelle version de “Morning Has Broken”! À donner la chair de poule! [“El Condor Pasa” est un choix de chanson bien ordinaire, loin d’être ma préférée sur le disque, mais, bon, c’est celle que j’ai trouvé sur YouTube. Au moins, vous entendrez cette voix au sommet de sa forme.]

What a nice surprise! An Israelian folk-pop singer whose first solo LP (1972) has just been reissued. It was recorded in London with producer Bon Johnston. Great voice! Not the whisper of a French starlet nor the screeching wail of a Celine Dion, but a tender, warm, accurate voice full of feeling and honesty. Think Joni Mitchell circa Blue. Fabulous rendition of Cohen’s “Suzanne.” And what a version of “Morning Has Broken”! Gave me goosebumps! [“El Condor Pasa” is a rather pedestrian selection, one of my least favorite on the album, but it’s the only one I found on YouTube. At least you get a chance to hear this fabulous voice in its prime.]

BIOSPHERE & HIA / Polar Sequences (Headphone)

Le disque en concert de Biosphere écouté hier m’a donné le goût de revisiter celui-ci, première collaboration entre Jenssen et HIA, en 1996. À la frontière du passé “électroniciste ambiant rythmé” et du futur “électroniciste expérimental” de Biosphere. Plannant, aqueux, froid de nature, mais très immersif. Possiblement l’un des meilleurs disques plus “oubliés” de ce grand artiste sonore.

After listening to Biosphere’s live CD yesterday, I felt like revisiting this, his first collaboration with HIA, from 1996. We are at the crossroads between his past as a beat-driven ambient electronician and his future as an experimental electronician. Trippy, watery, cold by design, but a highly immersive record. One of the best “forgotten” records by this major sound artist.

LACROSSE / Bandages for the Heart (Tapete Records)

Une autre belle surprise: de la pop alternative suédoise ensoleillée, légèrement maniaque, débridée, avec de forts relents de Dan Deacon, une chanteuse-lutine à la Joanna Newsom (par la voix seulement), un côté pop synthétique à peine sous contrôle, beaucoup d’humour et d’insouciance. Très “over the top” mais avec le sourire! [Ci-dessous, le vidéo du premier extrait, “We Are Kids”.]

Another nice surprise: Swedish sunshine alternative pop, slightly manic, with strong Dan Deacon overtones, a pixie singer a la Joanna Newsom (vocal comparison only), a synth pop side that’s barely under control, and a lot of humor and naivete. Very over the top with a smile! [Below, the video for the first single entitled “We Are Kids.”]


KOTEBEL / Ouroboros (Musea)

Carlos Plaza Vegas produit peut mais bien. Si ses premiers disques avait un côté “fait maison”, celui-ci est très bien réalisé. Un rock progressif instrumental complexe, une écriture presque symphonique par son ampleur et l’enchevêtrement (contrôlé) des thèmes. Le disque de la maturité pour ce compositeur, disque qui supplante les précédents dès la première écoute, peut-être parce qu’il est plus retenu, moins (sur)ambitieux. Et d’excellentes parties de guitare signées César Garcia Forero.

Carlos Plaza Vegas releases few albums but good albums. His first CDs had a “home-made” feel to them, but this one is a top-notch production. Complex instrumental progressive rock, compositions almost symphonic in their reach and the intricate assemblage of themes. This is Vegas’ maturity album, a CD that tops all his previous ones on first listen, maybe because it is less (over)ambitious and shows more restraint.

2009-05-19: Guionnet/La Casa/Samartzis, Paal Asle Pettersen, Butane, Biosphere, Bertrand Loreau, Sleepy Sun

Journal d'écoute / Listening Diary

2009-05-19

2e écoute / 2nd listen: JEAN-LUC GUIONNET, ÉRIC LA CASA & PHILIP SAMARTZIS / Soleil d’artifice (Swarming)

Je suis revenu sur ce disque au petit matin (pour mes premières impressions, lisez l’entrée d’hier). Moins doux qu’il n’y parassait à prime abord! Les enregistrements sur le terrain coupent brusquement, créant des changements d’atmosphère déstabilisants. Et le jeu de Guionnet (saxo) est tranché, désincarné. Ça m’interpelle. Écoute inconfortable mais stimulante. Jeux d’espace, avec ambiances souterraines et surterraines, bribes de conversation (en français) et intrusions électroniques.

I came back to this CD at sunrise (see yesterday’s entry for my first impressions). Less quiet than it first seemed! The field recordings cut abruptly, creating unsettling atmospheric shifts. And Guionnet’s sax playing is sharp-edged and disembodied. It beckons me. An uncomfortable but stimulating listen. Spatial games with subterranean and overterranean ambiances, snippets of conversation (in French) and electronic intrusions.

PÅL ASLE PETTERSEN / Komposisjoner 2005-2008 (Zang:Records)

Compositions intéressantes dans le domaine de l’électronique très bruitiste. Sérieux, solidement construit. On sent la poigne du compositeur et la verve du “noisician”, dans une veine qui fait penser à Zbigniew Karkowski (par l’approche et par le résultat). À réexplorer.

Interesting compositions in a very noisy electronic mode. Serious pieces with a sound architecture. You can feel the grip of the composer and the energy of the noisician at play. In a sense, this is reminiscent of Zbigniew Karkowski’s works (in artistic approach and resulting music). Needs further exploration.

BUTANE / Endless Forms (Crosstown Rebels - Forced Exposure)

Le communiqué clame que ce disque représente “l’avenir de la musique électronique”. Bof. Butane (Andrew Rasse), dont c’est ici le premier long-jeu, se promène entre la techno minimaliste et la house music songée. C’est bien fait (surtout sur “This Is Your Brain On Music” et “Mutation”), mais répétitif, longuet, et certainement pas si révolutionnaire que ça.

The press release claims this is “the future of electronic music.” Blah. Butane (Andrew Rasse), whose debut full-length this is, operates in a spectrum ranging from minimal techno to intelligent house music. It’s well done (especially on “This Is Your Brain On Music” and “Mutation”), but repetitive, longish, and certainly not as revolutionary as it thinks it is.

BIOSPHERE / Wireless: Live at the Arnolfini, Bristol (Touch - Forced Exposure)

J’ai un faible pour Biosphere, même si son dernier disque, Dropsonde, mais quelque peu déçu. Celui-ci a été enregistré en concert en octobre 2007, par nul autre que Chris Watson (prise de son salle et pupitre). Geir Jenssen revisite ici quelques jalons de sa carrière d’électronicien ambiant, avec des extraits de Substrata, Shenzhou et Dropsonde, entre autres, revues, corrigées et intégrées à une prestation continue et continuellement captivante. DU grand art électronique de l’ère “laptop.” Ce disque pourrait même servir de “best of”.

I have a personal weakness for Biosphere, despite being somewhat disappointed with his previous album, Dropsonde. This one was recorded live in October 2007 but none other than Chris Watson (with hall and mixing desk captures). Here, Geir Jenssen revisits key markers of his career in experimental ambient electronica, with cuts off Substrata, Shenzhou and Dropsonde, among other albums, getting a facelift and being integrated to an unbroken and consistently captivating performance. This is TOP laptop-era electronic art. This CD could even be approached as a “best of” album.

BERTRAND LOREAU / Réminiscences (Dreaming - Musea)

Claviériste français. disciple de Klaus Schulze et Tangerine Dream. Réminiscences est une compilation d’enregistrements inédits de 1981 à 1985. Très bon! Les pièces du début des années 80 ont une forte connotation Schulze période Body Love et Dune, ce qui a de quoi me plaire! On a largement ignoré l’école des électroniciens plannants français, au profit des Allemands, mais il s’est fait de belles choses là-bas.

French keyboardist, a disciple of Klaus Schulze and Tangerine Dream. Réminiscences compiles previously unreleased (and unaltered) recordings from 1981-1985. Very good! The early-‘80s pieces have a strong Schulze flavor (circa Body Love and Dune), something that couldn’t displease me! Trippy French electronicians have been largely ignored in favour of their German counterparts (and precursors), but they came up with some very good music.

Extrait de "Chemin d'enfer" (site de Loreau) / Sample of "Chemin d'enfer" from Loreau’s website

2e écoute/2nd listen: SLEEPY SUN / Embrace (ATP Recordings)

Vraiment un grand disque de rock psychédélique. Belles chansons, voix accrocheuses, guitares hendrixiennes, et de l’honnêteté à revendre dans la démarche.

Truly a great psychedelic rock record. Nice songs, nice voices, Hendrixian guitars, and tons of artistic honesty.